‹ Renan, l'égoïsme intellectuelChapitre 8 sur 41 · LA CARRIÈRE · texte numérisé non relu

LA CARRIÈRE

Depuis 1848, sa nouvelle existence est orientée vers la recherche d'un certain ordre de vérités (notons cette nuance essentielle) qui la justifient, l'unifient et la remplissent. On peut dire, sans exagération, que jusqu'au dernier jour il a comblé les vides de sa foi. C'est ce qu'il appelle « une forte passion désintéressée » ou, avec encore moins d'exactitude, « une grande idée extérieure, impersonnelle, objective qui entraîne l'homme, fait sa vie sans lui et malgré lui. »

Dès qu'il eut quitté le séminaire, Renan a, en effet, embrassé une grande idée : la négation du surnaturel qui impliquait, pour lui singulièrement, l'acquisition de la vérité humaine et positive. Il avait cru. Il

voulut savoir et comprendre. Même il brûla de tout comprendre, parce que, ayant débuté par la croyance et l'ayant remplacée par la science, il attendit de l'une l'équivalent de l'autre. De là vient que sa manière d'envisager le vrai n'est pas inséparable de son individualité et ne sera jamais ni entièrement objective, ni moralement désintéressée. Et à mesure que l'ambition de son intelligence éprouvera des mécomptes, la personnalité cédera davantage à la tentation d'y suppléer de sa propre grâce. De là vient aussi son attachement au positivisme et sa ferveur idéaliste, et le choix qu'il fit de sciences qui ne sont pas absolument des sciences, sa curiosité érudite et sa passion du rêve, et enfin cette tendance, qu'il conserve de l'esprit catholique, à reporter au-delà de la vie actuelle le mot de l'énigme morale que ne donne point l'histoire et à chercher dans l'histoire la raison de l'univers que ne révèle pas la philosophie. Il fera donc de ses travaux deux parts, qui ne seront pas sans unité, puisqu'elles répondront à un désir toujours plus pressant de connaître au lieu de croire. Mais à mesure qu'il avancera dans son œuvre et qu'aux Origines du Christianisme succédera VHistoire du peuple d'Israël, aux Etudes d'Histoire religieuse s'ajouteront les Nouvelles Etudes, aux Fragments philosophiques les Dialogues, et aux Dialogues les Drames, sa personnalité s'interposera davantage entre le document ou la réalité et la rédaction. Non seulement il n'écrira plus pour une planète déserte, mais à vrai dire, il écrira pour lui, par rapport à lui, par réflexion à lui, pour le contentement de cet égoïsme insatisfait et qui a exigé des sciences conjecturales plus

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qu'elles ne contiennent. Alors il reviendra à ses souvenirs d'enfance. L'histoire ne lui servira plus guère que d'un cinématographe comme la philosophie. La foi de son jeune âge, il l'enviera et la remplacera par le dilettantisme, fruit de cette ironie qui marque peut-être moins la prise de possession des choses que l'incapacité de les posséder. La vérité est fuyante et incomplète. Et il fallait d'abord la considérer comme telle. En dépit de Fichte, elle ne saurait être ni individuelle, ni subjective : c'est la foi qui est tout cela. 11 n'y a point de science du particulier, disait Arislote. Plus la science de Renan sera personnelle', moins elle sera scientifique.

A la recherche de la vérité vitale, il n'a pas recueilli d'un cœur pitoyable tous les soupirs de l'humanité ; mais il en a traversé tous les états d'esprit. Il a suivi les efforts de la raison, analysé les instincts religieux. Pour y réussir, il ne fallait rien de moins que l'opiniâtreté consciencieuse du philologue. C'est le travail d'érudition qui l'a préservé de l'anticléricalisme tapageur. Il a de bonne heure compris la tranquille assiette sur laquelle se fonde une telle vie, oîi la curiosité toujours en éveil goûte des joies toujours nouvelles. « Quelle vie charmante que celle des philologues, quand ils savent comprendre lenr bonheur et ne l'échangent pas contre les décevantes jouissances de l'ambition ! Déchargés du plus rude souci qui soit imposé à l'homme ici-bas, celui d'avoir une opinion sur les choses divines et humaines, ils jouent dans ce monde le plus commode des rôles, celui de spectateurs. Étrangers aux passions de secte ou de parti, ouverts à

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la vérité, de quelque part qu'elle vienne, ils voient tout aboutir à leur tribunal, et eux-mêmes ne relèvent de personne. » Ce bonheur assuré et un peu hautain convenait à cet Hermann, dont il nous trace le portrait dans l'Avenir de la Science sous un anagramme germanisé : rare produit de séminaire catholique et d'université allemande, cerveau façonné à Saint-Nicolas du Ghardonnet, mais repétri à Gœttingue et Heidelberg. Heidelberg et Gœttingue l'ont d'abord emporté. Ce qui demeure intangible en lui, c'est le philologue. De tout ce qu'il a fait, il préférait à la fin le Corpus inscriptionum Semiticarum. Cette note hâtivement jetée sur une des feuilles volantes où il consignait ses pensées fugitives, est à la fois un programme et une inquiétude.

Sans cette moitié de lui-même, que de hasards plus grands encore n'eût pas courus l'autre I Non-seulement elle lui a épargné des erreurs de direction, mais elle a mis jusqu'au bout dans son altitude une dignité que peut-être certains écrits, oii il se familiarisait avec le public, n'eussent pas suffi à soutenir. Une circonstance même s'est produite, oii l'esprit scientifique qui l'avait préservé d'être un polémiste défroqué, l'éleva au-dessus de lui-même. Ce fut lors de cette atfaire qui suivit sa première leçon au Collège de France (27 février 1862) et qui aboutit, après deux ans, à sa destitution (11 juin 1864). Le philologue éclaircit d'un geste ce que le positiviste mystique avait embrouillé de son vocabulaire équivoque. Pecunia tua tecum sit / est une noble réponse et que chacun entend, même un ministre d'Empire. Au contraire, la phrase incriminée :

l'homme même ^y

« Un homme incomparable, — si grand que, bien qu'ici tout doive être jugé au point de vue de la science positive, je ne voudrais pas contredire ceux qui, frappés du caractère exceptionnel de son œuvre, l'appellent Dieu, — ...» n'était que galimatias. Et cette rélicence a inspiré ce courage. Ou plutôt, le savant n'a consulté que la dignité de la science, de même que, dans sa lettre intitulée Explications à mes collègues, du plus haut de sa pensée, avec le pur langage de la raison, il en avait revendiqué la liberté. Non, il n'a point, ce jour-là, rapetissé son sujet.

Au reste, aucune recherche d'érudition ne le découragea, môme les plus humbles et minutieuses. Grammaire, grammaire comparée, épigraphie, mythologie, mythologie comparée, il embrassait toutes ces études avec une ardeur sans pareille. Et il était également capable de se passionner sur un détail, étant méthodique, exact, et surtout débrouillard. Un de ses jeunes amis, Victor Egger, part pour la Corse. Renan désiraii être renseigné sur une statue de Vénus qui y avait été récemment découverte. A peine arrivé, son correspondant, lui écrit une longue lettre sur celte question très confuse. Quelques jours après, il recevait du maître un billet où le point d'archéologie était élucidé.

Aux problèmes d'érudition il apportait une intraitable sincérité. Pendant une séance de 1 Académie des Inscriptions (dont il fut dès 1863), un de ses confrères faisait lecture d'un mémoire communiqué. 11 y était donné d'une inscription sémitique une interprétation qui ne satisfaisait pas Renan. Cet homme paisible, qui pratiquait comme une vertu la politesse des

mœurs, et dont le sourire absolvait volontiers les folies humaines, ne se contint plus. « Cela n'a pas le sens commun! » dit-il à voix haute. Et il fournit une autre explication de ce texte épigraphique. Cependant la lecture se poursuivait; et Renan la ponctuait à différentes reprises par le même jugement prononcé avec une vivacité^ croissante : « Gela n'a pas le sens commun ! » Cette insistance ne fut pas du goût de tous ses confrères. Il fallut que le président relevât cette infraction aux usages et à la bienséance (l'auteur d'une communication à rinstilut n'étantpas admis à discussion), pour que ce philologue de mine paterne consentît à ne pas persévérer dans son incivilité.

Son entêtement, au surplus, lui était ici une qualité précieuse ; et de même qu'à Rome on appelait Pigalle, le bon Pigalie, le mulet de la sculpture, on eiàt pu, sans irrévérence, nommer Renan dans les diverses compagnies ou publications qu'il alimentait de son obstiné labeur, le mulet de l'érudition. Lui niort, le secrétaire de la société asiatique, J.Darmesteter, met ses confrères sous la protection de sa grande ombre, et, paraphrasant l'Écriture, espère que celui qui les a quittés, restera en esprit avec eux. Cet éloge philologique faisait la meilleure oraison funèbre.

Mais l'histoire, qui s'appuie de la philologie, la dépasse. C'est une élude que Renan tenait pour aristocratique, et qui, dans l'état actuel de la science, laisse une part à l'intervention personnelle, puisque de toutes les restitutions du passé qu'elle entreprend, la conjecture et l'intuition deviennent fatalement les principales ouvrières. Elles bâtissent sur des ruines

avec des débris ; elles tracent les avenues d'une vérité relative et lointaine. Mais plus l'archilecle est doué d'individualité, plus aussi Ton peut dire que, sur ces .fragments de colonnes pensant élever un temple à la vérité, il dresse un édifice à son Moi. L'intelligence de Renan était beaucoup trop subtile pour ne s'en point aviser bientôt, et toujours davantage à mesure qu'il avançait son œuvre. Les origines l'attiraient, plus que les périodes historiques, notamment à cause que la divination y est plus nécessaire et la possibilité plus malléable. Il écrit déjà dans les Apôtres : «. En dehors des sciences positives, d'une certitude en quelque sorte matérielle, toute opinion n'est à nos yeux qu'un à peu près, impliquant une part de vérité et une part d'erreur. La part d'erreur peut être aussi petite qu'on voudra; elle ne se réduit jamais à zéro, quand il s'agit de choses morales, impliquant une question d'art, de langage, de forraelittéraire, de personnes... » (381) Etil ajoutait dans les Evangiles : « L'habileté suprême dans les œuvres de conciliation est à la fois de nier et d'affirmer... » (210)

La vérité historique se dérobait. Si Renan avait su ignorer, dans son avidité de comprendre, il se fût d'abord contenté de tenir la méthode historique pour exacte, et les résultats pour ce qu'ils peuvent être. Il n'aurait pas débuté par attendre de l'histoire la vérité adéquate, puisque le point de vue oii elle se place est celui du relatif. Mais il ne soulfrait point de manques dans la trame de son intelligence. Et puis, il n'a pas retrouvé l'ivresse des fêtes mystiques données à son cerveau par le Dieu de son enfance. La seule Vie de Jésus lui avait rendu quelques-unes des joies que son

Moi d'enfant éprouvait à communier pleinement avec le divin. Mais la critique, malgré toutes les effusions de lui-même qu'il y avait mises, ne connaît pas les extases. Ni Saint Paul n'avait renouvelé les heures délicieuses, ni non plus les Apôtres^ où, troublé par la grande affirmation de femme : « 11 est ressuscité 1 » il s'emporte à son tour contre la faculté souveraine de la science et s'écrie : « Loin d'ici, raison impuissante! » François d'Assise pourra le toucher encore. Mais quelque charme que dégage cette douce sympathie qui s'étend sur toute la nature, le fondateur de la Portioncule, au regard d'un esprit critique, est vraiment un peu simple. En sorte qu'aux approches de 1870, l'histoire commençait à laisser dans l'esprit de Renan des traces de désillusion, ou ne le contentait plus entièrement. Le passé était à la fois trop court et trop incertain. Dans le présent, il attendait Jésus de l'Allemagne : ce fut Bismarck qui vint.

Tout le rejetait vers le rêve. Aussi bien la philosophie fut-elle pour lui plus qu'une distraction et qu'un hors-d'œuvre. Après avoir déterminé son choix initial, comme il appert des Lettres intimes (« Mon esprit ne pouvait se contenter d'une chaire de physique ou autre semblable, même la plus brillante que je pusse espérer, dans une Faculté par exemple. Toute la vie n'est pas là, et que servira à l'homme d'avoir été savant dans la nature, s'il n'a élé savant dans lui-même et dans Dieu, s'il n'a élé philosophe ? ») — ces méditations lui étaient à la fois un besoin et un refuge. Elles le retiraient du profane.

Sa personnalité Imaginative, sa fantaisie religieuse y

trouvent une issue. Kant sans la critique de la raison, Hegel sans la logique, Rousseau sans la sensibilité seront accommodés à la manière positiviste, mais par un esprit amant du mystère. Ce n'est pas de la métaphysique, et c'en est, nonobstant tout, puisque bientôt on perd le contact de la réalité positive pour faire un bond dans l'infini. Dialogues philosophiques, certitudes, probabilités, rêves, et aussi Fragments philosophiques, ne sont que combinaisons de tête oii la science n'a point affaire. Voilà proprement ce « leurre aérien » dont parle Herder, ou, (si le mot vous choque,) une autre forme de la croyance individuelle, ou encore une façon de croire sans croyance précise ou aussi, selon une note des Nouveaux cahiers de Jeunesse, « c'est un individu qui, au lieu de prendre les mythes, dogmes concrets, etc. ,^ de telle ou telle religion, s'en fait à sa guise. » Et c'est bien pourquoi Renan s'y applique si fort dans la seconde partie de sa carrière. Et c'est enfin pourquoi Jésus et Dieu semblent parfois des étiquettes dont il masque le vague de ses aspirations. Tour à tour ils désignent l'esprit évangélique ou le souffle de vie répandu dans l'univers; mais entendez un souffle de mysticisme sans objet, un Jésus doué de l'esprit critique, exégélique et ironique, et, en un mot, la conscience de la conscience de l'univers, à la fois créé et créant, c'est-à-dire une personnalité infinie en pensée, nullement créatrice, mais inépuisable d'arrangements, de lectures et de souvenirs : Renan. Il combine et n'abandonne rien. On a plusieurs fois cité la scène du Journal des Concourt où il tient tête à ses amis et s'écrie : « Périsse la France, périsse la Patrie I II y a

au-dessus le royaume du Devoir, de la Raison. » Périsse la France pourvu que l'idéalisme critique subsiste, pourvu que le devenir et l'Être éternel, le royaume de la raison et le royaume de Dieu demeurent aménagés ensemble dans sa pensée hospitalière! Voilà l'homme même.

A partir de ce moment, il ne cessa de recevoir les démentis des faits, qui s'ajoutaient aux mécomptes de l'histoire. Aussi, lâchant de plus en plus la bride à sa personnalité, fit-il, à son usage, de l'histoire un savant plaisir et de la philosophie un drame- divers où les différents lobes de son cerveau ne se contentent plus de dialoguer, mais se donnent véritablement la comédie entre eux. Et des contraires hégéliens se dégage dans les Drames philosophiques comme dans V Antéchrist ou l'histoire d'Israël un scepticisme>supérieur, qui est le terme suprême de l'égoïsme intellectuel. L'intellectualisme ironique de Renan forme le dernier anneau de la chaîne dont le sensualisme ironique de Stendhal, élève des idéologues, avait été, au début du XIX* siècle, le premier chaînon.

L'un et l'autre, au surplus, ont cherché dans la beauté et dans une conception sensualiste de l'amour un asile pour leur scepticisme final. L'un rehausse la sensualité par le secours de l'imagination; l'autre dérive les élans de l'imagination au profit de l'entendement. Les idées de l'un se fondent en sensations rares; les fantaisies de l'autre se prolongent en idées peu communes ; et tous deux ne recherchent plus guère que le plaisir égoïste, l'un de sentir, l'autre de penser. Sectateurs de la joie, contre l'Église qui la

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poursuit de ses teneurs, ils ont Tair de se régler sut Id science et la nature, qui ne sont ni joyeuses ni tristes. Au fond, c'est le paravent de l'égoïsme. Pour s'assurer enfin dans cette attitude, Renan se retourne vers les admirations de sa jeunesse ; il revient au paganisme de Gœthe et à l'universel principe de l'amour. Mais ni l'amour ni l'art, admirables synthèses de la vie, les plus alFranchies de symboles et de formulaires, et qui rapprochent l'homme de la spontanéité créatrice, ne trouvent leur épanouissement dans la seule raison. Il ne suffit pas à la beauté d'être comprise, si le cœur n'y est de moitié. Aphrodite s'étonne et languit de la Prière sur l'Acropole. Athènè même n'en est point ravie.

Renan a eu la curiosité du vrai jusqu'à la fin. Mais, par une suite de son éducation cléricale, il ne s'y est pas livré tout entier; il n'a engagé dans cette partie que l'enjeu de son intelligence, et encore faisant quelques réserves mentales. Attaché à la vérité, il ne l'a pas aimée, non dilexit. Il ne l'a pas aimée pour ellemême, et hors de lui. Sans divorcer d'avec elle, son esprit n'a pas évité les bonnes fortunes, selon le mot de M. Emile Faguet. Aussi élait-il fatal qu'il penchât enfin, non à regretter sa vie, mais toutes ces combinaisons qui aboutissent à la philosophie de Gavroche.

Doué d'un courage méditatif et sédentaire, il ne trouvait que dans le dilettantisme le repos de son positivisme et de ses rêves. Ses préjugés de clerc lui faisaient redouter le contsrct de la pensée avec les hommes à l'égal d'une impureté. Après que le suffrage populaire lui eut fermé les portes de la Chambre et du

Sénat, il s'abstint de le briguer dans la suite plus aisément qu'il ne s'y était décidé, L'Académie française, mieux avisée, qui l'élut (1878) en remplacement de Claude Bernard, faisait, comme il arrive, un rapprochement piquant de deux sciences et de deux caractères.

Vers le soir de sa vie, il appliquait son ironie studieuse à l'entêtement du peuple d'Israël; il était moins curieux, à cette heure, de découvrir les lois de l'histoire que de contempler l'étrange développement d'une idée qui devait changer le monde. L'homme de 1848 s'était changé lui-même en un philosophe amusé des formules qu'il répétait par accoutumance. Sa raison, qui fonctionnait comme par réflexes, lui donnait encore bien du plaisir. Mais s'il était vrai, pourtant, que l'intelligence n'est pas le tout de l'homme, et qu'un sentiment d'amour ou de pitié, venu du cœur, fait autant pour l'humanité, même consciente, qu'une exégèse bien menée I

Il mourut le 2 octobre 1892, à l'âge de soixante-neuf ans, le sourire aux lèvres, plein de jours et d'oeuvres, ce qui est une belle façon de mourir, et, ce qui devait être la sienne, balançant entre le mot de la science positive : vérité et celui de l'Ecriture : vanité.

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