III
rien de remarquable ; la distance de Philadelphie est de ié milles allemands, c’eft-à dire, de 72.
En partant de Hamburg, commence le paysage des montagnes , et il continue pendant soixante milles jusqu’à Sunbury ; c’est une alternative de montagnes et de vallées *, les premières couvertes jusqu’au sommet d’arbres et de verdure , de chênes , de pins, de hêtres, de noyers blancs ( 1 ) , etc. Les vallées, coupées de larges ruisseaux , qui coulent au pied des montagnes et reparoissent çà et là , au milieu des forêts qui couvrent leurs bords. De distance en distance, (par exemple tous les trois ou quatre milles , ) des maisons ruftiques, des moulins, des plantations, donnent plus d’effet à la grande masse sauvage des forêts et forment ensemble une scène plus pittoresque que tout ce que j’ai vu jusqu’ici. Les chemins , quoique inférieurs aux grandes routes d’Angleterre , sont cependant beaucoup meilleurs que je ne l’aurois cru et se perfec donnent tous les jours. Les pierres dont les montagnes sont composées , sont, en général, d’une nature argilleuse et indiquent en plusieurs endroits des apparences de fer.
Il y a c nq a berges entre Hamburg et Sunbury,
(1) C’est Je ho d’ Iliccory dont il a été question
j dns haut. ( N. du T. )
mais toutes fort médiocres, et en général on n*esf pas fort bien traité pendant ce voyage de soixante milles (i)„ ^
Quoique les masses de bois soient belles et grandes , les arbres en particulier ne répondirent pas à l’idée que j’en avois conçue. Je ne me souviens pas d’en avoir vu un seul, entre Sunbury et Philadelphie , qui eût 18 pouces de diamètre. A la vérité, ils sont si serrés et croissent à une telle hauteur , qu’on ne peut guères attendre qu’ils deviennent fort gros ; mais ils ne peuvent aufli paroître que foibles et grêles , à un anglois accoutumé aux forêts et aux parcs de son pays. Il est cependant impossible de faire cette partie du voyage , sans être frappé des sites romantiques et pittoresques qui se succèdent sans interruption , et surpassent, par leur nombre et leur diversité, tout ce que je me souviens d’avoir vu en Angleterre.
Sur cette route , jusqu’à 120 milles de Philadelphie, le coup-d’œil des eaux ( excepté parci par-là la vue du SkuilkyJl',) se borne à des ruisseaux et à des criques , qu’à la vérité on appelleroit des rivières chez vous. Mais à cette distance , vous découvrez à trois ou quatre milles
(1) De Philadelphie à lîamburg les auberges sont très-bonnes.
îe Susquehantiah , rivière large d’un demi-mille ; coulant aux pieds de montagnes escarpées , a travers une vallée fertile , agréable et variée , et qui , dans cette partie , n’a guères plus de trois mille* de largeur. A la distance de quatre milles, vous découvrez la ville de Sunbury , et sur le côté opposé de la rivière, environ deux milles plus loin, Northumberland. Ces deux villes ont à - peuprès deux ou trois cents maisons chacune, et sont délicieusement situées auprès du Susquehannah. Les maisons sont construites en partie de troncs d’arbres , et en partie en bois de charpente. Elles ont un ou deux étages, des fenêtres à châssis et vitrées. Quelques - unes sont peintes en dehors; et au-dehors comme au-dedans , la propreté règne; elles ne manquent ni de commodités ni d’agrémens.
Une maison bâtie de troncs d arbres , ayant quatre chambres de plein-pied , de 1 2 pieds quartés chacune , et un étage, finie intérieurement , simplement boisée., les portes à panneaux garnies de leurs serrures , les fenêtres vitrees , etc. coûte ainsi achevée 2'jO livres. (Rappeliez-vous que je m’exprime toujours en argent courant. ) Les maisons faites de troncs d’arbres, dontl idee seule ' répugne si fort à un anglois , sont aussi propres et aussi commodes que les maisons de pierres et de briques dè votre pays. On les construit en
plaçant des troncs trâversalèmerït , Fun sur les extrémités de deux autres , qui sont entaillées pour le recevoir ; on plâtre les intervalles et souvent on boise en dehors et en dedans. Si on place les troncs sur une maçonnerie élevée d’un pied au-dessus du terrein , pour qu’ils ’ soient moins exposés aux alternatives de l’humidité et du froid, ils dureront fort bien un demi-siècle et même plus.
Le sol , aux environs de Sur.bury et de Northumberland, (dont je parle en même temps, parce qu’ils 11e sont séparés que par la rivière , ) est une terre grasse mêlée de sable , qui auprès de la rivière a plusieurs pieds d’éj^isseur , et qui paroît favorable à la plupart des genres de végétation. Les productions ici , comme dans presque toutes les autres parties de la Pensylvanie , sont le maïs , le froment , l’avoine , le seigle , le 'sarrazin, les pommes de terre et un peu d’orge.
1 Lorsque j’étois dans le pays, le froment valoit ç sb. le boisseau; l’avoine, 2 sh. 6 d. et 3 sh. ; le seigle, 4 sb. 6 d. ; le maïs , 4 sh. 6 d. ; le sarrasin, 2 sh. 6 d, ; les pommes de terre pendant le printemps, de 3 sb. 6 d. à 5 sh. ; en automne 1 sh. 6 d. à 2 sb. 6 d. le boisseau. Le cidre a coûté cette anhée. 3 ou 4 dollars le baril ; l’année dernière, il étôit à 10 et à 12 sh. On n’a point ici de bière: Northùmberland avoit une brasserie il y a quelque
temps , mais elle est abandonnée» Pendant qu’elle travailloit , Yale s’y donnoit pour 4 dollars , et porter pour 3 1. le baril de 3 1 gallons. Les en ville, sont d’un demi-^t Uar ou de 3 sh. 9 d. par jour; à la campagne, 2 sh. 6 ch ou 3 sh nourriture. La boisson ordinaire est le ck wiskey mêlé avec de l’eau.
Le bœuf, 3 L- d. la livre ; le mouton le gibier, 2 \ à 4 d. Ces objets chers , ou des fermiers qui apportent de la en ville. Le Leur. e , à ncëî, 2 sh. la livre; deux dollars le baril, faute de commerce avec Philadelphie, à cause des fièvres.
Bois de chauffage ; le chêne , 4 corde; l’hiccory, 10 sh. Un acre rend de 20 à 30 boisseaux de froment. Un M. Grant, Sunbury, en a obtenu 60 par acre , une dont l’été fut sec. On a recueilli jusqu’à 60 70 boisseaux de maïs par acre , mais' les réco les plus ordinaires ne vont qu’à la moitié, terres nouvelles , et les terreins , riches et lpïer-r teux près de la rivière , sont trop forts pour le' froment , et veulent être d’abord ' àffoiblis 'par maïs , le lin et le tabac. Autrement le bled: pousse en herbe, excepté dans les étés extrêmement secs. Le froment et l’orge croissent mieux sur le sommet des collines, et même dans reins
Dans le voisinage immédiat de Sunbury , la terre se vend de 25 à 30 liv. l’acre. Un emplacement pour bâtir , d’un demi-acre ou d’un quart , se vend cent deux cents dollars , à N orthumberland et à Sunbury. A quelques milles de distance , le terrein non éclairci coûte de 30 à 40 sh. l’acre. Un terrein dont un quart est défriché , c’est-à-dire , dont on a coupé les arbres et déraciné le petit bois dans sa quatrième partie, et sur lequel se trouve une maison de troncs d’arbres et une grange , se vend à raison de 3 1. et 3 1. 10 sh. l’acre.
On prétend que le terrein sur lequel est à présent située la ville de Northumberland , fut mis en vente, il y a deux ans, par le propriétaire t pour 2000 liv. ; il en a refusé 10,000 liv. depuis^ Northumberland est à-peu-près aussi grand que- Sunbury.
Devant Sunbury , le Susquehannah peut avoir un demi - mille de large ; au bac placé de-: vant Northumberland , environ un mille plus haut , il paroit avoir trois quarts de mille. Quand nous le passâmes , le 1 7 décembre , les bateliers comptoient à - peu - près dix pieds de profondeur au milieu; les criques étoient alors basses. Le passage pour un homme à cheval coûte 16 d. La branche occidentale du Susquehannah, est à présent navigable pour des ba-
ieaux de dix tonneaux ^ jusqu'à i<jo milles audessus de Sunbury. Une personne qui avoir navigué sur un bateau de cet:e grandeur , chargé de provisions pour les arpenteurs de la partie occidentale de cet état , m’apprit qu’on s’étoit arrêté à Whetsone - quarry , aux fourches du Sinnamahoning, et qu’on auroit pu facilement aller quinze milles plus «oin. Ainsi temps n’est pas probablement fort éloigné , oii par le moyen d’une coupure à la crique de Tobie, on effectuera un transport par eau non interrompu , qui , à partir de Philadelphie et de Baltimore , traversera le continent entier de l’Amérique , par le Susquehannah , l’Ohio et le Mississipi. Consultez une carte de Pensylvanie et vous en serez aisément convaincu ( i ). La branche de l’Est •est aussi navigable ^ à-peu-près, jusqu’à la même distance de Sunbury, mais la navigation de cette partie est considérablement interrompue par les cataractes de Nanticope et de Nesc-opeck.
A Sunbury , située un peu plus bas que Northumberland , la rivière se déborda en 1784
( 1 ) On n’a presque qu’ n& seule bonne carte de quelque partie que ce soit de V Amérique. C’est celle de Pensylvanie par Howell on la trouve chez J. Philips , Georges-yard , Lombard Street. La carte qu’Adlum a donnée du même état , n’a pas encore été publiée ent Angleterre .
ou 178^ , et inonda tout le pays , jusqu’aux montagnes. Cependant , en général , elle ne s’élève pas à plus de onze pieds au dessus du niveau où je l’ai vue, et pas assez pour se déborder.
En descendant , la rivière est navigable depuis Sunbury , jusqu’à Middletown. Là se trouvent des cataractes , qui , hors le tems du flux, empêchent la navigation jusqu’à Baltimore. On exécute à présent un canal , pour parer à cet inconvénient. A Middleton , la crique de Swetara se décharge dans le Susquehannah. Un peu plus haut le Swetara reçoit le Quitipahilla , qui est navigable jusqu’assez près du Skuilkyll , pour permettre qu’on l’y joigne, par le moyen du canal de Libânon qu’on s’attend à voir achevé pendant l’été de 1794. Ce canal d’environ quatre milles de long , complétera la communication par eau du Susquehannah avec le Skuilkyll et Philadelphie. A présent les denrées destinées à l’intérieur de la Pensylvanie , sont amenées par terre de Philadelphie àMiddletown, et remontent ensuite par eau dans le reste du pays.
Les bateaux qui naviguent sur le Susquehannah , depuis Sunbury et les environs , portent, pour l’ordinaire , de cinq cents à huit cents boisseaux de froment , du poids net de 61 livres par boisseau. Le poids du marché est de 60 livres.'
Comme
Comme îe retour est fatiguant , chaque bateau â besoin de quatre ou six hommes. Un bateau de •iéoo boisseaux de froment a fait le voyage de. Penn’s Creek à Baltimore^ Les frais du transport des grains , de Sünbury à MiddîetoWn, sont de 3 1. pour cent boisseaux. Le voyage est de deux et de quatre jours. Middjé'tovrn est un bon marché pour les grains , parce qu’il s’y trouve un établissement de moulins considérable. Le transport par terre de Philadelphie à Middletown coûte un dollar ( 7 sh. 6 d. argent courant ) par quintal. On pourroit compîetter par une autre route la navigation du Susquebannah , à la mer, si les obstacles qu’offre la Chesapeak étoient détruits ^ mais une politique étroite et absurde qui Crée une jalousie de commerce et des oppolitions d’intérêt , entre Philadelphie et Baltimore,, semble s’opposer à présent à toute amélioration dans cette partie.
Il y a une route de poste et de voiture achevée, de Northumberland à Tyoga et de-là à Bathtown , dans le Genesée.
A douze milles ou environ de Sunbury, pas*saut par Northumberland, se trouve Mill-town, village de cinquante à soixante maisons, délicieusement situé , sur les bords de la rivière. Gomme il n’a été bâti que depuis peu, on ne îe trouve pas sur la carte de Pensylvanie de Ho-!
veîl. A deux milles plus loin , nous vîmes chez le major Piott, ( 1} chez .qui nous nous arrêtâmes, un étalon mis en vente, pour 80 1. C’est à-peu-près ce qu’on en auroit demandé en Angleterre, (c, a. d. un peu moins de 50I. ster- Üngs. ) Cet animal n’avoit d’ailleurs rien de remarquable , et je n’en parie que pour comparer les prix.
Le terrein dans ces environs vaut, un tiers éclairci , de 3 à 4 1. l’acre. Ce prix a doublé, dans, l’espace, de quatre ou cinq ans. L’habitation de Piott est à un mille , environ , de la riviere.
Nous vînmes de Philadelphie, jusqu’à vue de Sunbury, - sans voir un seul morceau de terrein qui eût l’apparence d’une grande fertilité , ni un seul arbre dont les dimensions eussent paru considérables à des anglois. Nous n'en apperçûmes aucun de 18 pouces de diamètre.
(ï) 7/ est très - commun , ' en Amérique , de trouver sur les routés dés auberges tenues par des capitaines , des majors et des colonels. Lorsqu'on fit, à la paix , une «fome dans Vannée Américaine , plusieurs officiers se nouant ne plus avoir de moyens de subsistance , eurènt refrurs à celui-là. Remarquons , en passant , qu aucun pure d'honnête industrie n'est regardé comme bas , dans cette terre du bon sens .
et le grand nombre étoit fort au-dessous. Ëil effet , ils sont si serrés dans les bois , ils s’ombragent tellement les uns les autres , que ten«? dant principalement à s’élever, pour chercher la^ lumière et le soleil, il n’est pas étonnant qu’ils ne parviennent pas à un grand diamètre. Mon attente fut trompée à cet égard. Environ à six milles de Northumberland, les arbres commencèrent à prendre un air de vigueur et à devenir d’une taille respectable J’ai entendu parler' de bois beaucoup plus considérables , qui doi* vent se trouver a la source des criques, telles que celles de Lycoming , Loyalsock , Muncy , etc. mais je n ai vu aucun arbre qui eût plus de deux pieds et demi de diamètre. Ils ont des dimensions beaucoup plus fortes dans les parties septentrionales de l’Amérique. Pendant que nous étions à Northumberland, il commença à tomber de la neige, dans cette partie du pays-; elle reste sur la terre pendant tout l’hiver. Les* routes sont un des objets dont la perfection est toujours la plus conteuse et la plus tardive. Ici la nature en a fait qui sont excellentes , et qui le sont constamment pendant la plus mauvaise saison. Le climat de la Pensylvanie est déli«r cieux pendant les mois d’octobre, de novembre et de décembre ; et dans cette partie élevée du pays , ou les vents variables de l’océan n’ont pa$
d'influence , les hivers sont généralement clairs et secs.
En partant de chez Piott, nous passâmes Muncy-Creek , et nous arrivâmes à l’auberge de ‘W'nitaker , située auprès du coude de la branche occidentale du Susquehannah. Le terrein auprès de Muncy-Creek » environ à deux milles de la ■rivière, se vend 40 sh. l’acre, non éclairci. Muncy-Creek n’est pas navigable. Elle remonte à trente ou quarante milles de la rivière. V/hitaker n’est que tenancier sur ses terres. Il défriche où il veut , sur les domaines du propriétaire { "Wallis ) et paye en rente annuelle le tiers des productions ; le terme est de sept ans. La maison appartient au propriétaire , le tenancier n’ayant fourni qué les frais de la construction. C’est lime maison faite de troncs d’arbres, de 36 pieds sur vingt- ; elle a un étage , des fenêtres à châssis, ■négligemment finiès et les frais de sa- construction ont été de 50 1. Toutes les pièces de bois furent mises en place et fixées à demeure , dans un jour. A mesaire qu’on plaçoit une pièce, un homme Féntailloit à chaque extrémité, pendant qu’on en t en oit d’autres prêtes à être placées.
Dans les terres nouvelles, après avoir arraché le petit bois et ceinturé les grands arbres , çe qui se fait en leur enlevant l’écorce en cercle
autour du troue, opération qui empêche les feuilles de repousser, la saison suivante, il laboure environ à deux pouces et demi de profondeur, puis en travers; ensuite il sème et passe la herse. Le produit commun de ses terres ne va pas au-delà de n boisseaux de froment par acre , ou de i 5 à 20 boisseaux d avoine. Ceci est ' étonnant pour un anglois. Le produit commun d’un acre légal ( statute acre) est, je crois, chez vous , d’au moins 20 boisseaux de froment.
A l’isle de Y/ight, lorsque j’y îelâchai , en r assaut de Londres en Amérique, ce pr; duit etoit au moins de 3 ’j boisseaux. Dans tout 1 état de Pensylvanie , on ne peut pas compter sur plus de dix eu .douze; il en est de même dans le Maryland. Cela vient peut-être de ce qu’011 néglige t;op les engrais dans ces pays, de cp qu’on fatigue les terres de récoltes successives çle grains, jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus en produire , et du peu de soin qu’on donne au labour. II faut considérer aussi que les tronçons des arbres que l’on n’arrache jamais, occupent beaucoup de terrein jusqu’à ce qu’ils soient pourris.
Mais, quoiqu’en Amérique on recueille moins de grain par acre qu’en Angleterre , on en recueille plus par homme. On y a de la terre en abondance *, on ne peut s’y procurer
que difficilement des travailleurs. Chez vous' c est tout Le contraire. Delà vient que tagCulture est si soignée en Angleterre et si négligée en Amérique.
Prix des denrées dans l’endroit dont nous parlons. Le froment , 5 sh. 6 d. Le maïs 4 sh. 6 d. Le seigle 4 sh. 6 d. La laine 1 sh. la livre.
Toutes les terres le long delà rivière depuis Muncg-Creek , jusqu’à la crique de Loyaisock , a un mille et demi de distance, appartiennent a un Mr. Walis. Elles contiennent à-peu-près 7000 acres ; il en cultive lui-même de 300 à 500 , le reste est presque tout en friches. Le total est estimé de 3 1. à 3 1. 10 sh. l’acre. J’ai oui dire qu'il avoit refusé de ce terrein 40,000 I. y compris sa ferme avec les bâtimens , etc.
Etant partis de chez Whitaker, pour Loyaisock qui n’en est qu’à 6 milles , la neige nous empêcha daller plus loin. Nous nous arrêtâmes donc quelques jours dans les environs, nous occupant a faire des recherches. Pendant cet interval’e , line ferme ( en Amérique, le terme est plantation ) touchant à la crique de^Lycoming ( 1 ) et à îa rivière , et dont le terrein étoit au tiers éclairci
( f ) C'est la crique au-dessus de Loyaisock t à l'ouest } dU ri est pas navigable
(c. a. d. îe petit bois arrache et les arbres coupés,) fut vendue à l’enchère, à raison de 5§ sh. l’acre, ce qui fut regardé comme un bon marché pour l’acquéreur. Il se trouvoit: sur cet e plantation , une maison de troncs d’arbres et une grange, m?ns de si peu de conséquence, qu’elles ne pouvoient rien ajouter à la valeur du fonds. On nous dit que le terrein éclair ci , situé près de la rivière et touchant à la crique de Loyalsock, ( i ) valoit de 6 L à 7 1. io sh. l’acre, quand on l’achetoit payable à différens termes , ce qui est la manière ordinaire d’acquérir. Mais , quoique celui qui achète ainsi à termes , paye 1 intérêt à 6 pour cent de l’argent qu’il ne débourse pas- aussitôt , les terres se vendent cependant plus -cher de cette manière , parce qu’elle donne à l’acquéreur la facilité de tirer un bien meilleur intérêt de son argent comptant , en l’employant à des aîné- liorations , ou à de nouveaux achats.
Pendant notre séjour dans ces environs et à Sunbury, on voulut nous vendre 200,000 acres près de Toby-Creek^ mais nous les refusâmes parce qu’il n’y avoit de communication avec
( 1 ) Des bateaux de dix tonneaux peuvent remonter la crique de Loyalsock à 10 et yO milles.
l’océan que par l’Ohio. Ce terrein a été vendu depuis 6 sh. l’acre. On nous demanda 25 sh. l’acre d’un terrein de 12,000, dans la vallée de Bald-Eagle , sur la rive occidentale du Susquehannah , à un mille ou deux d’une forge. On prétendoit qu’il contenoit du fer ( 1 ). Les acquéreurs de petites fermes , dans cette partie , payent ordinairement le terrein non éclairci 30 sh. l’acre. Dans la vallée de Bald-Eagle, dans celles des Bufles , de Penn , de Népanose, le terrein passe pour être de la première qualité , ce qui attire dans ces parties un grand nombre de colons, qui^ abandonnent celles de la Pensylvanie qui sont plus méridionales et plus chères.
Lorsqu’un colon de cette classe , qui se te* tire dans l’intérieur, s’établit sur un terrein, qu’il achète ordinairement payable à différens termes, son premier soin est de couper quelques arbres pour construire sa maison. Un homme peut couperet ébrancher, dans un jour, vingt ou trente arbres d’une taille, propre à cet
( 1 ) Le minéral s'y trouve , dit-on , par nodules , dans des lits d'argille , quoiqu'en général la eouche inférieure soit de nature calcaire. On me dit , à Sunbury , que ce minerai se coule sans avoir besoin de mélange et que tous U objets de fer coulé s' obtiennent à la première fusion, il y 4 une forge dans la vallée de Penn .
objet. Ils forment les murs de l’édifice. Six hommes peuvent, en général, finir aisément dans trois ou quatre jours les cabanes de troncs de cette espèce. Une dépense de main-d’œuvre de dix guinées , employée de cette manière, suffira pour loger une famille , tout aussi bien que dans les meilleures chaumières d’Angleterre.
Le colon procède ensuite à déraciner les petits arbres, les rejettons, les taillis, que l’on brûle sur la place. On peut faire un accord pour ce travail, à raison de- 20 sh. par acre. Whitaker calculoit qu’il lui en coûtoit ordinairement cinq journées de travail d’un homme à qui il donnoit 3 sh. par jour, vu que l’ouvrage est très- pénible , lui fournissant d’ailleurs des vivres et un verre de v/iskey soir et matin. On concevra facilement que le prix d’un pareil travail doit varier suivant les circonstances. Dans les parties très-habitées et où les arbres ont deux et trois pieds de diamètre , comme aux sources des criques et dans les isles du Susquehannah , le taillis est plus rare, mais la dépense nécessaire pour faire éclaircir est beaucoup plus forte.
Après la première opération que nous venons d’indiquer, on coupe les arbres les plus voisins de la maison , et pour le moment , d’autres sont simplement cdnturés • On détruit , par ce