SEL
et destinées
du ridicule, et qui : n’ont l'air de tenir :
énsemble que grâce à la timidité d'escrie | qui empêche de pousser les unes et les autres à leurs conséquences. Ajoutez ce … qui manquait à Bossuet et à Fénelon et … n ce 4e ’apportait. principalement M. Manier : des thèses de philosophie écossaise, : c’est-à-dire de « sens commun », glissées .
entre celles du grand raisonneur médié- val et celles du grand raisonneur moderne, : à en tempérer, au besoin, le choc dangereux. Nulle vue supérieure .
qui embrasse cette collection aventureuse .
pour en apprécier la somme et le résultat général. Jamais produit de l'esprit humain | ne mérita davantage la qualification de :
scolastique, en ce qu’elle a de péjoratif.
Saint Thomas n’y est plus saint Thomas, L f Descartes n’y est plus Descartes. On n’en | a plus que le squelette. Les concepts, les 1 raisonnements sont exclusivement tirés 4 du sens des mots dans le dictionnaire, qu'ils ne font en quelque sorte que dévi-. der, bien loin que la signification des mots .
RENAN ET NOUS g
se modèle, ainsi qu'il serait souhaitable, sur les inflexions et les contours de la réalité et sur les mouvements de l'esprit pensant. Lisez Îles preuves de l’existience de Dieu chez saint Thomas ét.
chez M. Noget-Lacoudre. Ce sont les
mêmes, et elles diffèrent beaucoup. Là, un feu d'intelligence et de sentiment qui parcourt l’enchaînement ascendant et syn-
. thétique des idées et ne se sert d’elles que . comme d’un appui pour s'élever d’un élan . mystique vers les hauteurs. [ci, les mêmes
. idées, prises lourdement, traitées à froid, mises bout à bout comme des blocs de
maçonnerie, entre lesquels aucune com-
. munication intérieure ne s'établit, avec
quelque vigueur qu’on les presse. Certes,
. si on considère en eux-mêmes, dans leur
substance intellectuelle, leur teneur lo-
gique, leur mécanisme dialectique, les
traditionnels arguments en faveur de l'existence de l’Etre parfait, tels que les présente saint Thomas, ils ne prouvent
pas plus chez lui ce qu’ils prétendent s
prouver, que chez les autres métaphysiciens théistes. Ils sont frangibles aux mêmes endroits. Mais saint Thomas 2, comme saint Augustin, la vision intuitive et éblouie de Dieu; et tous les spectacles du monde concourent chez lui à la nour-
rir. C’est l’argument le plus communicatif du théisme, ou plutôt le seul. Il circule :
chez l’auteur de la Somme, à travers les preuves d’école, les animant et les échauffant. Dans la philosophie de séminaire,
celles-ci sont toutes desséchées, et par là
non seulement inopérantes, mais rebu-
tantes. Dieu est démontré comme on dé-
montrerait par statistiques et renscignements l'existence d’une certaine région géographique où il n’a pas été possible d’aller voir. Tout cela était fort loin d’exclure la sobriété intellectuelle et le dédain du brillant, dont Renan loue ses anciens maîtres. Et l’on serait même tenté de lui reprocher qu'il ait uniquement pris en bonne part ce caractère de leur esprit.
Qu'ils ne s’aperçussent pas de l’inco-
RENAN ET NOUS 8o
hérente débilité d’une telle philosophie,
c’est ce dont on ne doit pas être surpris en un sens. La spéculation philosophique était loin de constituer pour eux la principale affaire de ce monde. Prier les intéressait plus que penser. Mais comment, éminemment croyants et pieux, ainsi qu'ils étaient, ne s’apercevaient-ils point qu'elle n’était pas catholique ? Elle ne l’était pas.
- Elle ne marquait certes aucune opposition
avec la doctrine de foi, avec ce qu'il faut croire. Mais n’était-elle pas en opposition
avec les conceptions que cette doctrine présuppose logiquement et qui en sont
comme la condition préalable dans le domaine philosophique ?
C’est ce dont nous allons nous rendre
compte à propos de la question capitale - du mystère, que nous allons envisager
au point de vue catholique, mais d’ailleurs dans l'intention exclusive d’éclaircir en cela un problème d’histoire intellectuelle générale, qui se confond presque avec le problème de la formation des idées philoso-
Re,
sv
Séne
phiques chez Ernest Renan. Le second n’est, en quelque sorte, qu’un cas parti- culier du premier.
Les dogmes chrétiens sont des mys-
tères. Les mystères se définissent des vérités qui passent la capacité appréhen-
sive naturelle de notre raison et que nous …
ne pouvons connaître que si elles nous sont
révélées. Définition d’où il résulte que les mystères n’appartiennent point à ce qu’on appelle vérités de fait, du moins au sens naturel du mot. La transformation de la
substance du pain en substance divine
dans le sacrement de l’Eucharistie, est
un mystère. Ce n’est pas un fait. C’est
au regard de la foi, l'insertion invisible,
insensible, d’une réalité éternelle, que
nous ne pouvons connaître qu’en idée, dans le corps d’un fait, qu’elle ne modifie en rien, comme tel. Les miracles (s’il y a des miracles) sont des faits. Ils'ne sont
pas des mystères. [ls sont des manifesta-
tions de la puissance divine que nous
ALES à