‹ Réminiscences: souvenirs d'Angleterre et d'ItalieChapitre 7 sur 14 · L'ANNÉE SUIVANTE · texte numérisé non relu

L'ANNÉE SUIVANTE

Lesjours heureux quej'ai racontés dans les pages précédentes, ne se renouvelèrent pas. L'année suivante, le jour même qui ramenait le retour de celui de notre départ de Naples, le 19 mars 1859,renfant dont nous regrettions l'absence à Rome, que nous croyions, malgré son jeune âge, capable de comprendre et de jouir de ces grands spectacles, cette enfant charmante, unique et chérie, fut atteinte subitement d'un mal douloureux et inguérissable qui, dix-huit mois plus tard, la conduisit au tom-

^ Ce titre se rapporte, non pas à Tannée qui suivit la fête que je viens de décrire, mais à celle qui succéda à la Semaine Sainte, passée à Rome, en 1858, dont on a lu le récit*

beau et enveloppa sans retour, du voile de la plus sombre douleur, la brillante jeunesse de sa mère. Lorsque vinrent les jours affreux qui précédèrent et suivirent le dernier de cette courte vie, ce que j'éprouvai moi-même me fit mesurer avec épouvante cette douleur maternelle que je fus appelée à partager. Je n'aurais point toutefois osé parler ici de Lina, si sa mère elle-même n'eût consacré à la mémoire de Tenfant qui venait de

lui être ravie des pages écrites aux premiers jours de son deuil , dans le couvent des Dorothées à Bologne, où elle s'était retirée pour y passer dans une retraite profonde les semaines qui suivirent l'accomplissement de son malheur. Ces pages déchirantes, datées du mois de septembre 1860, je les lus à Florence, où je rejoignis, le mois suivant, l'amie dont je puis dire que j'avais adopté la tendresse et la douleur. Il me fut doux alors de les traduire en français pour d'autres enfants dont la langue n'était pas celle de Lina, et auxquels je voulais faire connaître les paroles et les exemples angéliques de celle qui, pendant quelques jours, avait été leur compagne. Ces pages furent ensuite lithographiées ainsi que l'original , en français

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