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osophes se seraient divertis pour r amour de l’art. Jamais les grands changements
produisent de cette façon. Celui-ci, comme tous les autres, a été déterminé par L pression des faits. À partir du xvi£ siècle, a somme des connaissances expérimen-
accrue et multipliée par la vertu des ins- .
truments matériels d’ investigation dont il avait été si faiblement pourvu jusquelà. À la fin du xvrie siècle, l’ensemble des connaissances astronomiques, physiques et géographiques acquises, était aux connaissances de même genre chez un homme du xiti® siècle, à peu près ce qu'est l'Océan à la Méditerranée. Ajoutez-y l'immense apport de savoir biologique, historique et philologique dont le xvirie et le xrx® siècle ont été témoins. | Ce prestigieux afflux d'informations sur les choses de la nature et sur les rela-
tions de fait qu’elles ont entre elles, a
donné fort à faire à l'intelligence humaine.
de direction de la pensée humaine ne se
tales de l’homme s’est extraordinairement
Elle 8 y est tout entière occupée. Elle perdu le loisir de contempler l’idé et d'en poursuivre du regard, au ciel, les inéaments. Au ciel, elle observait les nnombrables constellations découvertes ar la lunette astronomique et que le nciens ne soupçonnaient pas.
Cependant, le besoin de hautes con- . templations métaphysiques, que l’intelligence humaine aurait pu continuer de oncevoir au milieu dé toutes ces richesses de science expérimentale dont le débrouilment absorbait ses soins, la doctrine 4 latonicienne eût-elle suffi désormais à contenter ? Les « idées », les archétypes de Platon sont l'idéalisation des res de la nature, conçus ou rêvés sous leur forme de béruté parfaite. Le monde platonicien des idées, pris dans son enemble, est l’idéalisation de l'univers.
Mais Punivers que Platon avait sous les yeux, combien était-il moins vaste et.
moins plein de choses que celui qu ’on en.
‘tait Venu à connaître par l’expérience !
| Cet univers des modernes, le ciel platoni-
cien, si lumineux et brillant, n’avait plus
| assez d’ampleur ni de profondeur pour se
refléter. Le couvercle d’or composé par la métaphysique grecque pour en cou-
ronner la nature était de l’or le plus pur.
: Mais il était devenu trop petit.
Les Grecs, non plus que leur plus.
illustre héritier au moyen-âge, saint Thomas, n’ignoraient pas la méthode expé- rimentale. Quand Aristote a les moyens
d’expérimentation nécessaires pour expli-
quer physiquement les choses physiques,
| il ne manque pas de le faire. Mais les
moyens d’expérimentation des Grecs, en- .
core une fois, étaient courts. Aussi recou-
raient-ils volontiers, et Aristote lui-même, à l'explication du physique par le méta-
De TR TR PRET ST CN ST à
physique, du réel par l'idéal. Par exemple, .
quand ils prononçaient que le ciel est.
‘une sphère, parce que le mouvement sphé- À rique, impliquant le passage indéfini des .
mêmes points par les mêmes lieux, est , celui qui ressemble le plus à l'éternité
* dirent le caractère esthétique et élégant
divine. Ou bien, quand ils décidaient que
les astres sont faits d’une matière incor-
ruptible, parce qu'ils sont, de tous les
corps de la nature, les plus directement influencés par l'esprit divin. (Ce fieffé théologien d’Auguste Comte raisonnait à peu près de la même manière en plein XIXe siècle. Il prétendait que les corps
célestes se déroberaient toujours à l’étude
chimique, dont ils se sont, depuis cette prophétie, montrés justiciables, comme chacun sait. Il voulait qu’ils n’intéressassent que la mécanique. Et le seul motif qu'il eût de le vouloir est que la mécanique, qui est une science mathématique,
est plus noble que la chimie, donc plus … digne des étoiles.) Chez les bas scolastiques du moyen-âge et surtout de la fin du moyen-âge, ces manières de rendre compte
du fait physique par l’idée abstraite per-
qu’elles avaient au moins chez les Grecs, pour dégénérer en ces explications platement verbales, en ces tautologies pédan-
Lesques dont Descartes, Malebranche | èt Molière se sont tant moqués.
Les immenses succès intellectuels pro- :
curés aux modernes par la méthode qui
ne cherche que dans le cercle de la nature les raisons explicatives ou, du moins, les ressorts moteurs des événements et des … choses de la nature, ont consommé la ruine philosophique de l’idéalisme grec.
Les notions que les modernes s’ap-
pliquent à se former dés choses, les divers genres de notions qu’ils croient valables … pour leur représenter ce que sont les choses, ou, du moins, ce que nous en pouvons connaître, sont des notions sans .
mystère. Elles ne renferment plus ces .
horizons intérieurs latents, supposés présents dans les notions grecques, horizons :
où l'intelligence ne pénétrait pas, mais
dont une communication divine pouvait .
lui apporter de sybillines nouvelles. Les .
notions modernes n’ont rien qui déborde .
l'esprit humain qui les pense. Elles ne 4 contiennent que ce qu’il conçoit et com- :
infini. Mais il ny a pas infiltration m térieuse de cet inconnu dans nos id 1 mêmes. La démarcation est nette. C
idées ne se ant de de ce que ».f expérience nous a apporté. Cela n "est
à. ee Fe applications aux données pal- - É 15e que Les sens nous fournissent et