LES THEATRES ANATOMIQUES
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nous montre une table d'anatomie avec des cadavres déjà ouverts. Le long des gradins circulaires sont rangés les squelettes de divers animaux, d'autres bêtes empaillées et aussi des squelettes humains tenant des bannières où sont inscrites des devises ou des sentences philosophiques dans le goût du temps : Mors ultima linea rerum; Nascentes morimur; Principium moriendi natalis est, etc. Des scalpels, des couteaux, des scies et d'autres instruments de chirurgie sont aussi étalés dans des vitrines. C'étaient là de vrais musées, très fréquentés par les curieux, même par des dames. Sur la gravure de Swanenburch, nous voyons l'une d'elles guidée par un habitant de la maison qui lui en fait les honneurs et, avec une galanterie digne de Thomas Diafoirus, lui présente d'un air gracieux la peau d'un des sujets qu'il a délicatement enlevée. Dans leur nouveauté, ces étranges spectacles étaient fort en vogue ; visiteurs et visiteuses y affluaient, et une description de Leyde à cette époque nous apprend que, les jours de marché, les salles de l'Université étaient fréquentées par les paysans et les paysannes des environs. M. de Monconys,qui vit encore en i663 le Théâtre anatomique de Leyde, le vante comme « très joli, fait en amphithéâtre de menuiserie fort propre » et contenant, en effet, « une infinité de squelettes d'hommes et d'animaux, et plusieurs raretés » (i).
Les portraits des professeurs les plus célèbres ornaient également ces musées, et sur la demande de leurs modèles, ou bien de leur propre initiative, les artistes chargés de peindre ces professeurs les représentèrent de bonne heure dans l'exercice de leurs fonctions, entourés de leurs élèves