‹ RembrandtChapitre 28 sur 285 · LA «SAINTE FAMILLE» DE MUNICH · texte numérisé non relu

LA «SAINTE FAMILLE» DE MUNICH

sont ceux de simples artisans. Jésus qui vient de boire au sein de sa mère s'est endormi sur ses genoux. Celle-ci tient dans sa main les pieds nus de l'enfant, et penché au-dessus de lui, retenant son souffle comme s'il craignait de le réveiller, le père a interrompu un moment sa tâche pour regarder avec tendresse ce petit être, objet des soins et de l'amour des deux époux.

Il semble que dans cette gracieuse composition Rembrandt ait voulu consacrer le souvenir des affections et du bonheur qu'il avait goûtés au foyer de ses parents. Peut-être même devons-nous reconnaître sous les traits de la Vierge ceux de sa sœur, ou du moins de quelque personne de sa famille, car nous retrouvons le même type — le nez et les yeux assez petits, un teint pâle, les cheveux tirés sur un front haut et un peu bombé — dans d'autres ouvrages de l'artiste : chez la Vierge de la Présentation au Temple, chez l'une des filles de Loth et dans d'autres tableaux encore. Une tête d'étude cataloguée sous le titre Portrait de jeune fille, au Musée de Stockholm (n° 591), où elle passait autrefois pour l'œuvre de F. Bol, me paraît également représenter le même personnage. Frappé à première vue par cette ressemblance, j'ai été heureux de voir mon opinion partagée par l'aimable et savant directeur du Musée de Stockholm, M. Gœthe, qui classe ce portrait dans l'école de

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