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148 RENAISSANCl! ET REFORME.
promis de ne plus le troubler. Les lords, jusque-là polis et caressants, prirent alors le ton de la menace, et l'accusèrent avec véhémence d'avoir été l'auteur et le provocateur du livre de Sa Majesté sur les sept sacrements et sur le maintien de l'autoriLé du pape, et d'avoir poussé le roi à mettre dans les mains du sainl-siége une épée qui devait être tournée contre lui.
Les menaces agissaient moins sur Morus que les caresses. Il dit que ces terreurs étaient tout au plus bonnes pour effrayer des enfants; puis, venant au fait dont on l'accusait, il fit l'histoire de ce livre fameux, à la confusion du roi, qui, pour charg;er Morus, consentait à se donner le ridicule d'avoir signé un livre qui n'était pas de lui. Personne ne pouvait dire plus de choses que Henri à k décharge de l'ancien chancelier. Morus n'avait point conseillé le livre, il n'avait fait que le débrouiller et metire en ordre les principales matières. Quant aux doctrines qu'on y établissait sur l'autorité du pape, il avait vu avec inquiétude la part trop grande qu'on faisait au salnt-siége, et s'était permis de faire observer au roi que le pape pouvant, comme prince temporel, se liguer contre lui avec les autres princes de la chrétienté, il était imprudent de tant favoriser une puissance avec laquelle on pouvait avoir à rompre. Henri avait insisté pour que la doctrine restât entière, disant qu'il ne saurait trop honorer le saint-siége de Rome, auquel il devait tant. Morus