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courants trop opposés pour réaliser dans .
l’ensemble la véritable harmonie de beauté que Renan a atteinte ailleurs. La Wie de Jésus est un fait, un fait puissant, qu'on peut aimer, qu'on peut maudire, sur.
lequel on peut avoir un sentiment mitigé.
C'est de là qu'il faut partir pour l’étudier : >
et la commenter sérieusement. :
Je reviens à cette notion d’un surnaturel non « particulier » qui y apparaît.
Renan, voulant donner une idée générale .
du phénomène moral que fut le surgissement de la foi chrétienne et sa diffu- ue sion à travers le monde, trouve un … terme de comparaison dans les périodes
de formation cosmique ou géologique.
Dés éruptions, des explosions prodigieuses ;
de fabuleux torrents de forces précipitées, dont rien ne nous fournit plus l’image, dans l’état actuel de la nature, se déchatnérent alors, projetant les mondes dans l’espace, soulevant les masses des montagnes, creusant l’abîme des mers. Puis tout se tassa, s’équilibra ; les actions du
: Monde physique se contrebalancèrent les unes les autres. C’est ainsi que leurs manifestations prirent le cours régulier,
paisible et habituel que nous leur voyons.
Cependant ces phénomènes colossaux, d’où tout est sorti, avaient eu lieu con- formément aux lois universelles et invio-
lables de la mécanique et de la physique |
qui fonctionnent encore sous nos regards.
L'apparition et le développement du christianisme ont été, dans le monde moral . | 4 un fait de même sorte. Une crise a éclaté | dans laquelle des forces psychiques d’une Ë puissance inouïe ont soulevé l'humanité | et changé sa disposition. Elles ont bou- .
leversé tout son ancien ordre spirituel.
1 Et quand elles sont retombées, ayant fait | leur œuvre, l’humanité avait pris une « forme d’âme nouvelle ; elle s'était engagée w dans la route d’un destin nouveau. Ce ; qu’elle a été depuis est commandé par cet événement générateur, qui apparaît à dès lors comme le sommet de son histoire. “ La personnalité de Jésus, point de con-
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centration et foyer d'irradiation de ces forces subversives et créatrices dépasse …
le niveau du genre humain. Un idéal moral s’incarne en elle, qui a tout élevé
et au-dessus duquel rien jamais ne s’élévera. Il n’est pas descendu du ciel sur la
terre comme un être qui tomberait dans un milieu de nature tout à fait hétérogène à la sienne et sur lequel son action serait
peu intelligible. Il émane des profon- . deurs cachées que l’humanité porte en - elle et qui la mettent en contact avec le
divin.
Le christianisme est donc surnaturel :
au sens le plus strict du mot qui signifie, He
D non pas étranger a la nature, mais au-
. dessus de la nature. Dire que Renah ie a.
la divinité de Jésus-Christ » est vrai, au sens d’une certaine métaphysique.
… Mais il y a une autre métaphysique, qui - exclut le miracle particulier, sans limiter étroitement les possibilités internes de la nature, et au regard de laquelle l’exacti-
| tude de cette formule, qu'il s’est bien . .
gardé d'employer lui-même, est très contestable. C’est à cette métaphysique qu'il . faut s’en prendre quand on veut atta-
quer, que ce soit au point de vue de l’orthodoxie ou au point de vue de Voltaire, la Vie de Tésus.
di FREE D Le