L ANNONCIATION AUX BERGERS
Rembrandt que M. Seymour-Haden cite comme ayant pu lui prêter leur concours à son arrivée à Amsterdam, nous relevons d'abord le nom de Govert Flinck, qui entra, en effet, de bonne heure dans son atelier, mais qui n'a jamais gravé. Ferdinand Bol, qui compte aussi parmi les premiers disciples du maître, a sans doute été par la suite son collabo-
kj8 REMBRANDT.
ràteur, mais quand il devint son élève, au plus tôt vers 1682, il avait à peine seize ans (i) et il ne fut évidemment pas en mesure de lui être utile avant plusieurs années. Ph. Koninck, de son côté, n'avait pas encore douze ans en i63i, et G. van dan Eeckhout n'en avait que dix. Sans être élève de Rembrandt, Lievens, il est vrai, aurait pu, à raison de leurs relations de camaraderie, travailler avec lui ; mais à ce moment, nous l'avons dit, il avait quitté la Hollande. C'est bien à tort que M. Seymour-Haden conteste ce fait et prétend qu'on ne trouve aucune trace de ce séjour de Lievens en Angleterre, ni des œuvres qu'il aurait pu y faire, alors que Houbraken, parlant de son départ pour la Grande- Bretagne en i63i, dit expressément « qu'il y passa environ trois ans et qu'il y exécuta les portraits du roi, de la reine et du prince de Galles ». Mais outre ces trois ouvrages, au bas d'une gravure de L. Vorsterman représentant Nicholas Lanière, directeur de la musique à la cour d'Angleterre, Lievens, auteur de ce portrait, vante le goût éclairé et le talent de ce favori de Charles Ie'' et l'appelle « son Mécène ». Dans l'œuvre de Lievens lui-même, au surplus, M. Seymour-Haden aurait pu trouver une de ses eaux-fortes les plus remarquables (B. 5o,), très finement gravée par lui d'après un autre de ses portraits, celui de Jacob Goûter, joueur de luth de la chapelle royale, à qui l'artiste « dédie ce souvenir de sa constante amitié ». L'indication très précise de Houbraken, confirmée encore par ces deux ouvrages, doit donc être tenue pour certaine, et, le nom de Lievens se trouvant ainsi écarté, il ne reste plus que celui de Joris van Vliet. Un examen attentif des trois grandes planches de Rembrandt qui ont soulevé cette discussion nous montrera que pour deux d'entre elles, en effet, ce nom peut être invoqué avec vraisemblance.
En ce qui touche la première de ces planches, la Résurrection de Lazare (B. 73), nous croyons non seulement qu'elle est de Rembrandt, mais que lui seul y a travaillé, et le monogramme avec la mention van Ryn dont elle est signée nous paraît à la fois confirmer son authenticité et déterminer assez exactement sa date, ce monogramme ayant été surtout usité vers i632. Le caractère de la composition et l'exécution elle-même s'accordent de tout point avec cette date. Certes l'atti-
(1) Récemment encore on le croyait né vers iGio et c'est M. Veth qui a donné pour sa naissance la date exacte de 1616, découverte par lui au cours de ses heureuses recherches dans les archives de Dordrecht. Oud-Holland, 1888, p. 68.