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Varoahaire conliDue en rapporlaol les traits, les projectiles de tous genres lancés sur les fortilicalions (moenia) par les assiégeants; il ajoute que du haut des murs (de inuro)le saint évèque criait : nous sommes les esclaves du Christ
Il ajoute que les Vandales escaladèrent les mnrs à l'aide d'échelles ou eofoncèrcnl les portes.
Enfin, il dit que la porte de la ville, oii l'an des bourreaux se tua, fut condamnée et bouchée, de manière à interdire à jamais le passage...
C'est bien là un ensemble de détails indiquant une ville forte entourée de remparts.
Or, il se trouve que les remparts de Langres recouvrent une ceinture de monuments romains provenant d'édifices publics ef de tombeauï : Langres est comprise dans les villes aux remparts ici étudiés (i).
Un détail même permet de préciser la date de l'éreclion de remparts de Langres : ils existaient déjà en l'an 30] , car on sait qu'avant de battre les Alamans sous les murs de celte ville. Constance Chlore avait dû se faire hisser k l'intérieur à l'aide de cordages.
Les remparts de Langres ont donc dû élre construits entre les années 288 et 500 et peut-être sont-ils conlemporains de ceux de Cularo, établis par Maximien avant l'admission de Constance Chlore, comme César.
Si cela est accepté comme vrai, il n'y a pas à hésiter à se prononcer contre l'opinion des Jésuites; les Bénédictins signalent l'impéritie de Varnahaire en fait d'histoire, ils lui opposent Sigebert de Gembloux etFrédégaire..., ilscilenl,
(<) Bull, det Comm. roy, d'art et ttarchiol., XV], pp. 4M, DOte 3, 460.
de leur côlé, plusieurs écrivains ■ ayant te nez Iid > (i) : Tillemont, Adrien de Valois, Pierre de Natalibns, Roberlas, Denis Gaullherot, les Bénédictins de Sainte-Marthe.
Les Jésuites ne se tiennent pas pour battus; ils relèvent les expressions de scriptores emunctae naris et citent de leur côlé Panl Péchinet, Annuaire ecclésiastigue et hislorique du diocèse de Langres ; le révérend Charlet, dtTyen à Langres ; le révérend Godart, Vies des saints du département de la Haute-Marne. Il est vrai que ces écrivains, tous de Langres, n'échappent pas aux tendances qui signalent souvent l'esprit local; ils vieillissent à plaisir les antiquités de leur ville et s'empressent d'accepter les deux siècles d'antiquité accordés à S. Didier par les Jésuïles.
Enfin, sur ce débat, qu'ils appellent « gravissima quaesdo, magna animi contentione agitata (3)>, les Bénédictins s'en remettent au jugement du lecteur juste et érudil, en ajoutant « nos donec major lux affulserit, velerem de S. Desiderio sententiam seqnemur > .
Ce vieil avis, adopté contre l'opinion des novateurs, est désormais celui qui doit prévaloir : en 264, d'après ce qui a été dit ci-dessus, les fortihcations de Langres à base de monuments romains n'existaient pas encore.
C'est donc la date de l'an i06 qu'il faut préférer, et il est à remarquer que, dans le catalogue des évéques de Langres,
(i) Le latin, qui dans les mois n'est pas si délicat, dit dans aan texte : i VirI emunctae naris. >
<i) On n'y ménage pas trop les expressions : ■ Si ce trait vous louche, disent-ils, il transperce nos contradicteui's, etc. i; ceux-ci oDt des Itallucinatioiis, (les rêves, etc., etc. C'est presque la querelle entre le Bénédictin dom Hartëne cl le Jésnile RoDEniQtiE (Bull, àei Ctmm. rog. iTiirt et d'arcMol., XXIV, p. lOS).
S- Didier compte seulement deux successeurs, Martin et Honoré, entre lui et S. Urbain, qui vivait en 430, ce qui concorde Tort bien avec la « vieille* thèse, adoptée par les Bénédictins.
Le commencement du v* siècle est, d'ailleurs, positivement présenté, par les actes relatifs, comme la date du martyre de S. Valère, élève et compagnon de S. Didier^
Liège, janvier 1888.
H.- SCHDERHANS.
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