‹ Réminiscences: souvenirs d'Angleterre et d'ItalieChapitre 13 sur 14 · LA SANTA CASA DELL* ANNUNZÏATA · texte numérisé non relu

LA SANTA CASA DELL* ANNUNZÏATA

La fondation de la Santa Casa dell' Annunziaia nous conduit, comme celle de S. Ëligio, à une date uu peu moins reculée, mais non moins intéressante, de l'histoire d'Italie ; et elle est de même environnée de circonstances frappantes, dans lesquelles la poésie y la religion, le patriotisme et la charité se rencontrent et se confondent.

Au commencement du quatorzième siècle, sous le règne du roi Robert de Naples, deux frères, Jacques etNicoUô, jeunes et nobles seigneurs napolitains, de la maison dés Capece Scondito, guerroyaient loin du beau ciel de Naples. Ils faisaient partie de cinq cents cavaliers commandés par le comte de Gravina et Philippe de Tarente, père et neveu du roi, envoyés en Toscane pour secourir les Guelfes de Florence (favorables aux Français

et au roi Robert), et pour combattre les Gibelins ayant à leur tête Uguccione délia Faggiuola, l'un de leurs plus fameux capitaines. A l'assaut de Montecatini (dans le Val-de-Nievole), en 1315, les Guelfes furent vaincus. Les deux princes napolitains y périrent avec deux mille cavaliers, et quinze cents liommes furent faits prisonniers, parmi lesquels les deux jeunes frères Capèce Scondito.

On les jeta au fond d'un donjon du cbàteau de Montecatini et on les y laissa languir plus d'une année. Pendant cette captivité^ la patrie absente et les souvenirs encore si récents de leur enfance étaient, on le pense bien, sans cesse présents à la mémoire des prisonniers. Souvenirs pieux et tendues, parmi lesquels revenait souvent celui d'une image de la Madone de l'Annunziata placée hors des murs de Naples et spécialement vénérée des enfants napolitains de cette époque. Cette image se trouvait cependant dans un lieu réputé dangereux et nommé pour ce raotii maie passo, où elle semblait plutôt destinée à protéger les voyageurs, et à trouhier les malfaiteurs qui auraient voulu inquiéter leur route, qu'à être le sanctuaire préféré des petits

enfants. Il n'en est pas moins vrai que Timage bénie était souvent présente à la pensée des deux frères captifs, et un jour où, plus découragés qu'à Tordinaire, ils se demandaient si on les oublierait à jamais, et si leur vie tout entière devait s'écouler dans ce triste donjon, l'idée leur vint de s'adresser avec une ferveur redoublée à la sainte Vierge et de lui faire le vœu solennel de b&tir une église et un refuge pour les pauvres, si elle daignait obtenir pour eux la grâce d'être remis en liberté.

La pieuse tradition rapporte qu'à peine ce vœu fut-il articulé, que la sainte Vierge elle-même apparut aux deux frères, en faisant le geste de les bénir, et l'bistoire affirme qu'ils furent en effet délivrés avant la fin de cette même année. En effet, Uguccione délia Faggiuola fut renversé du pouvoir, en 1316, et la paix entre le roi Robert et les Pisans suivit bientôt. On rendit les prisonniers de part et d'autre, et les deux frères sortirent ainsi du donjon de Montecatini.

A peine revenus dans leur patrie, ils se mirent en devoir d'accomplir leur vœu, et, avec une confiance dans la bénédiction de la Vierge que l'événement ne démentit pas, ils osèrent traiter pour

1 acquisition du terrain même où se trouvait la sainte image de TAnnunziata afin d'élever pieusement, sur ce lieu si tristement célèbre jusqu'alors, un refuge à la charité et à la piété, et de faire oublier jusqu'au nom de maie passo, en le transformant en un lieu de bénédiction. Le terrain en question appartenait à un ami des Scondito, Giacome Gallota, comme eux d'une très-noble fa«millé. Il fut heureux de seconder leur désir et de s'associer à leur bonne action, et il leur donna surle-champ l'emplacement qu'ils désiraient. On l'entoura de murailles et ce fut au milieu de leur enceinte que s'éleva rapidement, mais dans de mor destes proportions, l'église de l'Annunziata.

Lorsque la construction en fut achevée, et tandiis que (comme pour S. Ëligio) on était encore incertain sur le but spécial que devait avoir la fqndation charitable qui allait être ajoutée à la petite église, on en confia l'administration à une confrérie de laïques nommée des « Battenti » ou « Ripentiti » qui comptait parmi ses membres les personnages les plus illustres. Charles Durazzo, Louis de Tarente (époux de Jeanne P*), avaient voulu lui appartenir. Tirello Garacciolo, duc de

Melfi, Giialtiero Garacciolo et beaucoup de nobles barons et feudatairea du royaume en faisaient partie. — A cette époque, Thospice de Sauf Eligio, qui seul subsistait à Naples, ne suffisait plus aux besoins des pauvfes malades. La pieuse et illustre confrérie résolût donc, d'abord, que ce serait encore là le but auquel serait consacré l'édifice nouveau.

. Sur ôes entrefaites, les confrères se trouvèrent appelés, une nuit, à effectuer l'austère pénitence à laquelle sans doute leur association devait son nom. Selon les uns, en effet, le Yendredi-Saint, selon les autres tous les vendredis de l'année, les membres de cette association avaient coutume de parcourir les rues de Naples, la nuit, en se donnant de rudes coups de discipline, accompagnés de prières qu'ils récitaient à haute voix. La unit iont nous parlons, tandis qu'ils accomplissaient cette pénitence nocturne, ils rencontrèrent toute coup, sous leurs pas, au milieu du chemin, une petite fille au maillot, presque expirante. Un écriteau, placé sur sja poitrine, portait ces mots : « Abandonnée par pauvreté . » Les pieux confrères la recueillirent tendrement, et ils regardèrent cette

rencontre comme un indice de la volonté de Dieu • Cette pauvre enfant, abandonnée, trouvée et recueillie, fut la première qui fût reçue dans la sainte maison de l'Annunziata, destinée à devenir ensuite le refuge permanent et généreux d'un si grand nombre de ces infortunées petites créatures.

Mais l'humble fondation des frères Capece Scondito était destinée, après leur mort, à prendre de plus vastes proportions. Le lieu où ils avaient réalisé leur vœu se trouvait voisin du monastère de Sainte-Marie-Madeleine, élevé vingt ans aiiparavant par la bonne reine Sanche d'Aragon, femme du roi Robert, pour servir de refuge aux femmes repenties et les maintenir dans la voie du bien.

Ce monastère était avec le temps devenu trop étroit, et la pieuse reine, voulant l'agrandir davantage, demanda à la confrérie dé l'Annunziata de lui céder sa petite église, ainsi que les constructions adjacentes, s'engageant à leur donner, en échange, un sol plus vaste sur lequel elle élèverait à ses frais une autre église et un autre hospice. Les confrères se réunirent pour délibérer sur cette proposition et résolurent Unanimement de

déposer « entre les mains de la courtoisie royale » la propriété des deux édifices et d'accepter l'échange avantageux qui leur était proposé. La reine tint magnifiquement sa promesse ; elle consacra à cette nouvelle construction, à laquelle on donna le nom à^A^e gratta plena, à peu près la totalité de 8,000 onces d'orque le roi Robert lui avait données en 1S36, pour les appliquer à ses œuvres de charité. Celle^i, la plus vaste de toutes, une fois accomplie, la sainte reine, avide de solitude, de consolation et de paix, alla se renfermer dans le pieux édifice qu'elle avait construit, et, après avoit distribué aux pauvres jusqu'à sa dernière obole, elle se voua elle-même à la pauvreté « en embrassant la règle austère de Saint-François \ elle moU^ txA ensuite paisiblement quelques mois après.

Cette pieuse prin(lesse ajouta ainsî^ par la ma'' gniflcen(3e de sa charité ^ un vif et ijfxxv éclat à celui que les lettres et les arts répandirent aveô tant de profusion sûr Ife tetnps fet sur le règne du rdl Robert d* Anjou.

Ceht ans après là mort de la reine Sâncte, Jeanne ÏI (en 1420) agl^andit encore une oeuvre dofat les proportions is^étâieùt déjà considérable-

ment accrues, et à laquelle la libéralité des souverains ajoutait sans cesse des donations nouvelles. Parmi celles-ci, il faut remarquer le don de la ville de Lésina, transformée, en fief de la sainte maison par la reine Marguerite de Durazzo, à la suite d'un vœu qu'elle avait fait pendant une maladie*

Ces exemples, venant de si haut, furent suivis dans tout le, royaume. Les princes, les pontifes, les riches bourgeois, rivalisèrent les uns avec les autres dans leur zèle pour toutes les bonnes œuvres dont la Santa Casa deïï Annunsiata était le théàtrOé il faudrait nommer tous les seigneurs du royaume, si Ton voulait énumérer les bienfaiteurs qui ajoutèrent leurs donations à celles des souve^* rains, et, comme de raison, les hauts dignituires ecclésiastiques ne se laissaient pas dépasser paf les laïques* Parmi eux^ nous coinptel'ons le cardinal Louis d'Al^agon qui fit cession entre les mains du paj^e (Léon X) d'une patiie Ab ses fiëfs^ lesquels furent, en 1516, adjugés ensuite par le Sou- Verain-Pontife à la Sainte Maison.

Au comuiencement du dix-septième siècle^ ces richesses accumulées rapportaient la soiUme (itti'^.

mense pour cette époque) de 200,000 écus. Mais, comme la richesse n'enfante pas toujours la générosité et le désintéressement, et qu'il est même fréquent qu'il en soit tout autrement, on aime à trouver, consignés dans ces pages, plusieurs faits honorables, recueillis dans les annales de TAnnunziata, tels que celui que nous allons citer et qui s'y trouve rapporté avec Tinjonction de ne jamais révéler les noms de ceux qui y figurent :

Vers la fin de 1800, un prince d'une très-illustre famille napolitaine mourut, en laissant, par testament, à ses enfants, la totalité d'une immense fortune, à une seule condition : celle de ne jamais revoir leur mère, contre laquelle le testateur nourrissait un ressentiment profond. Dans le cas où cette clause du testament ne serait pas observée, il était positivement stipulé que la Sainte Maison entrerait de plein droit en possession de rhéritage tout entier. Placés dans cette alternative, lés enfants refusèrent Théritage paternel, ne pouvant se résoudre à le payer d'un prix si humiliant pour leur mère. Mais, remplis de confiance en celle qui porte par excellence ce nom sacré, ils s'adressèrent, en invoquant la bienheureuse Vierge

Marie, à ceux qui gouvernaient alors la, Santa Ca^a et ils leur demandèrent, à eux-mêmes, d'être à la fois leurs juges et leurs arbitres. Ceux à qui ils donnaient cette preuve d'estime et de confiance s'en montrèrent dignes en renonçant aux droits que leur donnait le testament en question, et en laissant les enfants en libre possession de tous les biens de leur père.

Ces mêmes archives contiennent une foule d'autres faits inédits et de documents curieux tels par exemple que l'acte d'un gentilhomme napolitain, nommé Rinaldo Cioffi, lequel s'engage pardevant notaire à payer à la « Sainte Maison » la somme de 1000 ducats, chaque fois qu'en public ou en particulier il se sera laissé aHer à jouer, soit avec des cartes, soit avec des dés. Un autre individu s'engage, pour le même sujet, de la même façon. Seulement celui-là (du nom de Tommaso Gargano) trouve sa faiblesse suffisamment rachetée par la somme de 100 ducats. Au surplus, si la Sainte Maison était l'objet d'une munificence générale, ce qu'elle accomplissait en retour semble avoir dépassé même ce qu'on était accoutumé à attendre, à cette époque, de la générosité des

princes et des particuliers. Ce fut vers la fin de Fan 1800 que l'ambassadeur du roi de Pologne près des cours de Rome et de Florence, l'illustre Stanislas Rescius (Resch) répondait dans les termes suivants à l'évêque Bzernicki qui lui avait demandé des renseignements sur les institutions charitables de Naples :

... cf Tu me dis avoir entendu beaucoup par- « 1er des œuvres de miséricorde qui s'exercent à « Naples envers les pauvres. Elles sont, dit-on, « très-nombreuses lors même qu'on ne parlerait « que de la Santa Casa delP Anmmziata. Mais « je puis te dire que tu en ignores un grand nom- « bre auxquelles je n'aurais pu croire moi-même « si je n'avais pas vu les choses, que je te narre- « rai) de ces mêmes yeux qui guident en ce mo- « ment cette main qui t'écrit. »

On a peine en effet à énumérer toutes les institutions charitables qui vinrent, peu à peu, se grouper autour de la fondation des Gapece Scondito : hôpital (où les blessés et les malades étaient admis et soignés séparément), refuge de jeunes filles, hospice de convalescents, retraite pour les femmes pieuses qui cherchaient la solitude^ ou

pour celles qui sous le nom d'Oblates voulaient y joindre raustérité d'une règle religieuse, tout cela s'ajouta avec le cours du temps à Tasile des Enfants-Trouvés qui datait de la première fondation et qui ne cessa jamais de subsister avec les autres.

Mais, après cette belle aurore et ce merveilleux épanouissement, l'époque fatale de la décadence vint aussi pour la Santa Casa, et cette époque fut, comme pour tant d'autres vénérables institutions du passé, le commencement de ce dixhuitième siècle qui devait tenir avant sa fin un si orgueilleux langage, et déclarer, au milieu du délire sanglant et impie de ses dernières années, qu'il était Tinventeur de tous les progrès du monde I

Les richesses immenses accumulées par la libéralité des générations précédentes étant dissipées ou mal administrées, de grands embarras survinrent auxquels les administrateurs de la Santa Casa cherchèrent à remédier par des moyens peu conformes à l'esprit noble et généreux des premiers fondateurs. Puis, après les expédients dangereux, vinrent les économies mesquines, et

plus rigoureusement appliquées aux besoins réels des pauvres, qu'aux abus qui s'étaient peu à peu introduits dans la gestion de leur patrimoine.

Parmi toutes ces économies, on inventa celle de supprimer la somme allouée à chacune des nourrices auxquelles on confiait les enfants trouvés, et qui les emmenaient ensuite chez elles (ordinairement dans les villages environnant Naples) jusqu'à l'époque où ils ne réclamaient plus leurs soins. On les informa donc toutes à la fois que leur salaire était supprimé et que, si elles ne voulaient pas garder ces orphelins gratuitement, elles étaient libres de les rapporter sur-le-champ à la « Satita Casa » où on les reprendrait.

A l'honneur de ces femmes, il ne s'en trouva pas une seule qui consentît à accepter cette dernière proposition. Toutes d'un commun accord déclarèrent qu'elles conserveraient sans aucune rémunération les pauvres enfants qui leur avaient été confiés, et qu'elles ne les arracheraient point de leur sein pour les rendre à une mort à peu près certaine. « Nous sommes pauvres, il est vrai, » dirent ces bonnes paysannes chrétiennes, « mais

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nous n'abandonnerons pas nos petites créatures^; la Vierge sainte nous aidera I »

Ce trait ne surprendra pas ceux qui connaissent rhumanité du peuple napolitain envers ces pauvres enfants, dont Tabandon, il est vrai, atteste beaucoup plus souvent, à Naples, la misère que la dépravation des parents qui les ont abandonnés.

Nous ajouterons ici, à cet égard , quelques détails qui nous semblent peu connus, et n'être point dénués d'un certain intérêt. Nous commençons par rappeler que naguère (et aujourd'hui encore sans doute), à l'instant où ces malheureux petits êtres étaient baptisés , on leur passait au cou une médaille de plomb sur laquelle était gravée l'image de la sainte Vierge. Par cette décoration on les déclarait : « fils légitimes de la Sainte Maison de l'Annunziata », ou bien, comme disait et comme dit encore le peuple napolitain, « Enfants de la Madone » . Or, il se rencontre dans tous les villages un fort grand nombre de ces pauvres enfants, les femmes du peuple, surtout dans les campagnes, étant persuadées que si la mort

* Ce mot, en italien, signifie : un enfant au maillot ou en trèsbas âge.

eur enlève leur propre enfant avant qu'il soit sevré, il est nécessaire pour elles, dans l'intérêt de leur propre santé, de se procurer à l'instant un autre nourrisson. Il en résulte que, dès qu'elles perdent un enfant, elles s'empressent d'aller en chercher un autre à « l'Annunziata » . Ceci ne serait que bizarre si l'accueil fait à ces enfants, que protège le nom béni de la Vierge, ne rendait cette coutume aussi touchante que caractéristique. Par ce titre à* Enfant de la Madone, en effet, celui qui en est investi devient presque un être sacré dans la famille où on l'adopte, et où il est bientôt confondu avec les autres enfants au point que les mères elles-mêmes semblent parfois ne plus les distinguer des leurs. Il m'est arrivé souvent à moi-même de découvrir fort tard qu'un ou deux des enfants entre lesquels la sollicitude des parents semblait se partager également ne leur appartenaient que de cette manière. On peut même aller jusqu'à dire que ceux-là parfois semblent les préférés, tant les bons paysans de ces contrées se feraient scrupule de manquer de soins envers ceux qui sont ainsi marqués du nom de Marie, et qu'ils regardent comme leur ayant été confiés par cette

mère auguste et compatissante, toujours si chère au cœur et à l'âme du peuple napolitain. Il faut avoir non pas traversé ce beau pays en touriste, mais avoir vécu pendant quelques années de suite dans Fun de ces hameaux enchâssés dans leurs montagnes dont Faspect est si gracieux pour F œil qui les contemple de loin, et d'où, lorsque Fon y pénètre, la vue est si enchanteresse ; il faut, dis-je, avoir séjourné au milieu de ce peuple pour comprendre ce que le culte vivant et vrai de la sainte Vierge produit pratiquement de pureté et de piété, apporte de consolations, et répand de poésie dans lem^ vie quotidienne. Le trait que je viens de rappeler n'en est qu'un indice entre mille. Ne l'ayant jamais trouvé mentionné par aucun des écrivains qui nous communiquent leurs impressions de voyage, j'espère qu'on me pardonnera cette petite digression. Au surplus, je ne veux point dénigrer ici ceux qui passent à travers ce pays sans y observer des coutumes que le temps seul peut faire connaître et comprendre. J'aurais, quant à moi, ignoré sans doute toujours celle dont je parle, si, après deux ans de séjour dans un de ces hameaux, je n'avais remarqué avec surprise

que l'on retrouvait toujours intactes les plus nombreuses familles : « Il ne meurt donc jamais un « seul petit enfant dans ce village? dis-je un jour. « — n en meurt chaque année plusieurs , me « répondit-on, mais on va alors l)ien vite en dei< mander une autre à la Madone. — Et comment « élève-t-on ces enfants? demandai-je. — On me « répondit : « Nous travaillons pour eux quand « ils sont petits, et ils travaillent pour nous quand « ils sont grands. »

Voilà, il faut en convenir, une solution fort simpie, et peut-être en trouverait-on beaucoup du même genre, qui résoudraiisnt non moins bien de plus difficiles problèmes ; mais il faudrait pour cela que rien ne vînt troubler les régions où de telles solutions se préparent. Il faudrait, en ce qui concerne Tltalie, que rien ne portât atteinte à la foi de son peuple. Oh ! ne nous lassons pas de le répéter : Si l'Italie nouvelle doit vivre, c'est à cette condition seule qu'elle vivra !

LA CHARITE A NAPLËS. 345

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