‹ Renoir et ses amisChapitre 41 sur 63 · BAIGNEUSE BLESSÉE · texte numérisé non relu

BAIGNEUSE BLESSÉE

cherchait dans les tableaux exposés les qualités ou les défauts que lui, M. Bertall, y aurait introduits, et ne les y trouvant pas, il dit du mal des Impressionnistes.

(( La Petite République française laisse éclore une petite critique assez anodine; elle dirait volontiers du bien de l'exposition, si des critiques influents n'en avaient pas dit du mal.

(( A côté des détracteurs viennent se placer quelques vaillantes sympathies. Nommons après V Homme libre et le Rappel^ le Petit Parisien et le Courrier de France, qui contient un article très juste et très littéraire de M. Flor O'Squarr.

(( Mais <3es sympathies, si précieuses et si importantes qu'elles soient, n'empêchent pas et ne cachent pas le ridicule dont se couvre en ce moment la presse parisienne.

(( Tous ces critiques, s'attelant à la suite du Figaro pour éclater d'un gros rire de figurants devant les œuvres les plus sérieuses et les plus estimables, présentent vraiment un spectacle écœurant.... ».

Nous étions indignés des attaques cruelles et injustes de la plupart des grands journaux, mais à aucun moment elles ne produisirent le moindre découragement chez ceux qu'on vilipendait.

Nous nous réunissions, presque tous les jours, rue Le Peletier, avec quelques amis fidèles, et nous nous réjouissions du succès de l'exposition, car, malgré les critiques, elle reçut jusqu'à la fin de nombreux visiteurs. Nous nous disions avec raison qu il n'était pas possible que, dans la foule défilant devant les toiles exposées, il ne se trouvât pas quelques amis inconnus qui nous soutiendraient. C'était beaucoup déjà, à notre avis, que de ne laisser personne indifférent.

Ces conjectures n'étaient pas fausses. Un revirement — à peine apparent d'abord — se produisait dans l'opinion en faveur des Impressionnistes ou, du moins, à l'égard de quelques-uns d'entre eux.

L'exposition de la rue Le Peletier était fermée depuis déjà longtemps, lorsque Arsène Houssaye me demanda de lui donner pour l'Artiste^ qu'il dirigeait, quelques notes sur les tableaux qui y avaient figuré, en

me priant de ne parler ni de Pissaro ni de Cézanne, pour ne pas effaroucher les lecteurs de la revue.

Sous ce titre : les intransigeants et les impressionnistes : Souvenirs du Salon libre de i877^ ces notes parurent dans le numéro de novembre 1877. Renoir y tient la plus grande place, mais Degas, Monet, Sisley, Berthe Morisot et Gaillebottey figurent assez amplement. C'était déjà beaucoup que de pouvoir écrire, sur des peintres à qui Ton déniait toute valeur, quelques pages sympathiques dans un recueil consacré à Vhistoire de l'art contemporain.

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