Ditcoim prononcé) à l'Académie de Wilttmberg, t. IV
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d'êlre rentrés chez eux à liuU heures. Si quelqu'un est appelé au dehors par des affaires, qu'il les fasse en silence, et s'éclaire dans les rues avec une lanterne, pour qu'on le reconnaisse. Quiconque sera surpris armé et sans lanterne, sera mis en prison. Un autre décret les menaça d'une prison particulière, plus dure que la prison scolastique. Le premier décret n'avait pas réussi. On continuait à sortiraraié, et on battait le guet.
Plusieurs étudiants avaient des domestiques à la façon de ces Scapins et de ces Mascarilles dont la comédie a fait un type, mais qui ont été d'aborfl des personnages réels, héritiers des Daves de Rome. Il ne paraît pas d'ailleurs que la comédie les ait calomniés. Ils étaient larrons jusqu'à rompre les coffreset crocheter les portes, de complicité avec leurs maîtres, qui prenaient leur part de ces rapines ; ils soufliaient les discordes, exchaient les rixes, poussaient les moins braves à se battre et fournissaient les armes; ils entraînaient dans les orgies les jeunes gens sobres, et troublaient de leurs chants, de leur ivresse, de leurs espiègleries, les noces et toutes les réunions publiques '.
Dans les faubourgs, des maraudeurs prenaient d'assaut les jardins et les vignes, et ils avaient des chambres où se cacher pour manger leurs vols. Un ftôr.ret leur défend de coucher hors de la ville. On
Discours jyrononeés à rAtaiIèmiede Witlemherg, 1. VII.
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leur [ait un tableau des blessures qui les allendent, de la mort qu'ils risquent peut-être, outre les châtiment que leur réserve l'académie. Un autre décret parle de Temmes perdues qui attiraient les jeunes gens dans les bois proches de la ville ou dans les bouges des fauliour^s, et qui pénétraient dans l'intérieur de la ville sous des liablts d'homme.
Enfin ils se faisaient accuser de modes outrées dans leur costume, et particulièrement dans ta forme de leurs chapeaux. Les uns portaient des turr bans à la manière turque, ce qu'on leur reproche comme une imitation qui présage des mœurs et un empire barbares. Les autres se couvraient de chapeaux à laides bords, dont on leur disait vainement, du haut des chaires académiques, qu'ils gênent la vue, qu'ils sont enlevés par les coups de vent, que leur poids alourdit la tète et opprime l'esprit. Ceuici imitaient la coifTure militaire des cavaliers, ceuxlà le bonnet de voyage, bigarrure qui étonnait beaucoup les étrangers et leur donnait mauvaise opinion de l'autorité académique.
Un mal plus grave, contre lequel Mélanchthon lutta avec plus de zélé que de succès, c'était l'impatience des jeunes gens d'arriver de plein saul aux professions lucratives sans passer par les études. L'académie de Witlembei^ suivait, h quelques différences près, la même conduite que notre université, quoique dès ce temps-lA il se trouv&t, comme aujourd'hui, nombre d'inventeurs et de partisans
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des méthodes espédilÎTes. Od D'armait aux sdences spéciales et d'application , à la tfaéolc^e, au droit, A la médecine, qu'après avoir été arrélé longtemps sur ce qu'on appelait la grammaire et la dialectique, c'esL'à-dire les études de langue et la philosophie. A l'issue de ces premières études, OD recevait le grade de bachelier. De là il Fallait traverser la physique, les mathématiques, les éthiques, et recevoir le grade qui y était attaché, avant d'entrer dans .renseignement d'application. Ces lenteurs, si sagement calculées sur les progrés des facultés de l'enfant, de l'adolescent et du jeune homme, avaient, comme aujourd'hui, de nomhreux contradicteurs. On attaquait, comme une routine et un empêchement, l'usage de décerner des grades. Les parents avaient hâte d'échapper aux dépenses de l'éducation littéraire, et poussaient leurs enfants aux professions lucratives. Pourtant ia rétribution académique était modique; les plus riches ne payaient que quatre florins et demi par année, les pauvres deux florins, et les plus pauvres rien. Pour les étudiants, outi'e le peu d'application de cet âge, qu'aucune méthode ne corrigera, ils étaient impatients d'aller où les attiraient l'influence, le bruit, la vie, c'est-à-dire, i la médecine, au droit, surtout à la théologie, par laquelle on arrivait à la faveur des princes. < 11 nous naît, dit Cruciger, des théologiens comme des champignons'. > On apportait à ces études un chapeau