‹ Renaissance et Réforme: Érasmus, Thomas Morus-MélanchthonChapitre 63 sur 77 · Cor. réf., l. II, n · texte numérisé non relu

Cor. réf., l. II, n

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30! REKAISSAnCE ET RÉFORME.

encore. On était à la fin de septembre. L'électeur de Saxe ayant fait partir ses bagages et sa bouche, l'empereur lui demanda un délai de trois jours. Ce délai n'eut aucun résultat. L'électeur, après avoir donné ce dernier gage de bonne volonté, retourna dans ses États. Tous les princes et députés des villes en flrent autant, et la diète fut close. Tout le monde emportait en se retirant l'espoir ou la crainte d'une guerre prochaine.

Los ligues d'Augsboui^ el de Smalcalde. — Politique de Charles QuIdI. — HélanchthoD reprend eeg travaux littéraires. — Mauvais vouloir pour les éludes, — L'Académie de Wiltemberg est transférée à Eéna. — Soucis que donne ce déplacement à Hélanchthon. — Ses dégoiMs. — 11 est tenté de quitter la Saxe. — Franfois l" le mande à Paris.

L'effet de la diète d'Ai^sbourg fut de fortifier deux ligues qui, d'ailleurs, existaient déjà, mais plus en projet qu'en action : la ligue d'Âugsbourg, formée par les catholiques, et la ligue de Smalcalde, formée par les protestants. La première commença les hostilités en élisant roi des Romains, sans le concours des princes réformés, Ferdinand, frère de Charles-Quint. La ligue de Smalcalde protesta contre cette élection. Dès lors tes préparatifs

HÉLANCUTUOIt. SOS

de guerre se firent ouvertement. L'électeur de Saxe consulta ses théologiens sur la légitimité d'une guerre pour la défense de la religion. Luther, quoique préférant la paix, se laissait entraîner aux idées de guerre, et, comme en toutes ses actions principales, là où l'esprit l'avait fait hésiter, la chair le décidait. Pour Mélanchthon, il ne voulut d'abord la guerre à aucun prix; mais, soit contagion, tout le monde s'y préparant autour de lui, soit qu'il crût que les préparatifs mêmes l'empêcheraient d'éclater, il finit par déclarer qu'il n'en désapprouvait pas la pensée, et qu'il fallait se tenir prêt à se faire respecter.

Je ne m'étonnerais pas que l'esprit de guerre ne l'eût gagné lai-même. Tant de fatigues de corps et d'esprit pour concilier les deux partis à Augsboni^, sa considération inutilement sacrifiée à la paix, la perte, ou le refroidissement de ses amitiés, les attaques qui l'attendaient, pour avoir livré des points que les adversaires n'avaient même pas daigné prendre, tant d'efforts perdus et de dangers amassés pour l'avenir, avaient dâ le disposer à l'idée d'une lutte ouverte, i Puisque les catholiques, écrit-il à firentius, n'ont pas voulu de moi pour pacificateur, et qu'ils aiment. mieux m' avoir pour ennemi, je ferai ce qu'exige la circonstance, et je défendrai notre cause fidèlement ' . >

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Les théologiens de Gharies-Quint ne lui conseillaient pas la guerre. II suflisail, dans leur opinion, que l'empereur fit exécuter les décrets, a 11 ne faut pas faire la guerre, criait Gochléus, il faut sévir par les lois el les jugements. S'ils n'entendent pas les paroles, eh bien! qu'ils entendent le bruit des chaînes et des fouets, qu'ils goûtent des horreurs de la prison jusqu'à ce qu'ils reviennent à la vérité', t Si Charles-Quint n'écouta pas ses théologiens, c'est que faire exécuter les décrets, c'était déclarer la guerre. Il se décida par la politique, comme il avait fait jusqu'alors. La Suisse était en feu, les Turcs menaçaient d'envahir la Hongrie; valait-il mieux faire la guerre aux Turcs, avec l'AllemE^ne protestante et catholique, réunies sous le drapeau commun de l'empire, que la faire en même temps aux Turcs el à l'Allemagne protestante? Charles-Quint" se décida pour le premier parti. 11 acheta, par la trêve de Nuremberg (i532) et par le retrait des édits de Worms et d'Augsbourg, les secours des protestants, et le seul bruit de l'union de l'Allemagne el de l'empereur dissipa les projets des Turcs. Dans le même temps, la guerre avait cessé en Suisse par la mort de Zwingle, frappé sur le champ de bataille, el l'Église suisse se dissolvait pour être recueillie plus tard et réorçanisée par Calvin.

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