‹ Renan et nous 1923Chapitre 32 sur 46 · HE · texte numérisé non relu

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|attachée. Mais cette croyance douce et belle ajoute un charme, une poésie et uns

sourire à sa vertu. Ces mystiques figures, qui apparaissent aux Âmes simples, enca- drées entre les étoiles, sont pour elles la vraie lumière de l’univers. À l’encontre . des rudes et pénibles expériences de la . vie réelle, elles leur en garantissent la } bonté. Cette invisible présence les entre-

tient dans la meilleure et la plus précieuse | des dispositions : la confiance. L'espoir qu'elles y puisent favorise ce sentiment habituel de simplicité et d'ouverture, qui est le propre contraire de la vanité et de Le orgueil, comme de la petitesse morale, et qui se reflète dans la candeur des regards, dans l'honnêteté des visages.

L'Eglise, héritière de ce qu'il y eut de 3 pere exquis dans le florilège poétique . de nos races d’Occident, a tellemen enrichi cet héritage, elle a inscrit tant . de délicatesses, de finesses, de charmantes … D buiités dans ces idées merveilleuses, - accessibles d’autre part aux intclipenes } Le moins préparées, que la participation ) à ses croyances, je dis surtout aux plus

imagées et aux moins MERS ; confère au peuple css un Carac-

on se Fond compte, und on le compare à des peuples élevés dans une … religion plus sommaire et moins illu- :

sl minée. | à Que de telles croyances vien être à brutalement chassées d’un milieu où, de- puis des siècles, elles fleurissaient et con- ‘4 solaient | Corbin de déperditions mo- , rales ! Quels risques d’abaissement, de :

chute dans la vulgarité ! Quelle décolo- .

ration de la vie ! Quels dangers pour la :

santé des âmes ! Ne sont-elles pas bien exposées, sinon à se corrompre (et en- .

core |) du moins à se dessécher, à perdre É leur douceur, à ne plus voir le monde et « la vie que d’une manière plate. La vertu … personnelle pourra subsister, à cause de ” l'habitude héréditaire, ou par l'accepta- … tion de principes nouveaux qui la recom- | mandent plus froidement. Il est à craindre qu'une vertu ainsi fondée ne se ramène

. surtout à des préceptes négatifs, à ceux qui - définissent le mal, sans faire aimer le bien, qu'elle ne soit aride, qu’elle ne manque «de douceur sympathique et communicative. L’atmosphère qui enveloppait les “vieilles vertus se sera appauvrie. Leurs -séves nourricières se seront desséchées.

La transmission en deviendra plus dure et plus difficile. Elles ne couleront plus dans le lait maternel. Il est à craindre, disje, qu’elles ne gauchissent, ne se raidissent et ne perdent, dans cette tension forcée, “beaucoup de leur ancienne harmonie avec «la vie. Ce sont là des remarques qu'il est impossible de ne pas faire dans un pays comme le nôtre, où l'expérience du protestantisme n’a pas réussi, parce que son “âme fine ne s’accommodait pas du vêtement plus rude et plus épais de cette religion. Je le dis avec le respect que J'éprouve pour la confession protestante, “mère elle-même, mais mère un peusèche, à notre sens, à nous, nés dans le catholicisme, de tant de vertus.

Renan a exprimé ces choses avec une finesse admirable. Ceux qui lui reprochent d’avoir, par ailleurs, mortellement blessé la religion chrétienne, ne pouvaient en:

être désarmés. Il indisposaït, d’autre part, les honnêtes universitaires si ennuyeux qui se flattent de fonder la moralité popu= laire sur le rationalisme cartésien. Il au= rait accepté que le peuple conservât ses.

croyances surnaturelles, s’il lui demeurait permis, à lui et à ses pairs, de penser et, d'écrire librement. Il n’aurait pas demandé D 2 être lu au village, où, au fait, il n’es! aucunement exposé à être lu. Je le vois portant, de tout cœur, à une vieille femme bretonne le rameau dé buis bénit que sa mère attachait au-dessus de son lit d’ea] à fant. — Hé quoi ! me dit quelqu'un, sourcil froncé, il acceptait donc qu’ il faut « une religion pour le peuple ». | — Cette maxime ne l’eût pas choqué, je crois: Mais prenez garde qu’elle a deux sen opposés. Elle est inavouable de la part dd personnes riches qui trouvent dans les

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des croyances, naïves au regard de |:

philosophie, mais d’unsens touchant pour le cœur, sont la forme sous laquelle le

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: les plus élevés.

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moyen que les petits continuent longtemps de le croire. L’ambiance du moyen croyances merveilleuses. L'ambiance

qui ne pensent point par eux-mêmes

gents, a d’autant moins de peine à les

sentiments religieux de leurs domestiques un préservatif contre la convoitise que pourrait leur inspirer l’argenterie, s'ils professaient l’impiété. Elle est la plus.

humaine du monde, si elle signifie q

peuple accède au niveau moral des esprit ‘

* Malheureusement, dans cette seconde acception, elle est chimérique. Ce qu les gros ne croient plus, il n’y a pa

âge poussait puissamment les esprits a

l’époque moderne ne les en détourne pa:

moins puissamment. Je parle des espr

Pour ceux-là, la négation du surnaturel. :

portée par de si forts courants conver-

séduire, que le non, en toutes matière

a s casse

rejettent le surnaturel, comme vérité obective, sans perdre de vue les trésors de moralité et de sentiment dont il est devenu comme le dépôt dans le cours des âges, ce rejet se compense par un gain de pensée,

créatrices de l’âme humaine. Ce n’est pas de cet enrichissement que la négation

tion ignorante et vulgaire, se préoccupe.

Les difficultés intellectuelles du surnaturel ne sont pas vraiment ce qui la provoque. Elle se réjouit de frapper en.

crité ou d’exciter à une fièvre orgueil-

PIRE FANS A

élevait et adoucissait. Renan, pendant ses

alors que sa rupture avec l'Eglise était décidée, parce qu’il ne pouvait plus ac-

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