PORTRAIT DE JAN ASSELYN
avec ce ménage. Berchem, âgé alors de vingt-sept ans, est coiffé d'un chapeau noir à larges bords et vêtu d'un costume noir avec un col plat rabattu dont la blancheur fait paraître encore plus brun son teint olivâtre. Des cheveux noirs abondants encadrent son visage aux traits fins; une barbe noire et une moustache relevée accentuent son air viril et décidé. Avec son regard ingénu, sa fraîche carnation, son costume très simple et pour tout bijou son anneau nuptial à l'une de ses mains, • — ■ de vraies mains de ménagère, courtes et adroites, — la femme semble une honnête et loyale créature, pleine d'ordre et de bon sens.
Rembrandt devait se sentir à l'aise avec ces braves gens et la facture à la fois très large et très soignée de ces deux portraits aussi bien que le charme de leur expression indiquent assez qu'ils ont été faits pour des amis.
Cette année même, le maître gravait d'après un autre italianisant, le paysagiste Jan Asselyn, une de ses meilleures eaux-fortes (B.277). Fièrement drapé dans son manteau, le poing sur la hanche, Asselyn est debout, la main appuyée sur une table couverte de livres. Derrière lui, un chevalet supporte un de ses tableaux; du moins dans les premiers états de la gravure, car ces accessoires ■ — sans doute parce qu'ils nuisaient un peu à l'aspect de l'ensemble — ont été supprimés dans les états suivants.
La tête aux traits allongés et corrects respire la droiture et la franchise et Rembrandt a très heureusement dissimulé par des gants
les contractions et les nodosités des mains de son confrère, auquel