‹ RembrandtChapitre 97 sur 285 · LA MORT DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

LA MORT DE LA VIERGE

Parmi les portraits gravés, nous trouvons d'abord, en 1 636, celui du Rabbin Menasseh ben Israël (B. 269), vu à mi-corps, presque de face

et coiffé d'un chapeau à larges bords. C'était, nous l'avons dit, un homme éminent par son intelligence et sa droiture et l'un des membres les plus considérés de la colonie juive d'Amsterdam. Né en 1604, il avait presque le même âge que Rembrandt, et celui-ci, qui logeait dans son voisinage, devait avoir plaisir à le fréquenter et à le consulter sur le sens des Ecritures. Aussi était-il devenu son ami, et le commerce établi entre eux fut durable, puisque Menasseh lui confiait, en 1654, les illustrations d'un de ses livres. D'un simple trait, presque sans ombre, l'artiste a nettement exprimé le caractère franc et loyal de cette honnête figure. Le Vieillard à barbe carrée (B. 3i3), de l'année suivante, avec sa toque de velours et son air avisé, est en revanche d'une exécution assez minutieuse, mais d'un dessin un peu rond, un peu mou, fort différent de celui d'un autre portrait daté cependant aussi de i63j. Par la fermeté et la sobriété exquise du travail, ce Jeune Homme assis et réfléchissant (B. 268) compte, en effet, parmi les meilleurs ouvrages de Rembrandt, et l'on ne saurait oublier l'expression profonde de ce personnage mélancolique, son visage souffreteux, la tristesse de son regard, son air chétif et malingre. La barrette dont il est coiffé aussi bien que l'écharpe qui enveloppe son cou semblent indiquer que c'était là un des proches de Rembrandt; en tout cas, il nous paraît difficile, étant donnée l'extrême simplicité du faire, d'obtenir une impression aussi saisissante que celle produite par ce portrait. Une autre planche, datée de 1639, Uytenbogaerd ou le Peseur d'or (B. 281), est, au contraire, très finie. Rembrandt, ainsi que nous l'avons vu, à propos du paiement des tableaux commandés par le prince Frédéric-Henri, était à ce moment en relations avec ce personnage, alors trésorier des Etats de Hollande. Il l'a représenté coiffé d'une toque de velours et vêtu d'un costume bordé de fourrure, assis devant une table sur laquelle est installé son livre de compte; devant lui, une balance pour vérifier le poids des sacs d'argent placés dans un des plateaux et à côté. Uytenbogaerd tient sa plume de la main droite et il remet de l'autre un de ces sacs à un jeune garçon agenouillé devant lui et qui se dispose à ranger cet argent dans une des petites tonnes posées par terre près d'un grand coffre-fort garni de fer. Au fond, un homme et une femme apportent d'autres sacs, et a la muraille est suspendu un tableau cintré avec l'épisode du Serpent d'airain. Dans un premier état de cette planche la tête du receveur est

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