‹ Renoir et ses amisChapitre 57 sur 63 · JJ · texte numérisé non relu

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une expérience, il avait fait construire un four au fond du jardin. Il se livrait, dans les derniers temps de sa vie, à des essais que les circonstances interrompirent, mais qui ont été repris suivant la conception paternelle, par Jean et Claude Renoir. Ce qui le séduisait particulièrement c^était l'idée de faire revivre la décoration, à la main, des objets usuels en faïence : assiettes, tasses, pots, etc. Les grès, que quelques céramistes avaient réussi à mettre à la mode, ne le satisfaisaient pas. Le grès est une matière triste, dont l'emploi est, en outre, limité à des objets généralement inutiles ou d'un usage restreint. Ce que Renoir voulait rénover, c'était, le service de table en faïence peinte, c'était, en un mot, la tradition industrielle des vieilles fabriques françaises. Il pensait qu'on pouvait, pour un prix relativement modique, produire de jolies choses, qui remplaceraient les affreux modèles, imprimés ou prétentieusement décorés, qu'on fabrique à peu près exclusivement de nos jours.

Ainsi l'activité de Renoir n'était pas ralentie par l'âge et la souffrance. Sous le climat favorable du Midi, dans l'admirable décor qui apporte le repos à l'esprit par son calme et sa puissante harmonie, il oubliait la vieillesse, ses tourments s'apaisaient. Le Temps semblait s'arrêter à la barrière de ce jardin fleuri d'orangers et de roses, comme» devait l'être, sans doute, celui d'un artiste athénien au temps de Périclès. Et peut-être, en ses heures de rêverie, Renoir le peuplait-il des figures des grands maîtres d'autrefois, toujours vivants pour lui.

Baigneuse.

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