‹ Remarques sur un ouvrage intitulé Antiquités grecques du BosphoreCimmérienChapitre 2 sur 39 · IO · texte numérisé non relu

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tin monument de cette nature, l'existence de Père du Bosphore, laquelle jusqu'ici ne s'est trouvée marquée que eur les médailles".

J'observe i) qu'on n'a pas trouvé cette inscription en 1809. a) qu'elle n'a pas été découverte à Kertsch. 3) qu'elle n'a pas été tirée d'aucun des nombreux tumuli près de cette ville. 4) qu'elle n'est pas précieuse j et 5) qu'elle ne constate rien par rapport à l'usage qu'on a fait de l'ère du Bosphore dans les villes grecques.

1) Ce fragment d'une ancienne inscription ne peut pas avoir été trouvé en 1809, puisque je l'ai vu, pour la première fois , en i8o4 au musée de Nicolaev.

a) 11 est impossible qu'on l'ait découvert à Kertsch , puisque l'inscription a été faite à Olbie et n'appartient qu'à cette dernière ville , comme le prouvent clairement la forme des lettres et la manière du graveur que j'ai remarquée dans une centaine de monumens et fragmens d'Olbie. En effet la forme des lettres est toute différente de celle qu'on remarque sur les pierres à inscriptions de Panticapaeum. Le peu de distance qu'il y a entre Nicolaev et les anciennes ruines d'Olbie a donné occasion de transporter plusieurs anciens monumens de cette ville dans le musée de Nicolaev. Mais on y en chercheroit vainement qui eussent été trouvés à Panticapaeum. 11 faut observer encore que dans les monumens de cette dernière ville on ne voit jamais des noms barbares comme ceux d'Ompsalacus ou d'Ompsalmus , que l'on rencontre , au contraire, dans les inscriptions d'Olbie.

3) Mais si ce fragment provient des ruines d'Olbie j si jusqu'à présent on n'a jamais trouvé , ni à Kertsch , ni à Taman , dans les kourgans ou tumuli qui recèlent dans leur intérieur des tombeaux antiques , aucun monument écrit : il est évident que cette inscription n'a pu provenir d'aucun des tumuli de Kertsch.

4) 5) Cette inscription a peu de valeur, et ne constate nullement que l'ère du Bosphore ait été employée dan» les monumens des villes grecques. Les deux dernières lignes que M. RR. regard* comme 11 précieuses , et sur

lesquelles il appuyé son opinion : EN TSL1. AKT. ETEI. KAI M H NE ATrrPill. A . . ces lignes , dis - je , ont été ajoutées par un grec très ignorant après la découverte de l'inscription, pour lui donner plus d'intérêt. Je suis étonné qu'en les lisant M. RR. n'ait pas été choqué de cette manière d'indiquer l'époque , et qu'il ait été assez crédule pour la prendre pour véritable : il n'y en a point d'exemples dans tout ce que nous possédons en inscriptions.

Lorsque j'étois à Nicolaev on m'avoit assuré que ce fragment avoit été trouvé à Kertsch5 le même renseignement avoit été d>nné au correspondant de M. RR. Mais les gardiens de ces collections n'ont aucunes notices exactes de leurs monumens. J'ai observé qu'ils ignoroient l'endroit où avoient été découvertes la plupart des inscriptions que j'avois copiées long-tems auparavant, dans les lieux mêmes où on les avoit déterrées. J'ai trouvé, par exemple, dans la petite collection de Théodosie , l'année dernière , une inscription provenant , à ce qu'on me disoit , des fouilles de Panticapaeum 5 et c'étoit pourtant celle que j'avois copiée long-tems auparavant, quand elle se trouvoit encore dans les ruines de l'ancienne Cberson. On ne peut voir rien de si infidèle que la copie que M. RR. nous a donnée, p. 5g. de cette dernière inscription de Cherson. Elle est falsifiée depuis le commencement jusqu'à la fin. Pour le prouver, je la remplacerai plus bas par une copie de la plus grande fidélité.

Dans l'explication du fragment cité d'Olbie, M. Raeul- Rochette a fait une méprise beaucoup plus grande que toutes celles que nous venons de relever: il croit, p. 12, que les Stratèges d'Olbie étoient des Généraux , ou chefs militaires , et cette erreur est répétée p. 199. Mais dans aucune des inscriptions des républiques grecques que nous possédons, le mot Stratège n'indique un chef de guerriers. Si dans la plus haute antiquité ce mot n'avoit que cette signification , il la perdit bientôt. Dans les anciennes inscriptions , les Stratèges ne sont que des magistrats civils*

C'est un fait très-connu et qui est prouvé dans une foule de livres,

L'inscription d'Olbie, que M. ttaoul- Rochelle a commentée avec beaucoup de détails , me fournira l'occasion de faire plusieurs remarques. Mais la copie qu'il en a donnée p. i5. étant trop inexacte, et ne distinguant point les endroits rétablis ou les lettres ajoutées, des mois que nous présente le marbre, il faut, avant tout, mettre sous les yeux du lecteur celle que j'en ai faite sur l'original même On verra mieux alors , si les observations de M. RH. sont justes et admissibles :

*rA0HITTXHi <*X lAAEinONT*/» jc»

o i ntPIANAZIM e v HNS12.KPAT o vç TO A APXON r e ç nOTP0AIOZn o v p ©AlOTAHMHTP / o « * XIAAEOZETPH £t BI02AA00TA y « & o tfOMAPOZETPHS â e OTïmPEIPHNHS * x t nOATKAPniASKAI » v APAl'A^lASTHZnoXfi il C KA1TH2EAT r u v vy e t AS

noTPeAiornoTPeAi

OT A PXONTEÏÎ2NENA EK A TONKAlArlKOYETPHS t fi , • { AAOOT APXO XTETIÎ N EK î I te. * r ê t APOMÎÎITAIAHM

L'infidélité extraordinaire de la copie publiée par l'auteur des antiquités du Bosphore est, d'un mauvais augure pour le reste des monumens que l'on trouve daus ce livre. Où a-t-on pris les noms d'Eurjus et de Tosiade ? ils ne se trouvent sur aucun monument d'Olbie. Ce sont des noms absolument imaginaires et plus barbares encore que les noms propres des Scythes d'Olbie. L'inscription en pe-

tits caractères , au bas du même marbre , portant le nom d'fclurexibius iils d'Adous clairement écrit , indique comment le même nom doit être rétabli dans l'inscription principale.

En lisant ce que M. Raoul - Rochette dit , p. 16. on croiroit que l'inscription rapportée par le voyageur Clark» d'après le Comte Jean Potocki et répétée dans les antiquités du Bosphore, pl. "\ 11. n a, a été trouvée en même tems que d'autres antiquités lors de la destruction d'un vieux fort. Mais ce n'est pas là que ce marbre, ainsi que plusieurs autres belles inscriptions peu couuues ont été déterres, comme je le dirai dans un autre ouvrage.

On désire plus de clarté et de précision dans tout ce que l'auteur des antiquités du Bosphore nous dit, p. 17- 18. des deux noms Olbia et Bosysthenis. Le fait est que la ville d'Olbie n'a jamais eu d'autre uom que celui d'Olbie, qu'elle ne s'est jamais nommée Olbiopolis , et que ses habitans s'appeloient Olbiopoîites. Il n'y eut que les Scythes et les étrangers qui donnèrent à cette ville le nom de Borysthénis , et aux habitans celui de Borysthénites. Dion Chrysostome n'est pas du tout à cet égard en contradiction avec Hérodote, et nous n'avons pas besoin pour concilier ces deux auteurs de dire avec M. BR. p. 18 : „que la différence des tems peut expliquer ce changement", puisque ce changement n'a jamais existé. 11 est probable que ce furent les navigateurs et les rommerçans qui firent prévaloir dans l'étranger le nom de Borysthénis sur celui d'Olbie. Par cette raison nous ne dirons pas que ,,ce fut lors du rétablissement d'Olbia que les Scythes, mêlés avec ses anciens habitans, firent piévaloir dans l'usage commun le nom de Borysthénites sur celui d'Olf biopolites". Car cette dernière assertion ne peut être prouvée d'aucune manière j et comme le texte de Dion ne contredit en rien celui d'Hérodote, à quoi servent les conjectures pour concilier ces deux auteurs ?

Les médailles d'Olbie appellent toujours les liubitans Olbiopolites. L'inscription d'un marbre destiné à servir • de piédestal aux statues de Septime Sévère et de Géta son fils, nous apprend que ce monument lut élevé par le sénat et /« peuple des Olbiopolites. Un médaillon en bronze de la même ville conservé dans le beau cabinet de M. le Cénéral- en -chef Comte de Suchtelen, présente la légende OAB1H.

M. Raoul -Rocbette fait, p. 19. une remarque sur les noms barbares de son inscription, Euryus, Tosiades . Eurestheus. J'ai observé que les deux premiers n'existent ni sur le marbre de son inscription , ni sur aucun autre monument de la ville d'Olbie. Quant au troisième nom, celui d'Eurestheus , il n'est ni étrange ni corrompu, puisque le nom d'Eurestheùs n'est qu'incorrectement écrit.

Parmi les mots de cette inscription qui , selon M. Raoul-Rocbelte, p. 19. ,,prouvent évidemment qu'elle appartient à un âge de décadence et de corruption", M. RR. compte le mot APXONTETilN, mot inusité dans la langue grecque. Mais on ne le trouve pas dans l'inscription principale de ce marbre : il n'est que dans celle qui lui sert d'appendice , et qui probablement n'avoit pas été gravée comme la première par ordre de l'autorité publique.

Tout ce que l'auteur des antiquités observe sur différens lieux mentionnés par les anciens géographes, four* mille d'erreurs. Il dit, p. eo-21 : „tous les géographes anciens ont parlé de l'île Leucé consacrée à Achille, vis-àvis des bouches de l'ister, du bois et du cap sacrés, connus sous le nom de course d'Achille, à l'orient du Borysthène. — Arrien est cependant le seul qui ait commis . l'erreur grave de confondre l'île de Leucé avec la course d'Achille i et cette erreur n'a point été réievée par Clarke, qui entre , à son tour, dans beaucoup de détails sur l'état

actuel Je cette île et sur sa destination ancienne". Ou voit par ce raisonnement que M. RR. ne s'est pas du tout familiarisé avec la géographie de cette contrée. Tout ce qu'il en dit n'offre qu'erreurs et confusion. Voici les erreurs : ,

i) M. RR. ignore qu'il y avoit dans l'antiquité deux il es que l'on avoit consacrées au culte d'Achille; l'une située dans le liman du Borysthène, l'autre à peu de distance de l'embouchure de lister ;

a) Il croit que l'île où les Olbiens présentèrent leur hommage à Achille, étoit l'île située à l'embouchure de l'Ister j

3) que les Olbiens avoient construit un temple en l'honneur d'Achille sur l'île située à l'embouchure de l'Ister; .

4) que c'est de ce dernier fleuve que Dion Chrysostome a parlé;

5) que le bois et le cap sacré sont connus sous le nom de la course d'Achille ;

6) que ces lieux sont situés à l'orient du Borysthène;

7) que le bois et le cap sacrés sont une et même chose. i

Quoique ces assertions contiennent des erreurs très graves, on est cependant encore plus choqué crue M. RRparlant du cuite rendu par les Olbiens à Achille , leur ait fait faire des pélérinages depuis l'embouchure du Boug jusqu'aux bouches du Danube ponr révérer ce héros, au lieu de leur faire visiter tout naturellement l'île d'Achille qui étoit très-près d'Olbie et où ils avoient bâti un temple en son honneur. On est surpris qu'à celte occasion M. RR. n'ait pas fait mention d'un temple d'Achille dans l'intérieur de la ville d'Olbie.

Quand un auteur parle dans ses recherches litéraires de quelques endroits célèbres dans l'antiquité, on doit attendre de lui, si non de nouvelles découvertes, au moins toute l'instruction qu'on peut trouver dan» les livres connus et consultés par ceux qui ont quelque prétention a la science. Mais les particularités que donne M. RR. sur

Olbie et sur les lieux célèbres d'alentour, étant au dessous de ce qu'on peut apprendre dans les manuels de géographie ancienne , le lecteur se tromperoit s'il attendoit de son livre des notices nouvelles sur l'histoire des deux iles consacrées à Achille , sur la course d'Achille , sur la position du bois sacré , etc. Cependant ces sujets dans un livre comme celui de M. RR. auroient du, sinon être traités en détail , au moins être touchés et indiqués de loin. Toute cette partie de la géographie ancienne est l'objet d'un mémoire particulier que je publierai sous peu.

XIT.

A la fin d'un court extrait d'Arrien , M. Raoul -Rochêtte accuse cet auteur , p. ao : „d'avoir été le seul qui ait commis l'erreur grave de confondre l'île de Leucé avec la course d'Achille". Cette accusation est sans fondement. Arrien dit (Peripl. P. E. p. ai. — Anon. Peripl. P. E. p. 10), en parlant de l'embouchure du Danube : vqro; -jrpô- XbiT.u, t)v tiwx oJ /xsv A;£<ÀAfc'u>.; vî]7cv , ol iè ilféuov A^iM/aç, cl ii Aevxijy évi rîjç xP 0iCe s ô'jofix^ovstv : „une île est située à Pembouchure de ce fleuve : elle est nommée par les uns , l'ile d'Achille ; par les autres , la course d'Achille 5 par d'autres encore , Leucé , à cause de la couleur". On avoit entendu parler d'une île et de la course d'Achille. Quelques - uns avoient pris l'ile près de l'embouchure de l'Ister pour cette île, et comme dans son voisinage il ne se trouvoit aucun endroit auquel on pût donner le nom de course d'Achille , l'ile citée avoit été ainsi nommée par quelques navigateurs. Arrien n'expose pas son opinion, il ne décide pas quel nom il faut donner à celte ile , il ne fait que citer les différentes dénominations que les navigateurs lui avoient données.

Je suis fâché de trouver dans les remarques de M. Raoul- Rochelle sur les cinq dernières lignes de l'inscription en l'honneur d'Achille, p. aa — a5. plusieurs erreurs. Ces erreurs ne proviennent pas tant de l'obscurité de ces

lignes que de la trop grande hardiesse avec laquelle M.

Rit. croit pouvoir trancher sur l'explication des endroit* qui, tels qu'ils nous sont parvenus, n'en admettent aucune de certaine. M. RR. pré*tend :

i) que le mot APOiVl.-UlAIAHN que porte sa mauvaise copie au lieu de ^POM&ilAlAHAl , indique un mois Dromapaedes ;

%) que dans le commencement de la troisième ligne , TO\'.v AIJI1KLH , on doit trouver le nom du même mois Dromapaedes )

3) que le mot ENAEKATON signifie que ce prétendu mois Dromapaedes étoit l'onzième mois de l'anne'e des Olbiens.

Quant à la première assertion , on doit observer qu'il aeroit un peu trop hardi de vouloir forger un mois inconnu Jusqu'à présent et nommé Dromapaedes , en «'appuyant sur l'autorité d'un mot mal copié qui se trouve dans les cinq lignes peut-être inexactement gravées d'un marine qui est mal conservé. La vraie leçon -H'OMii- IIAQMM. quoique obscure, prouve, au surplus, qu'il ne peut pas être question du nom d'un mois.

La seconde assertion de M. RR. est plus hardie encore que la première et , par cette raison , elle n'est pas plus admissible. Car la première syllabe TON appartenant à la ligne précédente, termine le mot EN-iKkniON et ne peut pas être corrigée. Si l'explication par laquelle l'auteur des antiquités a découvert le prétendu mois Dromapaedes dans la dernière ligne est tout-à-fait fausse j la seconde supposition qui fait voir dans les lettres TON KAIAISKO'l , la répétition du même mois imaginaire Dromapaedes, est encore moins heureuse. Ces cinq lignes étant trop obscures pour en découvrir le sens, il est possible que les mots AIZKOT et APOM.O, ï\A\à indiquent l'intervention des deux Archontes cités dans cette appendice à l'occasion de quelques jeux gymniques.

Enfin ce que l'auteur nous dit pour expliquer le mot KMACKATON et qui n'avoit pas besoin de l'être , doit étonner tous ses lecteurs. Au lieu de rapporter ce mot,

répété deux foi» , à APXONTET^N , seule interprétation raisonnable , il suppose que ENAEKATON , appartient à son prétendu mois Dromapaedes , et qu'il indique que ce mois est l'onzième de Tannée ! Non seulement l'auteur n'a produit aucun argument pour donner à cette assertion l'apparence de la vérité, mais il prétend encore , p. 23. que les mots ME1N02 UPATOT, qu'on lit dans une inscription publiée par M. Walpole , ne signifient pas le premier mois, mais qu'il faut les traduire comme un nom propre. M. Raoul -Rochette s'est ainsi efforcé de trouver dans une inscription l'indication que son mois Dromapaede est l'onzième dans le calendrier d'Olbie , où cette indication ne se trouve pas; et dans un autre monument, où il est probable qu'un mois est en effet nommé le premier, il attribue au mot I1PATOT une autre signification. Au reste n'ayant pas trouvé cette dernière inscription a la page citée 4&>. des mémoires de M. Walpole , je ne pub juger que d'après la probabilité.

L'auteur des antiquités du Bosphore, égaré par l'explication forcée qu'il a faite, ne pouvoit pas remarquer un point , essentiel dans ce même marbre 5 savoir : que les cinq dernières lignes de cette inscription n'y ont été ajoutées que sept ans après la dédicace du monument. Ce fait est prouvé lorsqu'on compare l'inscription en grandes lettres avec celles dont les caractères sont plus petits. Dana la première , Purthaeus fils de Purthaeua et Eurexibius fila d'Adous sont nommés comme Archontes pour la quatrième fois, tandis que dans la dernière on dit de ces mêmes personnages qu'ils ont été investis de cette dignité pour la onzième fois. Les lignes en petits caractères, ou la seconde inscription, ne sont donc évidemment qu'une appendice ou un accessoire, et comme l'inscription principale ne présente aucune difficulté , il est très probable que celte appendice obscure et mal exécutée a été gravée sans autorité publique, d'après la volonté des deux magistrats, Scythes d'origine, et par cela incapables d'écrire cor-

rectement en grec. De là peut provenir aussi le verbe inusité APXONTETilN.

M. Raoul -Rochette donne à ses lecteurs p. »5. une inscription écrite sous le Roi Paerisade , inscription qu'il dit être ,,une des plus précieuses pour l'histoire de ce royaume , que le tems ait laissé venir jusqu à nous". Mais plus M. RR. accorde d'importance à ce monument, plus il regrettera que la copie qu'il en a donnée soit si vicieuse qu'il n'y a presque pas une ligne qui ne présente une faute. En voici une copie dont le texte est absolument conforme à l'original :

HEN°KAEIAH£noriov ANE © HKE

TONNAONAPTEMIAIArpoTKPAI

APXONTovnAIPIIAAorSTor AETKHNOviiovnopoTKAI^ETAo

riH£KAIBA2IAETi-IVSINA"N

KAIToPETnNKAIAANAAPlQN M. RR. nous dit, p. a6 : ,,les caractères sont du plus beau tems de la Grèce, c'est à dire du siècle d'Alexandre, autant que j'en puis juger d'après la copie faite avec beaucoup de soin, que j'ai reproduite ici". On jugera du soin avec lequel celte copie a été faite, en la comparant avec celle que j'ai donnée. Tout est infidèle dans la copie de M. RR. Tantôt on a omis des lettres, tantôt on leur en a substitué d'autres qu'on chercheroit en vain sur la pierre. M. RR. parle de la beauté des caractères. Où a-t-il appris que ces caractères sont beaux? 11 ne citera pas sans doute en preuve un misérable dessin lithographie et ajouté à ses planches, pl. IV. n. 3. Ce dessin est infidèle , et les lettres n'y ont pas la forme qu'on remarque sur l'original; elles paroissent avoir été tracées de mémoire par une main inhabile.

► La copie de M. Raoul-Rochette étant vicieuse il en résulte que les observations qu'il a faites , p. a6. sur les incorrections ;qu'il supposoit dans l'original , quant aux

mots eETÛoSTS et A ANAAPloN, n'ont aucun fondement. Egaré par sa copie il veut, au lieu de ©ET^^Eii), qu'on lise .-.l'AO-i 2j mais pourquoi pas WKT^' l comme il pouvoit trouver ce mot écrit dans l'inscription de la reine Comosarye et dans celle de M est or ? <^pst, au surplus , la véritable leçon de l'inscription de Xénoclide. Quant aux Dandariens , leur nom est correctement écrit dans l'original.

XVIÏ.

M. Raoul-Rochette après avoir mentionné, p. 26 et 3o, la faute de grammaire de UAEiAETi-X. au lieu de kn£U AETONfOS, ajoure: „ces sortes de fautes se rencontrent assez, fréquemment sur les marbres antiques, et proviennent ordinairement du caprice ou de l'inadvertance du graveur. D'ailleurs l'exemple que j'ai cité de ARXotf- TE'ï\il\'. dans une inscription d'Olbie, fait présumer que cette locution n'étoit pas inusitée au Bosphore". Mais le participe ^F v « 'N . K I iltf du marbre d'Olbie qualifié de barbare par M. RR. p. 19. qu'a-t-il à faire avec le li.iXf- AKl^N d'une inscription du Bosphore? Si le premier est , si non barbare , du moins inusité , le participe BA- XlAKf^N l'est- il aussi? Ou, si APXOX iH UN est employé dans une appendice ajoutée par deux magistrats Scythes d'Olbie à une inscription grecque , par quelle raison doit -il avoir été une locution non inusitée au Bosphore ?

L'incorrection de la copie de l'inscription de Xénoclide fournie à M Raoul-Rochette l'a engagé à faire plusieurs remarques peu fondées. Prenant pour base les leçons vicieuses de sa copie, tout son raisonnement, p. 27 — a8. devoit devenir faux et ne rien prouver de ce qu'il vouloit. Par exemple, p. 27—38: „L'emploi simultané des deux formes du génitif sur les monumens du même prince et de la même époque , est donc un fait incontestable*'. Dans la copie de M. RR. le génitif du nom du roi étoit écrit fl .ÎPLC^A <Tj mais sur l'original on lit H.Hl- Pl£AAOJf£. Au lieu d'examiner les quatre inscriptions qui

portent le nom de Paerisade et la médaille en or, et de les rapporter, comme il le falloit, à deux princes du même nom; M. RR. confond ces cinq monumens ensemble.

L'inscription de la reine Comosarye, celle de Mestor et celle de Xénoclide , appartiennent au règne de Paerisade 1, fils de Leucon.

Mais l'inscription que j'ai publiée (Moniiin. de Com. p. 18 — 19. pl. VI.) et où se trouve nommé Paerisade fils de Spartocus , est d'un autre prince, peut-être de Paerisade II. On doit rapporter à ce dernier roi la médaille en or mie M. RR. p. 4^ — 49- veut à toute force attribuer à Paerisade I. contre l'opinion de Visconti qui , avec beaucoup plus de probabilité , préteud qu'elle est de Paerisade II. fils de Spartocus.

Pour dire que cette médaille qu'on voit au cabinet de Paris est de Paerisade 1. il faut des preuves , et M. RR. n'en donne aucune. Je doute même qu'on puisse en imaginer qui ayent la moindre probabilité. Il faut observer que la légende de la médaille porte le nom du roi HA£f- Al£fl£ nali'J^AAoT, écrit comme nous le voyons dans le marbre de Paerisade H. fils de Spartocus, sans le £ final: BA2IAKT 0 NT°^nAIPISAil0T^nAl , T 0 K 0 TAE n 2rrPAT 0 2 et quoique la différence entre les deux fortnes du génitif Tlxiftivxiot^ et \1xtpt7x'iov ne soit pas, par elle même, d'une très-grande importance, cependant l'argument que j'ai produit et qui prouve que dans le même pays ces deux formes ont prévalu successivement à deux différentes époques, cet argument, dis-je, doit l'emporter sur une simple assertion de M. RR.

11 résulte des observations que je viens de faire sj

1) que M. Raoul -Rochctte n'a nullement prouvé que la médaille en or du cabinet de Paris a été frappée sous Paerisade I. ni qu'elle porte le portrait de ce roi j

a qu'il est probable que cette médaille est plutôt de Paerisade II. fils de Spartocus 5

3) que l'emploi simultané des denx formes du génitif sur les monumens du même prince et de la même époque, n'est pas un fait incontestable, comme le dit M.

RR. p. a8, puisque ces deux formes ne se trouvent ni sur les monumens du même prince, ui sur ceux de la même époque. J'ajoute encore :

4; que 1* me'daille de Paerisade du cabinet de Paris n'est pas unique , comme le croit M. RR. p. 48. note I , et qu'on eu trouve dans la collection du Dr. Hunter à Glasgow un autre exemplaire d'une très-belle conservation.

Il est singulier que dans chaque remarque faite par M. Raoul - Rochelle pour l'instruction de ses lecteurs, il se soit glissé au moins une demi -douzaine de fautes. 11 observe, par exemple, p. 3i : „Ulpien dit que la ville de Théodosie avoit reçu son nom de celui de la soeur ou de la femme de Leucoa , ce qui prouve qu'elle ne fut comprise dans le royaume du Bosphore qu'à partir du règne de ce prince". Si ce qu'lilpien rapporte éloit fondé, les anciens nous auroieut sûrement dit, quel e'loit le nom de la ville de Théodosie avaut qu'il fut changé, Ulpîen n'en parle pas, et il n'y a pas de doute qu'il avoit puisé cette particularité dans une très-mauvaise source.

Mais la conclusion qu'en tire M. RR. que Théodosie ne fut comprise dans le royaume du Bosphore qu'à partir du règne de Leucon , est aussi peu concluante , qu'étoit suspect le récit d'Ulpien. Car je demande à M. RR. ce que le prétendu changement du nom de la ville de Théodosie par la caprice de la soeur ou femme de Leucon. peut avoir à faire avec la conquête de cette ville? Pourquoi la ville dont le nom fut changé, devoit-elle être une acquisition nouvelle de Leucon, plutôt que d'appartenir depuis plusieurs années aux rois du Bosphore ? IVous verrons à l'instant que les autres preuves que M. RR. a gardées en réserve, ne sont pas d'une plus grande force.

M. Raoul -Rochette nous dit p. 3i : „un des scoliastes de Démosthène que Reiske a publiés , nous fournit une époque plus précise. 11 assure que Satyrus mourut en fai-

aant le siège de cette place: 0Wot/<, x v P'" 9v i'-e'/f-uv £xv }.<>!/, o Tihcuix-j ^.xrvçio; érekevTijtrev. 11 est certain que le Satyrus nommé par le Scoliaste ne sauroit être que le premier prince de ce nom , qui fut père et prédécesseur de Leucon , puisque nous voyons que Théodosie faisoiv partie de la monarchie soumise à celui-ci". Mais ce passage du scoliaste sur lequel n'appuyé M. RR , bien interprété , prouve tout le contraire de ce que nous assure M. RR. Car il s'en suivroit que Théodosie ne fut conquise qu'après la mort de Paerisade 1. Notre auteur, trouvant dans son scoliaste un fait qui lui paroissoit curieux, s'en est servi sans la moindre critique, et il n'a pas vu que la conséquence de ce fait , tel qu'il l'applique , ne pouvoit être qu'absurde. Ce scoliaste parle d'un événement arrivé pendant la guerre que se faisoient, après la mort de Paerisade I. ses trois fils, Sat\rus, Eumélus, et Prytanis. Satyrus attaquant le château fortifié d'Eumélus, situé à peu de distance de Théodosie , fut blessé au bras , et mourut dans la nuit. Le rapport infidèle et corrompu du scoliaste est la cause de toutes les grosses erreurs' de M. RR ; c'est ce qui lui a fait avancer :

1) que la ville de Théodosie ne fut comprise dans le royaume du lîosphore qu'à partir du règne de Leucon , puisque la ville de Théodosie avoit reçu son nom de celui de la soeur ou de la femme du roi citéj

2) que le scoliaste de Démosthène a parlé de la m oi t de Satyrus I)

3) que Satyrus mourut faisant le siège de Théodosie j

4) que la prise de Théodosie fut le premier événement du règne de Leucon;

5) que c'est à cause de l'éclat et de l'importance de cette conquête encore récente, que le nom de Théodosie

se trouve marqué, au préjudice de celui de Panticapaeum, capitale du Bospliore , sur les monumens de Paerisade I ;

6) que les inscriptions de Comosarye et de Xénoclide appartiennent au commencement du règne de Paerisade L

Un voit par cet exemple , combien il faut se méfier des remarques qu'où trouve quelquefois dans les icolies

des derniers tems de la litérature des Grecs , scolies qui ont été ou extraites de mauvaises compilations , ou défigurées par ceux qui avoient voulu les abréger.

J'ai traité de la guerre des trois fils de Paerisade I. et du château d'Eumélus, dans un mémoire particulier.

Il est nécessaire de dire encore un mot sur la dernière assertion de M. RU : „que le nom de Théodosie se trouve marqué , au préjudice de celui de Panticapaeum , capitale du Bosphore, sur des monumens qui appartiennent au commencement du règne de Paerisade 1."

Ou connoit trois inscriptions faites du tems de Paerisade I. Dans ces monumens ce roi est nommé Archoute du Bosphore et de Théodosie, et roi des Sindes , des Maeotes et de quelques autres peuples. Or on entendoit sous le nom de Bosphore les possessions en Europe et en Asie qui faisoieul originairement partie de cet état , dont les chef-lieux ou métropoles étoient Panlicapaeum et Phanagorie : mais la ville de Théodosie n'appartenoit pas au Bosphore , quoiqu'elle eut été conquise par un des chefs de cet état , et elle ne fut jamais comprise parmi celles qu'on désignait sous celte dénomination. Par conséquent , Théodosie nommée séparément dans les trois monumens du règne de Paerisade , ne pouvoit pas l'être au préjudice de Panticapaeum, comme le croit M. RR.

C'est avec beaucoup d'emphase que M. Raoul-Rochette parle p. 33. de l'épithète de Diane AIToTKl' A , chassent*, épithète „puisée aux plus profondes et aux plus pures sources de la langue et de la mythologie Helléniques". J'ignore comment ce surnom de Diane a pu produire chez M. RB. ce haut degré d'enthousiasme j comment un surnom qui est comme tous ceux qu'on prodiguoit aux Divinités grecques , a pu mériter cette admiration et même cette extase que ses lecteurs , sans doute , ne partageront

pas avec lui ! L'explication qu'a donnée M. RR. de cette épithèie n'étoil nullement nécessaire.

L'auteur observe , qu'on doit peut-être s'étonner de „ n'a voir encore rencontré cette épithète que sur notre inscription". Mais combien d'épithétes qui , comme le dit M. RR. p. 3i, conviennent parfaitement aux attributions connues des autres divinités , ne se sont pas encore présentées sur les inscriptions anciennes, et ne se retrouvent que dans les textes des anciens auteurs! Il n'y arien d'étonnant en tout cela.

Diane Agrotéra conduit M. Raoul-Rochette p. 33—34. aux deux divinités auxquelles l'épouse de Paerisade L Comosarye, avoit consacré sa statue et celle de son époux. Il dit : ,,il pourroit «. u effet sembler étrange que des superstitions si différentes eussent régné à la même époque, chez le même peuple, et que Diane eut été invoquée au Bosphore à -la -fois sous son nom grec d'Artémis et sous le nom étranger d'Astara. Cette difficulté me semble digne d'examen, et je m'y livre d'autant plus volontiers, que la digression, où je vais entrer, me donnera lieu d'éclaircir quelques particularités assez curieuses relatives à l'histoire du Bosphore et au culte particulier qui y étoit établi". M. RR. s'efforce dans ce qui suit à prouver, comment des idées qui apparfenoient au culte des Chaldéens, ont pu pénétrer jusqu'au Bosphore. j\ous verrons s'il a réussi dans (cette tentative. D'abord il doit paroitre singulier a ses lecteurs que M. RR. cherche avec beaucoup de peine à expliquer comment les idées chaldéennes se sont introduites au liosphore , tandis qu'il prétend , p. 34 : „qu'on peut d'abord être surpris que les Grecs, dans la langue desquels l'inscription de Comosarye est rédigée , ayent rendu un culte aussi solennel à deux divinités étrangères, à une époque où les superstitions de l'orient n'avoient certainement pas encore envahi les temples de la Grèce" ; il paroit étrange, dis-je, qu'il recherche l'origine des idée* chaldéenne» au Bosphore, malgré qu'il prétende que le

monument cité ne porte pas les noms d'Anergès et d'A- 3 tarte mais ceux de Hécaerge et d'Astéria. Son travail , par celle raison, tout pénible qu'il est, pour prouver l'existence d'idées chaldéennes au Bosphore , devient absolument inutile et superflu, 6oit qu'il prouve ce qu'il a voulu démontrer, soit qu'il n'ait pas réussi a le prouver,

L'Acicliarus révéré par les Bosphoriens , d'après une notice conservée par StraLon doit, selon M. RR. p. 37 — 4o, avoir été celui qui a propagé au Bosphore le culte babylonien. Mais ce personnage est aussi obscur que Zamolxis, prophète des Gétes, et non moins que le sont tous ceux des nations barbares. IVous ne savons pas même quelle est celle des différentes peuplades établies au Bosphore qui en avoit fait un dieu. IVous ignorons la patrie de cet Acicharus , le tems où il a vécu et ses dogmes. Mais, demandera-l-on, comment M. RR. a-t-il prouvé, que c'est précisément cet Acicharus qui a répandu les idées réligieuses des Babyloniens au Bosphore ? C'est ce que M. RR. croit prouver par un passage de Clément d'Alexandrie , où il est dit : Ar^Uoiro; yxp to-j; il\3'Axuto'Ji koyovç yâixovi rcTû.W.- '/tyirxi iè 'Akixx(.ov <»i'>.7;v {p.uijve-jàeîaxv T0T4 H.'ok gwtuÇsu avyypx uuxvt : „Démocrite a écrit des discours babj Ioniens moraux; on dit qu'il a ajouté à ses propres ouvrages la colonne d'Acicharus , qu'il avoit interprétée". Tout ce que M. RR. rapporte encore de Démocrite n'a absolument rien à faire avec Acicharus. Si Démocrite a fait de grands voy ages j s'il a écrit un livre intitulé : des lettres sacrées des Babyloniens , ou un autre: Discours chaldéen ; peut-on conclure de là , avec M» RR. p. 39 : ,,qu Acicharus a introduit dans le Bosphore les superstitions babyloniennes? ou que l'auteur a réussi, p>44 : ,,de montrer par quelle voie probable des dénominations puisées à cette source étrangère , avoient pu se propager au Bosphore". Tout ce qu'il nous a rapporté d'Acicharus, c'est qu'on lui reudoit chez quelque peuplade au Bosphore les honneurs divins, et quil existoit de lui, on ne sait où,

une colonne écrite qu'on disoit avoir été interprêtée par Démocrite. On sera certainement étonne que M. RR. croyc prouver ses assertions par des citations qui ne disent rien de tout ce qu'il veut prouver. Il n'a rien démontré* de tout ce qu'il avoit avancé, et ses lecteurs regretteront de se trouver ainsi privés de ce qu'il leur avoit promis p. 3{, c'est à dire de ^quelques particularités assez curieuse! relatives à l'histoire du Bosphore et au culte particulier qui y étoit établi".

Toute la digression sur lVpée des Scythes, p. 4o— 44* est un hors d'oeuvre, qui n'a rien de commun ni avec Acicharus , ni avec les divinités babyloniennes. Les lecteurs ne seront pas, au surplus, d'accord avec "M. Raoul- Rochette sur plusieurs des opinions qu'il a émises. Par exemple, p. ^i. dans le passage de Lucien : ^Ixvâxi y. h uxivuxv dvovrtc , x;ù Qpxxeç 7*xy.'rj.ïAi ipxvtTy âv^pûSv.y , ils ne consentiront pas à substituer au mot xxtvdxy celui de Axtx*W ï ils ne soupçonneront pas non plus la nécessité de faire le môme changement dans deux passages de Clément d'Alexandrie cités par M. RR. p. 44-

Je remarque ici en passant que l'inscription qui commence : APISTONIKrUmHTPOVIEPH, citée p. 36. pl V. n. I. parmi les monumens du Bosphore, est de la ville d'Olbie. Je l'ai publiée avec plusieurs autres en 1818.

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