ACTE I
VAN SWANENBURGH
Je suis Fauteur de la Procession du Saint- Père,
HENDRIGK
Je vois... un « italianisant ))1 Ça n^a plus de valeur.
EGMA, à Hendrick.
Tu ne sais donc pas que son père a été bourgmestre ?.. Excuse-moijje tutoie tout le monde... une habitude... Je suis le vieil Egma.
GOPPENOL, à Egma.
Pardon, Monsieur, vous êtes aussi Leidois?
EGMA
Et doyen de la Société des Arquebusiers. Et toi ?
GOPPENOL, après l'avoir toisé dédaigneusement.
Je suis le calligraphe Coppenol.
ADRIAEN
Messieurs, je vous l'ai dit.Quel que soit l'intérêt que vous portiez à mon frère, il ne saurait surpasser le nôtre. Rembrandt restera à Leyde. Telle est d'ailleurs sa volonté. Mon frère, réponds !
HENDRIGK, bas à Rembrandt.
Saskial...
REMBRANDT, surmontant son trouble.
C'est ma volonté. Mon père, je ne faillirai pas aux signatures apposées par vous et par mon grand-père sous nos actes de famille et para-
REMBRANPT
phées de nos vieux hiéroglyphes de moulin. Je resterai parmi vous, c'est ma volonté,
HENDRIGK
Ah ! tenez I tous, tant que vous êtes, vous ne savez pas ce que vous faites ! Vous n'avez pas Fair de vous douter que vous êtes en train de commettre un crime 1 Car c'estun véritable crime que d'empêcher cet enfant de profiter et de faire profiter son pays des dons merveilleux qu'il a reçus de Dieu. Heureusement que je suis là, moi, et que je suis là pour vous dire : cet enfant ne vous appartient pas ! . . .
VAN SWANENBURCH
Vous appartient-il à vous ?
Il ne vous appartient pas!... Il n'appartient pas à Leyde !. . . Il appartient à la Hollande.
NEELTGE
Mon Dieu!...
ADRIAEN
Fort bien, la gloire!... Mais combien en voiton de ces peintres, qui peut-être méritaient d'être glorieux et qui errent comme des misérables par nos rues, sans un gîte et sans un escarlin !... Une modeste part de propriété au soleil est au moins un bien assuré.
HENDRIGK
Ahl vous me faites rire!... Dans deux ans d'ici, Rembrandt aura gagné de quoi acheter,