‹ René Roger: La Colombie économique. Avec un extrait du code minier colombienChapitre 26 sur 196 · Informe del ministro de obras pubUcas · texte numérisé non relu

Informe del ministro de obras pubUcas

ferrées colombiennes. Nous disons qu'elle serait forcément étrangère, parce qu'une Compagnie nationale aurait à payer aux capitaux empruntés une rente de 12 à 15 pour 100, ce qui représente l'intérêt minimum en usage dans le pays, rente qui serait à peu près égale au rendement net de l'entreprise, tandis qu'une Compagnie étrangère placerait ses titres dans son propre pays, à des capitalistes qui se contenteraient de 7 pour 100 maximum.

Dans cette alternative, le gouvernement a pris un moyen terme et a préparé un nouveau contrat avec la Compagnie concessionnaire, où il est dit que si la Compagnie n'a pas poussé la ligne jusqu'à Anguanf dans un délai déterminé ou a donné des préférences à certains chargeurs, son privilège sera limité aux portions de la voie construite et en exploitation. Le même contrat, dans son article 3967, oblige la Compagnie à charger dans le premier train qui passe les fruits et autres comestibles susceptibles de se détériorer et, dans son article 40, met à sa charge la valeur totale de la marchandise non transportée, en cas d'infraction à l'article précédent ^

1. La grande utilité des dispositions de ce contrat apparaîtra plua clairement quand on saura le scandale de presse qui a éclaté dans ces dernières années à propos du chemin de fer de Santa Marta. Cette Compagnie a été accusée de subir l'influence prépondérante de la Compagnie ûruitière {United Fruit Company)^ influence qui aurait occasionné la ruine d'innombrables agriculteurs colombiens de la région. Voulant avoir le monopole à tout prix, la Compagnie fruitière agissait de telle façon, dit-on, qu'en beaucoup de circonstances les bananes des particuliers n'étaient pas transportées si ceux-ci ne les

Ed janvier 1912, 98 kilomètres étaient construits et 100 en construction. Le trafic pour l'année 1911 a donné 170.047 voyageurs ayant rapporté { 65.355, et 136.287 tonnes de marchandises ayant produit} 433.743. Le produit brut a été de 513.937 et les frais de g 618.974. Pendant l'année 1912, il y a eu 180.252 voyageurs et 135.698 tonnes de marchandises; le produit brut y compris divers revenus de la Compagnie a été de I 509.716 et les frais de 395.392, laissant un produit net de g 114.324.

Le chemin de fer du Sud qui met en communication Bogota avec Soacha. Il a été racheté par l'État Colom-

Tendaient pas à la dite Compagnie à prix très réduit : prétextant tantôt une raison, tantôt une autre, les trains passaient, paralt-il, par les stations sans prendre les fruits appartenant à certaines personnes, ou négligeaient d'y passer pour ne pas se voir obligés à les prendre. Nous no sayons pas ce que peuvent avoir de fondé ces accusations, mais il est certain que la Compagnie fruitière étant le principal client du chemin de fer, la Compaâia de Santa Marta aura toujours des considérations particulières pour la Compagnie fruitière ; seulement cela ne doit pas être au détriment d'autres chargeurs.

La United Fruit Company, à la fin de 1912, a mis en demeure la Compagnie du chemin de fer de Santa Marta de ne transporter sur les embranchements lui appartenant, que les fruils provenant de son exploitation ou achetés par elle. A la suite d'un long échange de télégrammes entre la Compagnie de chemin de fer, la United Fruit Company et le ministre des Travaux publics, celui-ci a décidé le 2 juin 1913 que « la United Fruit Company était bien propriétaire de son embranchement dit Tablazo, mais que le chemin de fer de Santa Marta devrait effectuer les transports (par conséquent sans restriction aucune) sur tous les embranchements qui se raccordaient à la ligne principale et que si la United Fruit se croyait lésée, son recours était ouvert devant le pouvoir judiciaire. »

bien en verlu de la loi 73 du 13 novembre 1912 approuvant le contrat passé par le gouvernement avec The Colombian Southern Railway C^ L^ et la Compacta Colombiana del Ferrocaril del Sur. Ses voies sont raccordées aux lignes du Nord et de la Savane, et comme l'écartement (1 mètre) est le même pour les trois chemins de fer, il s'en suit un traQc assez important entre elles. Suivant les études de Tingénieur Enrique Morales, il sera possible de relier le chemin de fer du Sud à celui de Girardot^

Cette ligne a beaucoup d'importance, car la partie Sud de la Savane de Bogota est des plus fertiles : on y cultive notamment beaucoup de caféiers qui passent pour donner la meilleure qualité de toute la Colombie.

Le ministère des Travaux publics ' a commencé la construction de 9 kil. de ligne pour prolonger le chemin de fer jusqu'au saut de Tequendama, ce qui augmentera beaucoup les bénéfices de l'entreprise, avec les mêmes éléments qu'elle possède aujourd'hui. Cette branche du réseau desservira en effet, les mines de charbon les plus riches et de la meilleure qualité qui soient exploitées sur le territoire de Cundinamarca et transportera de nombreux touristes à la fameuse cataracte du rio Funza, une des merveilles de l'Amérique du Sud. Ensuite on prolongera la ligne jusqu'à Fusagasuga, station charmante où villégiature la société de

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