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PETITE TÊTE GROTESQUE

Vers 1632 (B. 327).

Vers i(53i, à l'époque où Rembrandt venait s'y installer, la ville avait pris un développement considérable. Un grand nombre des émigrés d'Anvers et des Flandres s'y étaient fixés ; accueillis avec sympathie, ils s'y faisaient bientôt leur place, grâce à leur énergie et à leur expérience des affaires. Plus heureuse que bien d'autres cités de la Hollande, Amsterdam n'avait pas eu à souffrir de la guerre, comme Alkmar, Leyde ou Harlem. Après une longue hésitation, elle ne s'était décidée qu'en 1578 à prendre le parti des Etats, et après avoir, presque sans effusion de sang, renvoyé les magistrats et le clergé espagnols, elle avait pu, à l'abri de ses digues, attendre paisiblement l'issue de la lutte. Mais du moins elle avait activement participé au succès de la guerre maritime. C'est à Amsterdam que se formaient, c'est de là que partaient les flottes qui devaient assurer la suprématie navale de la Hollande, et mériter à ses intrépides marins, à ses amiraux et à ses colonisateurs une gloire immortelle. Il nous suffira de citer à ce propos les noms de J. van Heemskerk, de van der Doè's, de Linschoten, de Gerrit de Veer, de Barentsz, de Pieter Hein, de Tromp, des de Ruyter, de Jan Pietersz Coen et de son lieutenant Pieter van den Broeck, le fondateur de Batavia. Mais déjà à la période guerrière succédait une ère de sécurité relative, activement employée à l'extension du commerce et à la conquête de possessions lointaines. C'est d'Amsterdam aussi qu'étaient partis, le 2 avril i5o,5, les quatre navires qui, pour la première fois, abordèrent aux Grandes Indes ; deux ans après, trois seulement rentraient au port, laissant derrière eux des relations nouées et des comptoirs établis dans des parages où les Portugais seuls avaient eu accès jusqu'alors. Enhardis par ces succès, les armateurs avaient équipé d'autres navires. Des compagnies s'étaient formées, d'abord isolées, puis fondues en 1602 dans la grande compagnie des Indes Orientales. En 1621 celle des Indes Occidentales hâtait encore l'accroissement du commerce de la Hollande, dont les vaisseaux couvraient les mers et qui possédait à ce moment la moitié de la marine marchande de tout l'univers. De Java, de Bornéo, du Brésil, ses bateaux revenaient chargés de café, d'épices, de bois rares, d'animaux, de plantes et d'une foule d'objets précieux qui rendaient l'Europe sa tributaire. Avec le commerce se développaient aussi les moyens de transaction et les banques destinées à faciliter le mouvement des fonds. L'argent affluait de toutes parts à

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