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fois l'homme et l'exemple ; la mort ne pouvait faire disparaître que l'homme. Mais, quand on vit le prisonnier s'opiniàlrer dans sa résistance, et qu'il fallut désespérer de sauver son corps au prix de son ' âme, le roi voulut mettre fin à cette lutte de toutes les forces d'un royaume contre la conscience d'un homme. Morus fut cité devant la barre du banc du roi, le 7 mai 1535, pour s'y voir accuser du crime de haute trahison. H y avait un peu plus d'un an qu'il languissait à ta Tour.
Il vint de la prison au palais de Westminster, à pied, malgré la longueur du chemin, s'appuyanl sur un bâton, tant l'avaient affaibli les rigueurs de sa captivité, le corps voûté par la maladie, mais le visage calme et serein '. Les juges étaient : Audley, le lord chancelier; Fitz-James, ie lord chef de justice; sir John Baldwin; sir Richard Leister; sir John Port; sir John Pilman; sir Walter Luke; sir Antony Fitz-Herbert. Ces personnages composaient le banc du roi, lequel était chargé de diriger les débats, de recueillir le verdict du jury et d'appliquer la peine.
L'attorney avait bâti un acte immense d'accusation, selon la pratique des officiers royaux de tous les temps, qui est de {grouper mille crimes imaginaires autour de celui qu'on ne peut pas préciser. On avait espéré l'embarrasser dans ce chaos de dé-