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l’ambiance intellectuelle dans laquelle le 4
dans les écoles grecques une foi; la foi
de saint Paul avait tant contribué à mul-
pirations. Les articles fondamentaux de .
cette foi étaient les suivants : perdition
de ses souffrances expiatrices. Saint Paul,
La métaphysique grecque constitue
dogmatisme chrétien naissant s’est développé. Les chrétiens instruits apportaient
qui avait germé dans les communautés mystiques formées autour de Jésus et de … ses disciples et que l’action personnelle
tiplier en leur apportant de nouvelles ins-
native de l’homme et inimitié de Dieu contre lui, venue du Messie Jésus pour.
en opérer la réconciliation, humainement impossible, rédemption et salut par Jésus et en Jésus, grâce à notre association en esprit aux intentions de ses épreuves et
juif avant tout, ayant affaire aux Juifs, … ne se faisant des choses grecques qu'une idée obscure, défendait cette foi nouvelle contre les. chicanes rituelles et scripturaires des scribes et des pharisiens. Les
chrétiens hellénisants et . cosmopolites
/les objections de la raison grecque et, . pour cela, de lui donner, avant tout, une forme, une expression tation Que Jeur croyance mystique ne trouvât ne N.
ke moyen de se justifier au regard de la - D ibhysique. elle serait condamnée et | repoussée dédaigneusement en son nom ; elle passerait pour la vision de petits | sectaires juifs ; elle n’aurait pas assez de it apparente pour se faire agréer des im Avant tout, l’intensité sans limite de l'espoir et de la confiance que Jésus et le nom de Jésus leur avaient inspirés, | voulait qu’il fût Dieu. Ne déliait-il pas souverainement l’homme des liens du … péché ? N’obligeait-il pasle Juge suprême : à lui faire grâce sans réticence et sans discussion ? Qui peut obliger Dieu, sinon Dieu ? D'autre part, ce Sauveur suprême avait paru en ce monde sous les espèces d’un homme, et la reconnaissance de cet homme comme Dieu, déjà pleine de di-
ie
ficultés en elle-même, non certes pour le cœur du croyant, mais pour son esprit logique, était rendue deux fois difficile par la croyance des chrétiens en l’unicité du Dieu Tout-Puissant. Les chrétiens juifs y croyaient comme Juifs. Les chré-
tiens des nations y croyaient comme phi- - losophes ; la diffusion de la philosophie, allant de pair avec la décadence de la Fr religion populaire, avait, dépuis long-
… temps, banni de tous les esprits un peu
distingués le polythéisme. L’affirmation . de Jésus-Dieu, certaine pour les âmes de ses disciples, attestée par l’ardeur même
« de leur prière, qui n'aurait pas eu tant … d’élan si un objet réellement divin ne l’eût attirée, se heurtait, du côté intellec- … tuel, à bien des obstacles. Ne boulever-
. sait-elle pas toutes les catégories logiques ? … . Ne portait-elle pas le massacre dans toutes « les notions élémentaires et universelles … sous lesquelles notre esprit classe, distribue, pense nécessairement toutes choses, et en violation desquelles il semble
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de RENAN ET NOUS 0
bien qu'il ne puisse point penser du tout : notions du genre, de l’essence, de l’accident, de la substance, du mode, de la matière, de la forme, et autres semblables ?
La nature de la difficulté, les termes du problème indiquaient l’unique voie de la
solution, qui était bien celle que j’ai dite. : Il fallait que les applications que nous
faisons de ces universelles notions aux objets qui nous entourent habituellement n'en constituassent pas tous les modes
d’applications possibles. Il fallait que LÉ
convenances et disconvenances qui existent entre elles, dans l’ordre de leur emploi ordinaire et dans le commun usage de la pensée, n’en épuisassent point tous les éléments et n’en mesurassent pas la plénitude de signification intrinsèque. S'il y avait un cas d’où résultât la nécessité de leur présupposer une signification supérieure à celle que nous concevons naturellement, c'était bien le cas de Jésus. La prodigieuse impression reçue de lui, là révolution qu’il portait dans les âmes
RENAN ET NOUS iog
attestait l’immédiate présence en son être, des réalités transcendantes d’un autre monde. La philosophie platonicienne se trouvait là, qui établissait l'existence et
les D nonte de cette double ACCES 5
désirée. .
Selon Platon, les te qui composent
la nature, les réalités sensibles qui nous a
entourent, sont composés de deux élé-
ments : un élément « matériel » qui Me à ce que ces réalités ont de transitoire et .
de périssable, un élément idéal, qui tient
à un certain type ou archétype éternel,
suivant lequel elles sont conformées.
Toute la nature est ainsi faite. Ce que
sont les choses et les êtres qu’elle ren-
ferme, résulte du concours entre une
matière indéterminée relativement ou absolument (Je laisse de côté cette distinc-
tion, qui n'importe pas ici) et un certain ee
ensemble de modèles métaphysiques dont
les traits s’empreignent dans cette ma-
tière et d’où elle reçoit les formes et les qualités que nous lui voyons. Considérés
= en eux-mêmes, indépendamment de ls 3 incorporations matérielles, grossièrement imparfaites, ces modèles métaphysiques sont de pures idées en lesquelles s'exprime, ! à l’état de perfection, tout ce qui peut être et être conçu. L'ensemble de ces idées compose la pensée divine qui manifeste .
en elles son inépuisable richesse. Elles :
ont donc deux manières d’exister : l’une, -.
= D ennible dans laquelle elles sont .
pleinement ce qu’elles sont; l’autre, sensible et terrestre, dans laquelle elles ne sont que ce qu'a pu recevoir de leur divin contenu le contenant inférieur dans lequel elles se sont déversées. C’est là-haut, dans la fluidité de l’éther métaphysique qui n'y met aucun obstacle, qu’elles peuvent dérouler la plénitude de leurs profondeurs et de leurs splendeurs intérieures, alors qu'ici-bas le déploiement en est arrêté, F | morcelé, déchiqueté par l'obstacle maté- riel avec toutes ses anfractuosités. Or, ce qui se passe objectivement répond à ce qui se passe dans notre intelligence, Liée
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sions sensibles des choses, c’est-à-dire déformées par une couche d’ombres 1 Dre. C’est bien elles néanmoins quelle voit ; car elle ne peut se nourrir oué d’ elles ; : elle n'existe que par elles et.