PhiUppiquet de Cocliléus, IV
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MSLANCHTHOH. 305
Cette année-là mourut l'électeur de Saxe, Jean, prince pacifique, qui avait inspiré ou soutenu la plupart des démarches de Mélanchtlion à la diète d'Augsbourg. Celle mort et les incertitudes d'un nouveau règne ne changèrent pas les résolutions de Charles-Quint. Il avait promis, dans le trailé de Nuremberg, d'obtenir du pape la convocation d'un concile, et il s'y employait avec activité. Le pape Clément n'accorda qu'à demi ce qu'il ne pouvait pas refuser; des légats furent envoyés en Allemagne, en apparence pour témoigner de sa bonne volonté, en réalité pour tilter les protestants sur les conditions qu'il songeait à mettre au concile. Ces , conditions étaient que l'assemblée serait présidée par lui, et que les protestants s'engageraient d'avance à se soumettre au jugement rendu. Tous les théologiens saxons, à l'exception de Mélanchthon, déclarèrent qu'il ne devait être souscrit ni à l'une ni à l'autre des deux conditions. Mélanchthon se réunissait à eux pour repoufiser la seconde, qui n'était qu'un piège grossier; mais il insistait pour qu'on acceptât la première, et il ne parut pas voir que le pape ne voulait la présidence du tribunal que pour se rendre maître du jugement.
Au reste, le concile n'eut pas lieu, le pape n'en voulant pas sans les conditions proposées, et l'empereur n'étant pas d'humeur ni peut-être en mesure de l'obtenir de force. Cependant la promesse n'en fut pas retirée par le pape, et les démarches
ne cessèrent pas du côté de l'empereur. Cet état de choses dura jusqu'à la mort de Ctément, arrivée eu 1534, au milieu de ruses et d'efforts ÏDcroyables pour éluder le concile.
Il y eut quelque intervalle où Mélanchthon reprit ses travaux littéraires, mais avec des interruptions continuelles et toutes sortes de dégoûts. Les afîaires religieuses détournaient tout le monde de l'étude des lettres. On montrait si peu d'empressement pour les cours de l'Académie, quelle que Mt la nouveauté des matières, presque toutes inconnues, que le professeur le plus populaire de l'Allemagne était réduit, faute d'auditeurs, à changer d'un mois à l'autre le programme de ses leçons.
« J'avais espéré, dit-il dans un avertissement affiché aux portes de l'Académie, que les charmes de la seconde olynthieone inviteraient un grand nombre d'auditeurs à connaître Démosthènes; car que peut-on imaginer de plus agréable et de plus solide que cette harangue? Mais, je le vois, la jeunesse est sourde à de tels auteurs. J'ai pu à peine retenir dans la salle quelques auditeurs, qui, par égard pour moi, n'ont pas voulu m'abandonner, ce dont je leur rends grâce. Je n'en continuerai pas moins à faire mon devoir, malgré les gens, dira-ton dans les dîners, et demain j'expliquerai la quatrième philippique de Démosthènes'. >