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SCÈNE II LES MÊMES, ALBERTUS ALBERTUS, qui est entré par le fond

C'est moi.

Saluts.

Messieurs, je suis pressé. Je descends du bateau de i^Harlingen et je vais prendre, tout à rheure, celui de Leyde. Pardonnez-moi, en vous donnant rendez-vous sur le port, d'avoir consulté ma commodité plutôt que la vôtre.

Au tavernier.

De Fencre et des plumes !

LA FILLE, survenant.

Je vais vous servir du genièvre ?

ALBERTUS, avec indifférence.

Oui.

Le tavernier apporte^ sur la table de l'encre et des plumes. La fille sert. Albertus paye.

WITSEN, à Albertus.

Monsieur...

ALBERTUS

En deux mots, voici. Vous êtes tous trois créanciers de Rembrandt van Ryn : je vous achète vos créances.

WITSEN

Cela dépendrait des conditions...

VAN HERTSBEEK

Le placement, sans être de premier ordre, est excellent encore. La situation de Rembrandt...

ALBERTUS

La situation de Rembrandt, je la connais mieux que personne. Je sais que vos créances n'ont pas la même valeur qu'à Torigine, les travaux du peintre n'étant plus d'un rapport suffisant à leur servir de garantie, et la vente de sa maison et de ses collections étant d'un produit trop aléatoire pour couvrir, avec certitude, la totalité des dettes. Cependant, Messieurs, ces créances, que vous me céderiez peut-être à perte, je vous les achète à leur valeur nominale et argent comptant.

VAN HERTSBEEK

Dans ce cas j'accepte.

L'HÉRITIER DE CHRÏSTOFFEL THYSZ

J'accepte, cela va sans dire.

ALBERTUS, cherchant des yeux.

J^avais donné rendez-vous à plusieurs autres personnes...

LA FILLE

Il y a du monde à l'intérieur.

ALBERTUS, à la fille.

Va dire que je suis ici.

Aux trois autres, et consultant des notes.

Au conseiller Cornélis Witsen, quatre mille cent quatre-vingts florins...

WITSEN

C'est cela. Mais, allons-nous traiter une afi'aire aussi importante dans la rue ?... Nous serons mieux chez moi...

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