AVANT-PROPOS. IX
les archives par les deux directeurs et commentées par eux avec une rare sagacité. Grâce à eux, des faits jusque-là inexpliqués dans la biographie de Rembrandt nous sont aujourd'hui dévoilés, et cette existence mystérieuse nous a peu à peu livré ses secrets. En disant tout ce que je dois à leur amicale obligeance, que MM. Bredius et de Roever me permettent de leur adresser ici mes remerciements. Si, après Vosmaer, il m'a été possible de retracer à nouveau la vie de Rembrandt et de montrer d'une manière plus nette les liens étroits qui l'unissent à son œuvre, c'est eux qui m'en ont fourni les moyens; c'est à l'ardeur et au succès de leurs recherches que je suis redevable des informations qui pourront donner quelque prix à ce livre.
Tout en réunissant ces informations et en les rapprochant les unes des autres, je n'ai négligé aucune occasion de voir les œuvres du maître. Avant d'entreprendre un voyage à travers l'Europe pour étudier celles de ces œuvres que je ne connaissais pas encore et pour examiner de plus près celles qui m'étaient connues, j'ai tenu à m'éclairer sur les problèmes que les unes et les autres pouvaient soulever. Deux séjours successifs faits en Angleterre et une excursion en Russie, en Suède, en Danemark et dans le nord de l'Allemagne m'ont permis de revoir sur ma route tous les musées que plusieurs fois déjà j'avais visités. Le nom de Rembrandt est un lien naturel entre ceux qui aiment son talent et il établit bien vite entre eux une sorte de franc-maçonnerie qui me faisait ouvrir toutes les portes. C'est surtout près des directeurs des musées que je rencontrais l'accueil le plus sympathique. Avec une amabilité profitable à mon travail, ils me tenaient au courant de ce qu'ils savaient sur le maître, ils m'ouvraient leurs archives, et, à l'occasion, ils me procuraient l'accès de collections particulières dans lesquelles bien souvent ils me guidaient eux-mêmes.
La bienveillance dont j'avais été l'objet devait survivre à ces voyages. Grâce aux relations que j'avais ainsi nouées, je possédais un peu partout des correspondants avec lesquels je pouvais désormais échanger mes vues, qui répondaient avec empressement à mes questions et parfois même les devançaient par des communications spontanées qu'ils jugeaient de nature à m'intéresser. C'est donc une dette de reconnais-