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HKLANCHTHON. 307
Quoique la quatrième philippique de Démosthêoes ne soit guère moins agréable, selon soa expression, que )a seconde oiynthienne, un mois après, la même solitude le força de prétexter la publication prochaine d'une traduction des Pkilippiques pour en suspendre l'explication. Il y substitua des levons sur Aristote, dont il vanta aussi les charmes dans raffiche de son cours, probablement avec un peu plus de succès, à cause du nom d' Aristote, si populaire encore, quoique atteint par le décri de la scolastique. 11 lui fallait user des mêmes insinuations pour faire venir des auditeui*? aux leçons sur les poètes, dont il entremêlait l'explication des orateurs et des philosophes. Voici de quelle façon il essaye de les amener à un cours sur Homère: c J'ai résolu, dit-il, avec la grâce de Dieu, d'expliquer quelques chanls d'Homère. J'y consacrerai la sixième heure du soir, les mercredis, et, selon ma coutume, gratuitement. Ce qu'on a dit d'Homère, qu'il a mendié pendant sa vie, n'est pas moins vrai d'Homère mort; il erre çà et là, cet excellent poëte, demandant qui veut l'entendre. II ne peut pas promettre d'argent; mais il promet la science des grandes et des belles choses. Il ne s'adresse pas à ceux qui étudient les arts lucratifs, et qui font consister la sagesse à mépriser tout savoir honorable. Que si, par accident, Homère, comme il est aveugle, vient à se heurter contre quelqu'un de ces sages, il prie qu'on le renvoie
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308 RENAISSANCE ET RÉPOBHE.
poliment, comme Platon le renvoie de sa république',., >
La dispersion de l'Académie de Witlemberg transférée par l'électeur à léna, sur une Tiusse appréhension de la pesle, vint ajouter à ses devoirs el à ses sollicitudes. Il avait été chargé de pourvoir A ce que ce déplacement se fit au moindre dommage possible pour le^ études. Il fallut d'abord prendre des mesures pour que la nouvelle de cette émigration ne causât pas de troubles. Un grand nombre d'étudiants parcouraient armés les rues de Wittemberg : il fallut les calmer et leur ôter leurs armes. A léna, les difficultés augmentèrent. La ville avait mis un monastère à la disposition des étudiants; mais ce monastère était sans meubles et ne pouvait contenir tout le monde. La plupart erraient dans la ville, sans domicile, sans livres, et comme dans un camp. Les plus riches faisaient venir des lits de chez eux; en attendant, ils couchaient par terre, ainsi que les parents venus pour les suivre dans leurs études. Cependant l'ordre ne fut pas troublé, et les cours purent recommencer après quelques joui'S. Le sénat d'Iûna, qui avait eu peur des étudiants, sur leur réputation un peu suspecte, rassuré et adouci par ces dispositions pacifiques, avait fini par les traiter en hôtes, jusqu'à faire venir pour eux de la bière qui leur était vendue à bas prix.