‹ Réminiscences de voyage [microforme]Chapitre 20 sur 26 · AN IRE SE · texte numérisé non relu

AN IRE SE

l’astre-roi à son réveil.

Malheureusement une pluie torrentielle accueillit notre arrivée à Lucerne, et il none fallut, Lien e qu'à regret, renoncer à notre projet.

La vue d'un diorama de ces monts fameux nous dédommagea quel:

que peu de ce contre-temps.

Un monument seulpté dans le ro vif sar le pan d’une montagne attire Fattention : Sur une tombe de guerrier, véilie un Hon à la fière encolure. Audessus, une inseription latine apprend au touriste qu'on à voulu par là, honorer la mémoire des fidèles gurdes suisses qui sont tombés victimes de leur dévouement à la France.

J'ai été surpris de retrouver à Lucerne tne foule d'annonces sinwulières, d’enseignes bizarres, que je me figurais n’exister que dans les drames pour donner de lorigihalité à la pièce. Pour ven citer que quelques-uns, on ht sur la facade des hôtelleries, des inseriptions comme celles-ci: “Au cheval blanc,” “ Hôtel de Paigle,” Fôtel

du chat noir,” ete., ete.

Si à | — Hit —

De Lucerne à Genève, le trajet peut se faire tout entier en chars, (comme nous disons au Canada) où partie en chemin de fer et partie en batean, Ce dernier parcours

. est le plus agréable, bien que Mots rapide, Quittant la gare dite “de Bru-

bg” sur los neuf heure 8, LOUS te

côtoyons, une coüiple d'heures durant, le lac de Lucerne jusqu’à A lpnach Stud d'où ROUS entrevoy- ONS confusément l'arête es ‘arpéc du Mont Pilatus, dont le sommet Va se perdre dans les uages,

À Gyswii don comotve,car il fant gravir Ja montagne pour atteindre Brunig, Cette ascensioi sur une rampe très forte est très émouvante: Je convol s’avance lentement : tantôt :l disparaît dans un tunnel one tantôt il décrit une courbe si accentuée, qu’ou le croirait pris de vertige, prêt À tourner sur Jui-mnê-

ae

ee

ie. D'un coté, une montagne de granit eoupée perpendiculairement, et qui surplombe la voie ; de Pautre un affreux précipice qui semble attirer à Jui comme un aimant. Tout au bas, constrastant avec la verdurede la plaine,une raie d’une blancheur d'argent qui offre l'apparence d’une allée tirée au cordean, où d’un chemin vicinal, mal que Paæil ne peut saisir qu'imparfiuitement,

Arrivée au sommet de la montagne à Brunig, la machine essout flée fait halte, comme pour: reposer un peu d’un rude labeur, avant de teuter a descente sur l’autre versant. A Meiringen, nous jetons un dernier regard ému à la lourde machine qui avait été la compagne de notre périlleuse aventure, Nous voici maintenant dans la rase campagne qui tout à l’heure nous semblait sidistante. Nous revenonssur

nGS pas, cette fois-ci en bateau, NOUS traversons

et SUECCssivement les jolis lacs de Briens, de Thoun et ces canaux QUI ous avaient semblé, du haut de la mont: igne,d’u artère rurale. InterlaKen, Oberee. Thoun, Échoionnées sur leurs rives reSorgent de touristes

avides l’art et de pitoresque.

Bâtie sur une éminence, Berne, apitale de la confédération suisse et siège du Souvernement, offre quelques points de ‘approchements avec Québec. Aux pieds de ses remparts coule une rivière que l’on serait tenté de prendre pour la Rivière St.-Charles avec Îles populeux quartiers de St.-Roch et du Palais.

La rue principale de Ja ville est bordée dans toute sa longueur d'arceaux formés par la projection des édifices snr la rue. L'aspect est tout-à-fait singulier, Le rez-dechaussée est exclusivement réservé aux Installations des boutiquiers.

Je n’ai pu oublier la pénibls impression que j'ai resse 1tie À Berne

onstatfan ‘es ravages extracr-

dinaires causés par le schisme.

Nous nous sommes trouvés en cette ville un dimanche. Des deux églises catholiques romaines, que possède Berne, l’une est complète ment fermée, l’autre est nn ancien temple conservé au culte à force de sacrifices de toutes sortes de la part des fidèles de cette ville. La nudité, la pauvreté de cette église aux murs noircis par le temps, aux stalles démodées, fuit peine à voir, ct rappelle les catacombes de Rome où les premiers chrétiens devaient se retirer pour accomplir en sécurité leurs devoirs religieux.

Ce qui confirme que le culte catholique romain est presque ignoré à Berne, c’est que tous ceux à qui nous nous adressâmes pour savoir où se trouvait l’église catholique nous indiquèrent invariablement quelques églises protestantes. La grande majorité professe la religion de Swing.

Attristés par ce spectacle, nons nous Gloiwnons de ce loyer du Protestantisme. Après avoir fait route de Berne À Lauzaine, en chemin de fer, nous prenons à Ouchy le bateau à destination de Genève, situé tout-A-fait à l’autre extrémité du lac Léman, fameux par ses rivages magnifiques, chan:

tés par ies poètes de notre siècle, Une fraîche brise se faisait SCNtir et tempérait les ardeurs d'une chaude après-midi d'août, Le dänorama de Genève À l'arrivée du bateau est magnifique :

Au fond du lue, qui se retrécit CE apparaît comme un énorme en tonnoir, une puissante Jetée à angle brisé qui le traverse et sert de brise-lames. C’est la “jetée des Eaux Vives” Au centre, un puise sant Jet lance à une grande hauteur Îles eaux qui retombent: en blanches spirales, et en luxuriants panaches,

Une rangée de constructions à plusieurs étages d’une hauteur unitorme, se dresse en face sur la rive comme une haie vive, tandis qu'à gauche s'étendent les bosquets ormbreux du “jardin des Anglais.* D'un côté les cimes altieres du “Mont blanc ;” de l'autre les crêtes moutonneuses du ‘“Jura.” Le quai du Mont blanc forme un boulevard spacieux, qui est la promenade favorite des gehevOoIs.

Un monument superbe est éievé sur la ‘place des Alpes” au duc de Brunswick qui. on le sait, a légué toute sa fortune à cette ville. C’est un immense mausolée de marbre de Carrare, couronné par une statue de l’insigne bienfaiteur de Genève.

Un peu plus loin Pélégant théitre du ‘“Kursaäl” avec ses vastes terrasses où les spectateurs viennent en foule, durant Îles entr’ac-

tes, respirer avec délices les tièdes brises du lac.

De toutes les villes de la Suisse, Genève est la plus importante par S& position, son commerce, sa population. Elle excelle surtout dans le commerce d'horlogorie, et les magasins de ce wonre y abondent. Lu téputation de la Suisse pour la qualité de ses montres est univers: ‘lement établie, La France, l'Angleterre exportent de Genève la plupart des montres qui se vendent sur le marché, Pour s'exempter des droits de douane considérables on ne fait venir de Suisse que les mouvemeuts. On ne fabrique en Angleterre où en France que les boîtiers.

La Suisse est aussi renommée par son beurre et son fromage, Les pâturages sont d’une richesse incomparable, et la vente du lait est soumise par l'Etat À des règles très-sévères, A plusieurs endroits, en Europe, on assujettit la vache au travail pénible, et or ‘en sert

souvent comme bête de somme, Il est absolument défendu dans ce Cas d'offrir en vente le lait de ces vaches. =:

Le beurre suisse et celui du Danemark se sont partagés, jusqu'à Ces derniers temps, la faveur des pays de l'Europe. Depuis quelques années, le beurre du l'Australie et du Canada fait une sérieuse concurrence, Malheur.

reusement pour le beurre canadien qui n'est pas expédié dans des conditions nécessaires, ct lorsqu'il arrive sur le marché Europi.en, il a perdu de sa valeur. Espérons que nos Chambres de com.

merce agiteront la question si importante pour nous de l’exportation de notre beurre dans des conditions favorables, soit au moyen

de réfrigérateurs où autrement, et assureront ainsi à notre produit la faveur que sa supériorité lui méri-

Une industrie très rémunérutrice en Suisse, et qui devrait être introduite daris lu Province, est

la fabrication du lait concentré.

Mulgré l’existence d’une manufacture de ce genre à Truro, dans la Nouvelle Ecosse, il s'en importe

tous les ans en Canada pour plusieurs milliers de piastres.

LE MiDi DE LA FRANCE

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