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PORTRAIT DE JORIS DE CAULERY

n8 REMBRANDT.

de noir avec coiffe et collerette blanches, qui, à l'Académie des Beaux- Arts de Vienne, porte aussi la môme date et la même signature. Enfin nous retrouvons également ce monogramme et cette date sur un portrait d'homme qui récemment encore appartenait à M. Quarles van Ufford à La Haye. C'est un personnage de belle prestance, aux traits réguliers, à l'abondante chevelure, représenté de face jusqu'aux genoux dans un accoutrement guerrier, avec un baudrier brodé d'or et une épée sur laquelle s'appuie sa main gauche, tandis que de la droite il tient un fusil. D'après une étude sur un élève de Rembrandt, Poulus Lesire de Dordrecht, publiée par MM. G. Veth et Bredius dans Oud-Holland, cet homme à tournure martiale serait probablement un certain capitaine Joris de Caulery dont la manie était de faire faire son portrait, car il avait successivement posé devant M. Uytenbroëck, J. Lievens, P. Lesire, van Dyck et Rembrandt lui-même, qui l'avait représenté « avec un fusil à la main ». Le portrait de M. Van Ufford étant le seul de tous ceux qu'a peints le maître où nous rencontrions cette arme, nous pensons que c'est bien en effet de celui-là qu'il est ici question.

A côté de ces portraits isolés, Rembrandt eut aussi à faire ceux de plusieurs ménages et il est intéressant, quand on trouve réunies dans une même collection ces images de deux époux, de voir les combinaisons d'attitudes ou de costumes imaginées par l'artiste pour que les deux tableaux, rapprochés l'un de l'autre, bénéficient mutuellement de ce voisinage. Tel est le cas pour deux grands portraits ovales, se faisant pendants, et qui il y a peu de temps sont sortis de la collection de Mme la princesse de Sagan pour aller en Amérique. Celui du mari, signé et daté de i632, comme les précédents, est vu de face, coiffé d'un chapeau noir à larges bords; il respire la santé et la force (i). La femme, vue aussi presque de face, semble, au contraire, un peu maladive. La facture, surtout dans la tête de cette femme, est pleine de finesse, et des transitions délicates ont été ménagées entre les lumières un peu froides des carnations et leurs ombres restées très légères.

Nous citerons ici, seulement pour mémoire, puisque nous ne les

(i)Les traits de ce personnage et même son costume rappellent ceux du Dr Tulp de la Leçon d'anatomie et cette ressemblance justifie la tradition assez généralement admise que c'est bienlà en effet son portrait et celui de sa femme. Il serait d'ailleurs difficile de dire si c'est après avoir fait ces portraits que Rembrandt a reçu de Tulp la commande de la Leçon d'anatomie, ou si c'est au contraire ce dernier tableau qui a motivé la commande des deux portraits, ces trois ouvrages ayant été exécutés la même année.

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