ACTE IV
DESCARTES
II n'y a ni avenir, ni présent^ ni passé devant la justice éternelle.
Ce sera Fonbli I. . . Ce sera Toubli !
DESCARTES
Il y a la conscience qui veille toujours...
Je ne me souviendrai plus ! . . .
DESCARTES
... Vous ne trouverez la solitude ni là-bas, ni ici, ni ailleurs...
J'oublierai!...
DESCARTES
La seule solitude est celle de la conscience, parce que c'est la seule qui soit un rempart...
Il n'y aura plus rien ! . . .
DESCARTES
Ecoutez-moi !...
Paroles ! . .. paroles !
DESCARTES
Ecoutez-moi! J'ai vécu, j'ai pensé; je crois avoir compris un peu la grande loi de la vie. Je tâche d'y conformer la mienne. J'ai trouvé la paix...
Qui êtes-vous ?
DESCARTES
... la paix qui est la force de Fâme et le principe de la dignité humaine. Vous craignez les hommes : ils ne peuvent rien contre vous, si vous êtes d'accord avec vous-même. L^humanité extérieure n'est qu'une puissance brutale, de la nature des éléments, qui agit en aveugle et con- ^ tre laquelle il n'est ni juste ni sage de se laisser emporter par la colère.
Mais, elle me tue !
DESGARTES
Parce que vous vous préoccupez d'elle. Vous n'avez ni à la contenter ni à la mécontenter. Contentez Fautre humanité, l'humanité intérieure, celle qui est en vous, celle qui vit, celle qui fait de vous un homme, la créature et Fimage de Dieu. Le malheur vient? Soyez supérieur au malheur. C'est Forage qui gronde, c'est la tempête qui souffle. Soyez le rocher, soyez le phare. Le malheur ne saurait vous atteindre, ou plutôt il ne fait qu'augmenter la sérénité de votre âme. Le malheur, c'est Fépreuve qui fait Fâme plus brillante et plus belle.
Qui êtes-vous ?
DESGARTES
Prenez courage. Restez digne devant la vie.