‹ Renaissance et Réforme: Érasmus, Thomas Morus-MélanchthonChapitre 34 sur 77 · The Life of air Th. ilorus, bj his grand son · texte numérisé non relu

The Life of air Th. ilorus, bj his grand son

rien à impuler. Henri VllI et Morus n'allaient plus pouvoir respirer le même air. Le plus fort précipita la perte du plus faible. Si les accusations ne réussissaient pas à le noircir, elles pouvaient, venant coup sur coup et sans relâche, le lasser et le réduire, et peut-être l'amener à une transaction qui eût été ce déshonneur préalable auquel la loi impériale soumettait la vierçe romaine pour pouvoir la faire mourir lég'alement. Il y a des dégoûts dont on a plus peur que de la mort, et, pour certaines âmes, une mort relardée offre plus de tentations et de périls qu'une mort imminente. A force de petites persécutions, de craintes présenlées et retirées, de caresses et de menaces, d'alternatives extrêmes; à force de ballotter cette victime illustre entre la promesse de faveurs inouïes et l'échafaud, enire ime place au pied du trône et un cachot à la Tour, on espérait mettre Morus hors de lui et le rendre indigne de sa mort.

C'est pour cela qu'on l'impliqua, sans le plus léger motif, dans le bili de conviction d'Elisabeth Barlon et de ses complices. Cette iSlisabeth Barton, appelée la sainte fille de Kent, était une lille sujette aux spasmes, qui débitait, dans un langage mêlé de vers et de prose, des paroles incohérentes dont quelques moines s'imaginèrent de faire des oracles. On lui fit prédire la ruine de l'Angleterre et la mort prochaine de Henri VllI, s'il consommait son mariage avec Anne de Boleyn. Cette fille avait écrit à

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Morus, alors chaocelier; celui-ci, sans vouloir l'entendre, lui avait conseillé de ne plus prédire et de se guérir. Questionné, dès le commencement, par le roi sur ce qu'était cette pauvre créature, il en avait parlé comme d'une fille simple et sans malice, dont les prédictions ressemblaient à toutes les folies qui peuvent sortir d'une tète malade. Depuis tors, dans le plan de destruction des monastères et des abbayes proposé par Cromwell, comme on voulait trouver de grands coupables dans les personnes pour justifier la guerre contre les choses, on accusa de haute trahison les moines qui avaient exploité la fille de Kent, et on leur prit leur monastère. Pour Morus, il était compris dans l'accusation, parde qu'en ne lui faisant pas son procès, il s'était implicitement déclaré son complice.

Quelques jours avant la présentation du biU au parlement, Morus écrivit au secrétaire Cromwell, pour lui demander de vouloir bien en parler au roi, et obtenir que son nom fût rayé du bill. 11 niait avec fermeté toule intelligence avec les rêveries de la prétendue prophétesse. Soit que Cromwell, qui ne voulait pas la perle de Morus, mais qui voulait encore moins déplaire au roi, y eût mis de la tiédeur, soit que tout conseil de douceur à l'égard de Morus fût désormais offensant pour Henri, le nom de l'ancien chancelier fut maintenu dans le bill. Alors Morus s'adressa directement au roi, et, dans

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THOMAS HURUS. W

une lettre pleine d'humilité', prosienié à sesgracieux pieds, selon so7i humble manière, il le pria de ménager so pauvre honnêteté et de considérer, avec sa prudence et sa bonté accoutumées, une matière qu'il ne croyait pas convenable de discuter avec lui. 11 insistait sur cette prière de bien considérer la chose, et c'était, sous une forme suppliante, un conseil blessant; car à force de solliciter l'impartiahté du roi, il paraissait la mettre en doute. Henri affecta de voir dans sa lettre l'acte d'un homme qui se refusait à la discussion par défaut de preuves. Il ordonna que le bill eût son plein effet.

Blessé de cette dureté, Morus put avoir l'idée de se venger du roi en donnant le plus grand éi:lat à sa défense, et il demanda à la présenter lui-même au parlement. Sa démande fut rejetée. On le cita devant un conseil composé de l'archevêque de Cantorbéry, du lord chancelier, du duc de Norfolk et du lord secrétaire Cromwell. 11 n'y fut parle ni de la fille de Kent ni de ses complices. Le lord chancelier vanta longuement *Morus les anciennes bontés du roi, et toutes celles dont Sa Majesté se plairait à le combler de nouveau, pensant l'ébranler à la fois par la reconnaissance et par un reste d'ambition. Morus répondit avec beaucoup de douceur que nu! n'était plus attaché que lui au roi, mats qu'il s'étonnait qu'on lui reparlât d'un sujet dont on lui avait

i.Engliâh Works, Uli. F.

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