‹ RembrandtChapitre 183 sur 285 · LE CHRIST ET LA SAMARITAINE · texte numérisé non relu

LE CHRIST ET LA SAMARITAINE

Dessin à la plume rehaussé de lavis. (Cabinet de Stockholm.

Il y a là, comme l'a dit excellemment Fromentin, « la bonne humeur d'un esprit qui se détend, le sans-façon d'une main qui se délasse et, pardessus tout, cette manière d'interpréter la vie qui n'appartient qu'aux penseurs rompus à de plus hauts problèmes » (i). Aussi, combien de générations déjà se sont succédé, attirées vers cette maison hospitalière du Heerengracht à Amsterdam, maison ouverte à quiconque aime les arts et qui, par une rare fortune, peut encore aujourd'hui montrer le portrait de Six réuni, dans un même salon, à celui qu'en 1641 le maître avait fait de la mère du bourgmestre. En les comparant l'un à l'autre, les admirateurs de Rembrandt peuvent mesurer le chemin

(1) Les Maîtres d'autrefois, p. 371.

Le Grand Coppenol (vers i658).

Fac-similé de l'eau-forte (B. 283)

PORTRAIT DE GOPPENOL.

que l'artiste avait parcouru dans les vingt anne'es qui séparent ces deux peintures.

Autant l'exécution est large dans le portrait de Six, autant elle est, au contraire, d'un fini merveilleux dans le petit portrait de Coppenol appartenant à lord Ashburton et qui doit avoir été peint vers i658. C'est du moins la date indiquée par M. Middleton, et avec raison, croyonsnous, pour l'eau-forte à laquelle ce portrait a servi de modèle, car la gravure est, en sens inverse, la reproduction exacte du tableau (i). Dans ce dernier, le vieux calligraphie se présente à nous assis devant une table, avec son manteau sur les épaules et vêtu d'un pourpoint que dépassent les manches d'un gilet rouge. Il est coiffé d'une calotte noire et porte un petit col blanc rabattu. Ses cheveux devenus rares sont gris comme sa moustache ; mais la fraîcheur de son teint et la vivacité de son

regard dénotent un

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