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RENAN ET NOUS ox
sommes, d’après la doctrine de l'Eglise,
capables de concevoir par notre seule)
. raison ; et c’est par notre seule raison que nous les y rapportons, comme à la seule cause qui puisse les expliquer. Les miracles sont précisément destinés à con-
vaincre l’incrédule de l’autorité de celui
qui lui apporte les mystères. Des vérités de fait ne sauraient avoir rien de mysté- .. rieux. Elles ont beau être ignorées de nous ; elles ont beau être éloignées de nos
prises ; il est, au moins logiquement, con-
cevable que nous les puissions saisir quelque jour par nos propres forces, grâce à. | une extension suffisante de nos sources
d’information, grâce à un suffisant pro- | grès de nos moyens d'observation et d’expérience. La réciproque va de soi. Sil ya des vérités Vo notre entendement ne. .
puisse pénétrer à cause de sa faiblesse + native, et parce qu’il n’est qu'humain, dé:
telles vérités ne seront point rapprochées
de notre portée par le développement, si Join qu’il aille et si haut qu'il monte, de .
o RENAN ET NOUS
[nos connaissances de fait, de nos connais-
Sances expérimentales. Les objets de ces
vérités ne sont pas de ceux que l’expé- rience puisse atteindre. Ils sont situés
hors de sa sphère. Ils appartiennent au monde métaphysique. La métaphysique est le champ transcendant et céleste où le mystère fleurit. tee
51 les données de l’expérience et des
sens ne sauraient de toute évidence nous représenter les réalités métaphysiques,
. sous quelle forme celles-ci se représentent-
elles à notre intelligence ? Sous la forme d'idées purement abstraites. C’est beaucoup trop dire. La pure abstraction ne
saurait avoir de place dans notre intelli-
gence, trop mêlée aux sens. Disons que, s'il y a des réalités métaphysiques et que nous puissions nous les représenter en quelque mesure et en quelque façon, ce sera au moyen des idées les plus abstraites et les plus dépouillées de matière qu'il nous soit possible de nous former.
D'autre part, toute vérité, vérité de fait
ou vérité métaphysique, est l’expression d’un certain rapport ; là, entre des faits ; ici, entre des idées. Nous arrivons à cette définition : les mystères consistent dans l'affirmation d’un certain rapport incompréhensible entre des idées abstraites d’ordre métaphysique. Cet incompréhen-
sible rapport, nous sommes obligés de le
croire, sur l'autorité de l’organe terrestre qui nous le communique de la DR de Dieu.
Comment Le se peut- -1l ? Ny a-t- J à
pas dans la notion même du mystère, ainsi défini, quelque chose de contradictoire ? Des rapports de faits sont ce qu'ils sont. Notre intelligence n’a qu'à les recevoir de l'expérience qui les constate. Que
Paris soit à mille lieues de Pékin ou à dix.
mille, que Mars soit habité ou qu’il ne
le soit pas, ma raison y est de soi-même.
indifférente ; elle s’accommode aussi bien d’une proposition que de l’autre. Il n’y a rien dans la nature de Paris ou de Pékin qui commande ou qui exclue qu’ils soient
| à telle ou telle distance. Il n’y a rien dans |
la nature de la planète Mars qui com-
mande ou qui exclue logiquement qu'elle
soit habitée. Elle répond à la définition
d’un lieu habitable. Est-elle habitée ? Il
faudrait y aller voir ou le savoir par signaux. Maïs une proposition qui met .
en rapport, non pas un fait et un fait, non pas une idée et un fait, mais deux :
ou plusieurs idées, deux ou plusieurs
notions abstraites et logiquement définies,
une telle proposition est soumise aux Lis. | de la pure logique ; et ce qu’elle a de légitime ou d’illécitime en elle-même dé- …
pend de la signification ou, comme disent
les philosophes, du contenu de ces idées,
de ces notions qui en forment les termes.
Qu'un triangle vaille deux angles droits, ou bien qu’une chose étendue, si on la.
définit avec Descartes, une juxtaposition
de parties inertes, extérieures les unes :
aux autres, sans activité concentrante et centripète, ne puisse avoir conscience de soi-même, cela résulte de la définition du
PP ENT PS PTS CNP ET RS TS NU Ti NM UE SR É ETu à