‹ Rencontres et entretiensChapitre 3 sur 13 · SURNOMS DONNÉS AUX ENFANTS · texte numérisé non relu

SURNOMS DONNÉS AUX ENFANTS

paradis : Voilà quatre voyages que je fais au (( City Hall » (Hôtel-de-Ville) , pour procurer la carte d'école au plus vieux de nos garçons gros et grand comme vous savez )) (en effet les garçons de l'ami Jules étaient des Hercules en herbe. Quoique âgés respectivement de quatorze et quinze ans, ils dépassaient de beaucoup la taille ordinaire des enfants de leur âge.)

« Leur père étant malade, ils pourraient travailler pour subvenir aux dépenses de la maison, ils ne veulent plus aller à l'école, ils ne veulent rien apprendre. Ils sont en un mot dégoûtés de l'étude. Les autres enfants de leur classe sont sans cesse à les taquiner, les nôtres sont donc en quelque sorte obligés d'endiu-er toutes ces contrariétés, vu qu'ils ne veulent se venger sur aucun enfant plus faible. » Puis s'adoucissant un peu elle continue:

Comme je vous le disais, voilà quatre voyages que je fais à l'Hôtel-de-ville, au bureau des commissaires d'école. Ces gens là sont sans pitié et abusent de notre bonne volonté. (( Et savez-vous la raison de tout ces dérangements qu'ils nous font subir ? une simple erreur de nom, voilà tout ! « Vous savez que dans la plupart de nos familles Canadiennes on a

l'habitude de donner des « petits noms » aux enfants. « Le plus vieux de nos garçons reçut au baptême le nom d'Adélard ; tout petit on l'appelait, Tilar ; et le nom de Tilar lui est resté. (( En arrivant ici il dut aller à l'école américaine comme vous savez. (( La maîtresse, une Irlandaise ne pouvant ou ne voulant pas écrire ces noms de Tilar ou Adélard, l'enregistra dans ses cahiers sous le nom de Lawrence. (( La première fois que j'allai à l'Hôtel-de- ville demander un permis de travail pour mon garçon, je le fis connaître sous le nom de Tilar. Puis il fallut une recommandation de la maîtresse qui le connaissait sous le nom de Lawrence.

(( L'employé au bureau, à la vue de ces deux noms manifesta sa surprise, alors il fallut faire venir le baptistère de l'enfant. « La troisième visite fut un voj^age blanc, le bureau des écoles étant fermé. (( Aujourd'hui pour la quatième fois j'arrive à l'Hôtel-de- ville, au bureau des commissaires d'école avec le baptistère qui contient cette fois le vrai nom du garçon, Adélard. « Adélard ! Tilar ! Lawrence ! les commissaires sont plus que jamais interloqués devant tous ces noms, et ne veulent rien entendre.

«ÎIl me faudra encore retrouver d'autres preuves de l'identité de mon garçon avant

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