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Il nous suffit maintenant de comparer le budget général de chaque département avec son budget spécial d'enseignement primaire pour voir la part de revenus qu'il consacre à cette branche si importante de la civilisation. Voici, classés d'après le pourcentage, quel est l'ordre des différents départements :
Bolivar 34,84 pour 100
Narino 30,71 -
Antioquia 29,77 —
Santander 28,55 —
Caldas 28,47 —
Norte de Santander . 28,15 —
Huila 26,91 —
Cauca 26,60 —
Valle 25,23 —
Tolima 20,90 —
Magdalena .... 20,08 —
Boyacà 17,69 —
Cundinamarca . . . 17,58 —
Atldntico 15,54 —
Les trois premiers départements de cette liste méritent d'être remarqués pour l'intérêt qu'ils témoignent à l'industrie publique.
En 1906, il a été établi, pour la première fois en Colombie, des écoles du soir ou d'adultes, destinées à l'instruction de la classe ouvrière ; elles étaient, à la fin de 1908, au nombre de 300 avec 40.000 élèves. Le programme d'enseignement comprend l'écriture, la lecture, l'histoire, la géographie, la religion, l'arithmé-
tique> le dessin et autres matières d'application pratique aux professions industrielles ^
Nous avons dit qu'en dehors des écoles primaires entretenues par les départements et les municipalités, il y avait d'autres écoles à la charge de la nation. Ce sont celles qui fonctionnent dans les territoires scolaires et celles que l'État, sans motif spécial, a prises à sa charge sous le nom d'écoles nationales. Nous reparlerons des premières à propos de l'instruction des tribus sauvages; quant aux autres, à part celle établie à Colorados sur la frontière du Venezuela, dans la région de San Faustino, elles ne devraient pas logiquement être à la charge de l'État. Au nombre de 14 sur 15, elles sont installées à Bogota, c'est-à-dire dans une ville où la municipalité mieux que partout ailleurs serait en état de les entretenir. Ces 15 écoles coûtent à la nation} 840 par mois ; selon l'avis de l'honorable ministre de l'Instruction publique, M. C. Cuervo Marquez*, il serait préférable d'employer ces fonds à la création d'une quarantaine d'écoles dans le Chocô et la péninsule du Goajira, ou dans les régions de Vichada, du Vaupes, du Caqueta et du Putumayo.
1. Jalhay, op. cil. Nous craignons que ce chiffre ne soit excessif, car d'après le ministre de l'Instruction publique il n'en a jamais fonctionné que 30 ou 40 à Bogota, ce qui permet difficilement d*en compter 300 pour toute la Colombie. Cette institution n*a malheureusement pas bien réussi. En 1912, à Bogota, il n'y avait plus que 10 écoles du soir et 899 élèves. Une de ces écoles a môme été affectée aux petits vagabonds qui couraient les rues pendant la nuit sans pain et sans gîte.
2. Memoria del ministro de Instrucciôn publica, op. cit., 1912.
Instruction publique secondaire. — L'instruction publique secondaire, conformément à la loi 39 de 1903, se divise en technique et en classique. La première comprend les notions de culture générale, les langues vivantes et les matières nécessaires pour suivre la carrière professionnelle. Elle se donne do préférence dans les instituts of&ciels, qu'ils soient subventionnés par des fonds nationaux, départementaux ou municipaux, ou dans des centres d'enseignement, qui, bien que de caractère privé, sont autorisés à décerner des titres et diplômes reconnus officiellement.
Les seuls instituts d'enseignement secondaire qui aient un caractère national sont : le Collège national de San-Bartolomé et l'École de commerce. Le Collège de San-Bartolomé, fondé en 1604, où près de 700 jeunes gens reçoivent l'instruction, est dirigé par les Pères Jésuites et fonctionne dans l'édifice national de San- Bartolomé. Les petits enfants y reçoivent gratuitement l'éducationS et il y a autant d'internes que le permet le local. Le gouvernement dispose de 38 bourses d'internat qu'il répartit entre les différents départements selon leur population. Ce collège ne coûte à la nation que l'usufruit du local. L'École nationale de commerce, où, en dehors de l'enseignement technique secondaire spécial du baccalauréat, se donne également l'en-
1. Le collège est payant pour tout le monde sauf les 38 boursiers, mais ce qui est gratuit, c'est la classe primaire pour les petits enfants de Bogotd où est installé cet établissement.
seignement commercial, est dirigé par un recteur et un groupe de professeurs, qui se consacrent complètement à la bonne marche de cet établissement où près de 600 jeunes gens reçoivent l'instruction. Il n'y a pas d'internat, ce qui fait grand défaut, en raison de l'affluence des jennes gens qui viennent de tous les points de la République chercher dans cet institut l'instruction commerciale. Les deux établissements d'ailleurs ont à l'heure actuelle des locaux qui ne sont plus en rapport avec le développement de l'instruction, et c'est par centaines qu'ils doivent refuser des élèves.
Dans le célèbre collège de Notre-Dame du Rosaire» fondé à BogoUi en 1652, on poursuit les études conduisant au baccalauréat, conformément aux dispositions du décret 229 du 28 février 1905. Il compte 330 élèves et peut décerner lui-même des diplômes de bachelier.
Les autres collèges oTiiciels^ où se donne l'enseignement secondaire, sont des collèges départementaux. Parmi eux il convient de citer, comme étant les plus importants, ceux de Boyacd à Tunja; de San Simon à Ibagué ; de Santa Librada à Gali et à Neiva ; de San Pedro Claver à Ducaramanga et à Gartagena ; de San José, à Pamplona et à San Gil ; de Pinillos à Mompôs, etCw
1. Us sont officiels eo ce sens que les diplômes qu'ils accordent sont reconnus par TÉtat, et qu'ils sont sous son contrôle direct, mais ils ne sont pas nationaux comme les deux premiers, parce qu*ils ne sont pas ou plus soutenus par la nation.
Tous ces vénérables établissements, dont beaucoup ont été fondés à Tépoque même de la création de la République, se sont maintenus avec honneur à travers les vicissitudes de la politique du pays, bien que les capitaux et rentes, dont ils étaient dotés autrefois, leur aient été supprimés.
Afin de faciliter à tous les jeunes gens de la République l'entrée aux facultés universitaires où se font des études professionnelles supérieures, le gouvernement reconnaît les diplômes de bachelier décernés par les collèges officiels, comme ceux dont nous venons de parler, ou par les établissements privés, quand ceux-ci possèdent un personnel approprié et règlent la marche de leurs études sur celle des collèges nationaux. Le programme de ces établissements comporte : l'espagnol, l'anglais, le français, le latin, la comptabilité, les mathématiques, la géographie universelle, la cosmographie, la physique, l'histoire générale et universelle, la rhétorique, la philosophie, la religion, le dessin, la musique, etc.
Le gouvernement s'efforce d'uniformiser l'enseignement secondaire officiel dans tout le pays, et, d'accord avec le Conseil universitaire, le ministre étudie actuellement les réformes nécessaires pour lui donner plus de solidité et en même temps le rendre plus pratique et plus efficace.
Voici, par départements, la statistique des établissements d'enseignement secondaire officiel et privé ainsi
que le nombre d'élèves de chaque établissement, relevée en 1912 « :