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Après avoir parlé des deux médailles surfrappées, l'au>* leur ajoute , p. 8a : „Cette opération , quoique grossière dans ses résultats, n'en convenoit peut-être que mieux a un peuple rejeté , comme celui du Bosphore , à l'extrémité du Pont-Euxin et étranger aux arts de la Grèce." Si l'auteur s'étoit rappelé des médailles de Panticapaeum, de Phanagorie, de Théodosie et de Chersonèse, dont celles en or et en argent et la plupart de celles en bronze, ne le cèdent pas aux plus belles qui ont été frappées dans la Grèce et dans l'Asie mineure j s'il s'étoit souvenu de l'épithète , Agrotéra , donnée à Diane sur l'inscription de Xénoclide, êpithète puisée , comme M. Baoul-Rochette a voulu nous le persuader, aux plus profondes et aux plus pures sources de la langue et de la mythologie helléniques j si enfin il avoit voulu penser au décret de la ville d'Olbie en honneur de Théoclès, et à tous les éloges qu'il a donnés à cette inscription, p. i46: il n'auroit sûrement pas parlé de ces colonies comme d'un peuple rejeté à l'extrémité du Pont-Euxin et étranger aux arts de la Grèce.
un.
M. Raoul-Rochelte croit, p. 83-84. ,>que l'époque ou l'inscription de Xenoclide fut faite peut être fixée, d'une manière au moins très-probable, aux premières année* du règne de Paerisade 1, c'est à dire à peu près vers l'an 343 avant notre ère." Je remarquerai que cette inscription, qui n'est pas, à ce qu'il paroît, antérieure aux deux autre» inscriptions du règne de Paerisade, ne présente absolument rien qui puisse faire présumer qu'elle fut faite dans le» premières années du règne de ce roi.
En parlant des peuples nommés dans l'inscription dt Xenoclide , l'auteur dit , p. 84 : „nous y apprenons de plus , par la distinction qu'elle établit entre les Sindes , les Torètes et les Dandariens , que Strabon ne s'est pas exprimé avec ton exactitude habituelle , quand il assure que les Sindes faisoient partie de la nation des Maeotes ; cette désignation ne peut , en effet , convenir qu'aux Torètes et aux Dandariens; et les inscriptions de Como*arye et de Mestor établissent aussi très-nettement la distinction des Sindes et des Maeotes."
Il y a dans cet endroit plusieurs erreurs de M. Raoul- Rocbette qu'il faut indiquer. L'inscription de Xénoclide nomme trois nations soumises au roi Paerisade, les Sindes, les Torètes et les Dandariens : l'inscription de Comosarye et celle de Mestor nomment aussi les Sindes et ajoutent tous les Maeotes. Quant aux Sindes dont nous lisons le nom sur les trois inscriptions, c'étoit sur le territoire qui •voit appartenu à ce peuple nombreux (Monum. de Como». p. 77-78.) que les villes grecques du Bosphore Asiatique se trouvoient établies , c'étoit donc une partie assex importante de ce royaume. Les Torètes et les Dandariens n'ayant pas appartenu aux Maeotes, comme je le prouverai ci- après, il en résulte que l'inscription de Xénoclide parle des peuples soumis à Paerisade ' du côté du midi , tandis que les deux autres monumens', par l'expression
générale de tous Us Maeotes , désignent les peuples qui étoient du côté du nord.
Les anciens n'enteudoient naturellement sous le nom de Maeotes que les peuplades établies au bord de la mer Maeotide, depuis la ville de Tanais jusqu'au Bosphore, et c'est dans ce sens qu'en parlent Strabon ( XI. 2. §. 4* P« Zj5. Tzscb.) Scylax (p. 3i. Huds. ) l'auteur anonyme du périple de la mer noire (p. a. Huds.) et Pline (IV. p. 17 5. Fr.) qui ne font pas mention dans les passages cités ni des Sindes , ,ni des Torètes , ni des Dandariens. Ces auteurs n'ayant nommé parmi les Maeotes ni les Sindes , ni les Torètes, ni les Dandariens, et deux inscriptions faites sous le règne de Paerisade I, séparant soigneusement les Maeotes des Sindes, peuple qui avoit plus de droit d'être compris sous le nom des Maeotes, que les Torètes et les Dandariens, puisque son territoire étoit baigné au nord de la mer Maeotide, il en résulte que du tems de Paerisade I. les trois peuplades citées n'étoient pas comptées parmi les Maeotes.
Si, trois cent ans après Paerisade, Strabon (XI. a. §. 11. p. 3&40 faisant Vénumération des différentes peuplades à qui on donnoit le nom de Maeotes , y compte aussi les Sindes, les Torètes et les Dandariens, c'est que par suite des tems on avoit confondu ensemble les habitans de ces contrées 5 mais cela ne prouve pas que Strabon eut compté à tort les Sindes parmi les Maeotes , dénomination qui , du tems de Strabon, étoit devenue beaucoup plus générale qu'elle ne l'avoit été pendant le règne de Paerisade I. Ce que je viens de dire par rapport aux Sindes, est confirmé par Etienne de Byaance (v. Ztvio}). Après avoir remarqué que le pays des Sindes toucboit i la partie méridionale de la mer Maeotide , il ajoute que quelques uns prétendoient que les Sindes font partie des Maeotes.
Strabon ne peut donc être blâmé d'avoir nommé les Sindes parmi les Maeotes , puisque comme l'a dit M. Raoul-Rochette „cette désignation ne peut, en effet, convenir qu'aux Torètes et aux Dandariens." Il n'y a pas de doute que cette dénomination pouvoit eu contraire coa-
venir beaucoup mieux aux Sindes qu'aux deux autres peuples dont le rivage ne touchoit pas à la mer Maeotide, mais au pont Euxin j et pourtant les anciens géographes, entr'autres Scylax (p. 3 f * Huds.) ont scrupuleusement séparé les Sindes des Maeotes , ce que nous voyons observé aussi dans les inscriptions faites du tems de Paerisade I.
Enfin si Mêla (I. 19. p. n40 s'est trompé en plaçant, contre l'autorité de tous les autres géographes, les Torètes dans l'intervalle entre le Bosphore et la ville de Tanais 5 c'est une erreur plus grave encore lorsque p. 86. M. RR. dit : „les Torètes étant placés sur la rive orientale du Palus Maeotide , ainsi que le dit positivement Pline" : car Pline (VI. 5. p. 5540 n ' a P M mis I e » Torètes au nord des Sindes, mais au sud. C'est donc M. Raoul - Rochette qui te. trompe, et non pas Pline.