On a de M une aiMi faible histoire de Richard m, en IkUd
T! RENAISSANCE ET RÉPORHE.
Henri VIII comme il répondait au pape, en le traitant d'ignare, d'âne couronné, de blasphémateur, de bavard. Henri VIII, après avoir, au préalable, demandé à l'Électeur qui protégeait Luther de fermer la bouche à son antagoniste, riposta par un écrit sévère, dit le docteur Lingard, mais plein de dignité. On en attribuait les meilleures parties à Wolsey et à Fisher, évêque de Rochester. Morus, non plus, n'y était pas étranger. Quoi qu'il en soit, il se crut atteint en particulier par les injures lancées au roi, et, tandis que Fisher, dans un écrit plein de doctrine, entreprenait la défense du liwe de Henri, Morus, sous le nom supposé de William Ross, fit une réponse très-développéc à Luther, où d'abondantes injures servent de sel grossier à. une polémique qui sent plus le barreau que l'église.
Le docteur Lingard a tort, à mon sens, de réduire l'intention et le fond du livre de Morus à un ■parti pris de s'amuser à conti'efaire le style injurieux i\i réformateur'. Ce livre est méthodique; toutes ies objections y sont réfutées ; la doctrine des sept •sacrements dont Henri VIII s'était fait le champion, y est établie avec un grand appareil de preuves. "Mais la raillerie et un persiflage très-lourd y dominent. Les pointes, les jeux de mots, les injures, y discréditent, sans les égayer, tes opinions orthodoxes et les croyances ranimées du catholique. Morus se
1, Hiit. d'Angkierr^ par Linguid, Henri Vit!.
propose t de souffler sur ces paroles qui ont pu faire illusion aux lecteurs et de dissiper ces pailles stériles que le rélbr'mateur ose donner pour du froment. »■ Il montrera € que Icâ insipides facéties du bouffon de Witlemberg » ne tombent que sur lui. Morus se constitue le débileur de ses lecteitn, pour tous les points où le libelle du réformateur exige une réponse, sous peine, s'il ne paye pas ses œufs, de ne pas trouver mauvais que Lulher dise de lui comme Horace du poète au début ronflant : t Que nous donnera ce prometteur qui soit digne d'un tel éclat de voix '? »
Voici un curieux passage de l'écrit de Morus, d'après lequel on a bien pu se méprendre sur l'intenliondc l'écrit tout entier. C'est un récit burlesque de la manière dont Luther est supposé s'y être pris pour répondre au livre de Henri VUI '.
« Quand Luther eut reçu le livre du roi et qu'il l'eut goûté, ce mets salutaire parut amer à son palais corrompu. Ne pouvant le digérer et voulant en faire passer l'amertume en buvant, il convoqua son sénat do compagnons de bouteille. Là, bien qu'il eût mieux aimé que le livre reslAt enseveli dans d'éternelles ténèbres, après avoir aPfenni son esprit par de fréquentes libations, il se résigna à le produire aux yeux de l'assemblée. La lecture des
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premières pages commença à mordre toutes ces oreilles d'âne. Ils le ferment, le rouvrent; puis ils l'épluchent pour y chercher quelque chose à reprendre. Rien ne s'y montrait qui prêtât à la calomnie. Comme dans tous les cas difliciles, on alla aux opinions. Le sénat devint sombre, et déjà Luther pensait à s'aller pendre, lorsque Brixius le consola par cet adroit discours :
« Que leur importe ce qu'a écrit le roi d'Angle-
> terre, et ce qu'il faut croire de la religion, à eux B qui n'ont d'autre but que de provoquer des sédi- » lions et des tumultes, et d'y rendre leurs noms » célèbres? Que veulent-ils, sinon tirer de l'argent » des simples et prendre plaisir à lire les écrits des » hommes plus instruits qu'ils ont poussés dans la B querelle? En quoi peut leur nuire la vérité des
> paroles du roi et la réfutation de leur propre hé- » résie ? Que Luther réponde seulement à sa ma- » nière accoutumée, c'est-à-dire avec force injures » et railleries. Qu'il ne se décourage pas; surtout y qu'il ne s'imagine pas qu'il faille combatire avec 9 la raison. Des invectives, des outrages à toutes les » pages, plus pressées que la neige, voilà les raisons I) qu'il faut donner; Luther n'en manquera pas de » reste, lui qui en possède une source inépuisable. » Ce sont là des armes dont il frappera sûrement » son ennemi, et qu'on ne retournera pas contre B lui. Qui donc pourrait lutter contre Luther, lui
THOMAS HORL'S. TJ
9 qui tiendrait tête à diï des plus bavardes et des 9 plus impertinentes commères? Les amis, d'ail- » leurs, ne lui manquent pas; qu'il prenne la » plume, la victoire est à lui. »
« Cet avis rendit du cœur à Luther, qui déjà s'était échappé par la porte de derrière. Mais, comme il vit qu'il fallait encore plus d'injures que ha pratique habituelle ne lui en fournissait, il exhorta ses compagnons à aller chacun de leur côté, partout où ils pourraient faire provision de bouffonneries et de gros mots, et à lui rapporter tout ce qu'ils auraient ramassé en ce genre. C'est de cette farine qu'il voulait composer sa réponse. Ces ordres donnés, il congédie l'assemblée. Tous s'en vont l'un d'un côté, l'autre de l'autre, là où chacun est porté par ses goûts. Ils hantent les voitures, les bateaux, les bains, tes maisons de jeu, les boutiques de barbier, les tavernes, les mouhns, les maisons de prostitution. Là ils observent de tous leurs yeux, écoutent de toutes leurs oreilles, et consignent sur leurs tablettes tout ce qu'ils ont entendu dire de gros sier aux cochers, d'insolent aux domestiques, de médisant aux portiers, de bouffon aux parasites, d'immonde à la courtisane, d'infâme aux baigneurs', etc.. Après quelques mois d'une recherche assidue, tout ce qu'ils avaient recueilli de tous