‹ Renseignemens sur l'AmériqueChapitre 42 sur 43 · Chapitre XV · texte numérisé non relu

Chapitre XV

Ce chapitre qui jait la conclusion est des * tiné à une récapitulation sommaire des prin cipa ux faits qui caractérisent le pe pie américain j ainsi que le pays et Le territoire qui lui a été assigne par les dispositions de la providence.

Ils ont proscrit ces principes par l’opération desquels les oppressions .et les contraintes religieuses , de toute espèce. ont été les fléaux des hommes ; et rejettant la simple tolérance y ils ont placé sur un pied commun d’égalité q toutes les églises , toutes les sectes > toutes les sociétés d’hommes religieux.

Us ont proscrit de la même manière ces principes , par l’opération desquels les oppressions civiles ont été exercées sur les hommes ; et ils ont fiait des progrès non encore surpassés a dans la pratique des principes de la liberté des gouyernemens.

Pendant que la fermentation des contentions, civiles et révolutionnaires agissoit encore sur leurs

esprits , au milieu de la chaleur des passions qui accompagne cet état de choses , ils ont , depuis peu , examiné avec une attention tranquille les imperfections de leurs établissemens nationaux et civils } ils ont réfléchi , avec toute la profondeur nécessaire , aux nombreux inconvéniens que ces imperfections avoient produits , et aux scènes imposantes dans lesquelles ils seroient probablement appellés à agir ou à jsouffrir „ si leurs constitutions civiles restoient imparfaites } et ils ont depuis donné à l’univers le spectacle nouveau et intéressant d’un peuple entier se rassemblant , pour ainsi dire , dans la plénitude de ses droits politiques et s'imposant le joug salutaire et nécessaire d’un gouvernement fondé sur t équité.

En deux occasions , séparées par quatre ans d’intervalle , une réputation personnelle , et les intérêts publics, ont produit une élection unanime et régulière du principal magistrat des Etats- Unis , - sans aucun effort , sans aucune mesure même la plus petite pour la concerter.

Pendant quatre ans , la seconde charge publique nationale et toutes celles du troisième rang, sont restées dans les mêmes mains ; et les changemens n’ont eu lieu dans les places plus subordinées , qu’en petit nombre,* et. pour cause de démission volontaire , ou de mort.

La dette publique est plus petite , eu égard a la richesse et à la population actuelle des Etats- Unis , que la dette publique d’aucune autre nation civilisée.

Les États - Unis ( y compris les opérations, des états particuliers, ) ont amorti une plus grande quantité proportionnelle de leur dette publique , peudant les dix dernières années , qu’aucune nation du monde.

Les dépenses du gouvernement sont beaucoup moindres , eu égard à la richesse et à la population , que chez aucune nation de l’Europe.

Il n’y a point d’impôt territorial parmi les ». revenus nationaux } aucune taxe intérieure ni accise sur les comestibles les boissons , les 4Tia~ tières de chauffage et d’éclairage , sur aucune manufacture nationale ou étrangère ., sur aucune production nationale ou étrangère ^ excepté un droit d’environ quatre deniers sterling , sur les liqueurs spiritueuses distillées dans le pays-. La plus grande partie des charges publiques est acquittée par un droit d’importation sur les marchandises étrangères , lequel étant remis j en cas d’exportation,, ne reste que sur ce qui est réellement employé dans le pays , et est , sous cet aspect , le plus modique du monde.

Le commerce a été encouragé , par la remise de tout droit d’importation sur les marchan-

dises étrangères , lorsqu’on les exporte ^ excepté seulement quelques objets d’une n.icu e pinticu-* libre et peu nombreux , que l’on ne desire pas de voir beaucoup importer , ni employer oans les Etats-Unis.

Une monnoie ( hôtel des monnoies ) na-^tiouale est établ e sons la conduite de David Ritr ténhouse , Flicmme du pays le plus habile dans la pratique des sciences et des arts. Il a été pourvu par une loi à ce que la pureté et la valeuç intrinsèque des monnoies d’argent fussent les' mêmes qu’en Etpagne ; et celles des monnoies d’or les mêmes que parmi les nations de l’Europe les plus rigides à cet égard. Le gouvernement; des Etats-Unis renonce au profit de Ja fabrication des mofcrit les ; renonciation politique et salutaire»

Les banques établies dans Jes différentes cités de( Philadelphie, New-Yck., Boston a Baltimore , Charlestown j Alexandrie &c. partagent à présent un profit de 7 \ à 8 b pour cent, par an , ( 1 ) qui se paye par semestres. L’intérêt de la dette des Etats-Unis se paye par trimestres s avec une ponctualité absolue et parfaite. Il n’y a point de taxes sur les propriétés placées dans les fonds et sur les banques.

( ? ) On pourrait dire plus , avec vérité •

La construction des vaisseaux a été plus active dans les Etats-Unis l’année 1792. j que dans aucune année précédente , depuis l’établis» sement du pays , et elle est plus grande cette année-ci ( 1795 ) que dernière. En général , l’art de construire les vaisseaux n’a jamais été aussi bien entendu , ni aussi bien pratiqué, et jamais on ne forma , dans les Etats-Unis , un aussi grand nombre de ces manufactures nécessaires , pour les agrès , les apparaux , 1 équipement et l’armement des vaisseaux.

La valeur des manufactures des Etats-Unis est certainement plus que le double de la valeur de leurs exportations de marchandises du pays.

La valeur des manufactures des Etats-Unis est beaucoup plus grande , que la valeur en gros oe tontes leurs importations , y compris la valeur des marchandises qui sont de nouveau exportées.

Les manufactures des Etats-Unis fournissent en général des articles d’aisance , d’utilité et de nécessité. Les articles de luxe , d’élégance et d’ostentation ne sont point manufacturés en Amérique , à un petit nombre près.

Les manufactures des Etats-Unis ont augmenté très - rapidement depuis la guerre de la ^évolution , et particulièrement pendant les cinq dernières années. S 4

Des manufactures de ménage existent dans les maisons de presque tous les fermiers et planteurs j et chez une grande partie des habitans des villages et des villes. Cette pratique augmente , par les influences vivifiantes de l’intérêt parcicul.ee et de l’esprit public.

Les exportations des Etats-Unis ont augmenté l pendant les deux dernières années , d’environ quatorze pour cent. ( i J

Ces exportations sont composées ^ en grande partie , des comestibles les plus nécessaires à l’homme et aux animaux qui travaillent pour lui , et en matières premières pour les manufactures de futilité et de la consommation la plus générale.

Il n’y a point de droits sür l’exportation des productions de la terre , et de tels droits ne peuvent être imposés sur aucune marchandise exportée : 1 exportation des denrées peur être suspendue ou prohibée.

Les productions de la terre et toutes les autres marchandises , peuvent être librement exportées sur les vaisseaux et navires de toutes les nations ( non ennemies ) sans distinction.

( i ) Dans les trois dernieres années elles ont augmenté de dix-huit millions et un quart à vingt-six millions de dollars. jo septembre 1753,

1^8 exportations des Etats-Unis forment cinq fois le montant des taxes nationales et des droits, (x)

Le montant du fret extérieur des vaisseaux et navires des Etats-Unis , est probablement égal à présent a toutes les taxes et droits nationaux. Le fret intérieur est considérable. Le gain des bâtimens pêcheurs , au lieu de fret , est aussi considérable.

Les frets du cabotage sont d’une plus grande valeur que -les deux derniers.

Tons les vaisseaux et navires partent des Etats- Unis pleinement chargés , excepté une partie de ceux qui vont aux Indes orientales. -

Une grande quantité de bâtimens est employée au cabotage.

Une quantité considérable de bâtimens est employée à la pêche de la baleine çt de la morue.

Les importations des Etats-Unis sont moindres en valeur que les exportations , déduction faite du fret extérieur de leurs propres vaisseaux ,

( dont le retour se fait en marchandises , ) du produit net de la vente de leurs vaisseaux aux étrangers , et des propriétés importées par les émigrans des pays étrangers.

Comme la très-grande quantité des importations que reçoit ^Amérique , consiste en objets

(i) Elles en forment presque le sextuple, 30 Stj>t, 17 ÿj.

( iɰ)

de manufactures , ( et en matières premières qu’elle-même peut produire , ) les Etats-Unis auront toujours les moyens les plus attrayans de diminuer le désavantage de la balance de leur commerce avec les pays étrangers ; les manufacturiers habiles et industrieux de l’Amérique trouveront dans leur pays même un débouché certain , et le propriétaire ainsi que le /fermier peuvent se promettre , sans crainte d’être trompés , une défaite toujours croissante de leurs denrées. (»)

Les importations des Etats-Unis n'ont pas augmenté à proportion de l'accroissement deieuc population et de leurs richesses. La raison en est qu'on a constamment introduit de nouvelles branches de manufactures 3 et quon a considérablement étendu les anciennes .

Les importations pour la consommation des Etats-Unis , sont composées d'objets de manufactures dans une proportion beaucoup moins grande qu’amrefois , et cela par Les deux causes déjà mentionnées.

Les importations des Etats-Unis ont presque cessé de comprendre certains articles de

(i) Témoin le prix constant de nos denrées pendant l'embargo ,

fournitures navales et militaires, ainsi qtte dautrès de l’utilité et de la consommation la plus grande et toujours par les deux mêmes causes . Une petite partie des importations des Etats-' Unis consiste en objets nécessaires 5 une grande partie en articles d’aisance et de commodité , et il s’y joint quelques objets de luxe : mais leurs exportations consistent principalement en objets de nécessité première , avec quelques articles d’utilité et d’agrément et quelques-uns de luxe. Voici un état des quantités de quelques - uns des principaux articles exportés des Etats-Unis , pendant une année , à finir au mois de Septembre 1792.

^,145,255 boisseaux de grains et légumes,

( principalement froment , maïs , eeigle , haricots et pois. )

44,752 chevaux , bêtes à corne , mulets, cochons et moutons.

1*3469,725 barrils de farines, biscuit et riz, réduisant les fûts de différente espece en barrils à farine.

54 £,969 barrils de goudron , poix , thérébentine et résine.

116,805 barrils de boeuf , porc , mouton, saucisses , huitres , tripes , etc. réduisant les fûts de différente espèce çr barrils à bmuf et à porc,

13I>77^ barrils de poisson sec et salé, les réduisant en barrils des mêmes dimensions.

1 1 5 gallons de liqueurs spiritueuses et distillées dans les Etats-Unis.

7,823 tonneaux pesant 12 quintaux et 14 livres de potasse et de cendre calcinées, ( pearl ashes. )

112,428 boucauds ( Hogsheads ) de tabac.

60,646,861 pieds de planches , ais , ect.

1 9>3 9li tonneaux de bois de charpente , ( timber. )

*8,374 pièces de charpente , ( timber . ) 1,080 genoux de vaisseau en cèdre et en chêne.

7 ^69 3 ,8 63 bardeaux.

3 1, 7^0, 702 douvelies et cerceaux.

1 9 1 charpentes de maison.

73,318 avirons, bancs de rameurs et ans^ pecs.

48,86^0 barrils ( shook or knock - down casks. )

5 3 8 1 muids ( hogsheads ) de graine de

lin. (1) -

(1) Les exportations de Cannée dont on vient de voir une partie , montoient a ii,o<5o,ooo de dollars , mais les exportations de l'année suivante , (finissant au 3$

En général les importations des Etats-Unis y parviennent aujourdhui directement et sans detour des pays qui les produisent ou les manufacturent , tels que la Chine , l’Inde proprement dite , les ïsles de France et de Bourbon , le Cap de Bonne -Espérance , les établissemens méridionaux de l’Amérique et les Indes occidentales , les Isles à vin , ( sans doute les Canaries et Madeire , ) les pays situés sur la Méditerranée et la Baltique , la Grande-Bretagne et l’Irlande, la France , les Pays-Bas et l’Allemagne * l’Espagne et le Portugal.

Il suffirait de la moitié , et même de moins de la moitié , des vaisseaux et navires apparténans aux Etats-Unis , pour le transport de tous les objets qu’ils importent ou consomment.

Les citoyens des Etats-Unis peuvent avoir légalement un intérêt dans une branche quelconque de commerce étranger , soit quon le fasse des Etats-Unis , ou de tout autre pays. ( i )

Leur commerce est varié et prospère ; ils importent pour leur propre consommation } ils

Septembre 179 3 ) mont oient a j,oco,o®o de plus , étant de 16,0 00,000 de Dollars . Les comestibles et les matières premières ont considérablement augmente. En farine seule , il y*eut 1,013,000 barrils d‘ embarqués.

(1) Excepté le commerce, des esclaves . Mars 1794.

ont ensuite le commerce cl exportation , le ca-«

# botage , le commerce intérieur , celui des Indes , les manufactures , la construction , les pêcheries , la banque et les assurances des maisons , des cargaisons et des vaisseaux. Il n y a aucune i .branche de commerce étranger ou domestique , ‘dans lequel chaque district * chaque ville d chaque port , chaque individu n’ait le même droit à s’intéresser. L’intérêt légal de l’argent est de six pour cent par an dans la plupart des états ; dans quelques-uns il est de sept pour cent : dans un seul , de cinq pour cent.

Les capitaines et les autres officiers des vaisseaux américains , sont regardés comme habiles et judicieux : cette opinion , jointe à la bonté de leurs vaisseaux et de leur armement , fait que ces vaisseaux sont assurés en Europe aux conditions les plus favorables, en comparaison des risques de ce genre que l’on court à bord des vaisseaux des autres -nations.

Les différens états de l’Amérique , a une petite exception près , ont tous aboli le commerce des esclaves , et même dans quelque cas, l’esclavage actuel des nègres. Dans d’autres „ ils ont pris des mesures pour son abolition certaine , mais graduelle. L’importation des esclaves a cessé , et ne peut recommencer de manière à interrompre ,1e repos de l’Afrique ,

ou à mettre en danger la tranquillité des Etats- Unis. Dans un cas d’une aussi grande importance > on a mieux aimé employer avec persévérance des alternatives efficaces , que d appliquer immédiatement des remèdes violeris.

Les habits , les livres , les meubles que les émigrans apportent en Amérique , sont exempts de tous droits , ainsi que les instrument et les outils de leurs professions ou de leurs métiers ; et ils peuvent , dès le jour de leur arrivée , entreprendre le commerce et les manufactures , exercer ragriculmre ou les métiers , sur le même pied que les citoyens nés dans le pays.

Les étrangers et leurs propriétés dans les Etats-Unis ne sont pas soumis à des impositions différentes ni plus fortes que les citoyens nés dans le pays , et leurs propriétés.

Toute juridiction étrangère , en matières ecclésiastiques , est incompatible avec les loix et les constitutions des Etats-Unis.

Presque toutes les églises chrétiennes connues existent dans les Etats-Unis , comme aussi l’église hébraïque. Il ny a pas eu une seule dispute entre deux sectes ou deux églises , depuis la révolution. Il n’y a point de dixmes. Les frais de mariages et d’enterremens , des terres attachées aux places des ministres , des rentes territoriales , des capitaux placés a in-

( ifé )

térêt et des contributions volontaires , sont les principaux moyens qui entretiennent le clergé. Plusieurs membres de ce corps professent et enseignent dans les universités , les collèges , les académies, les écoles j fonctions intéressantes, auxquelles des ministres pieux et savans sont regardés comme particulièrement propres. Dans 1^ églises épiscopales , presbytériennes ou indépendantes , il n’existe aucun traitement pour des ecclésiastiques d’un caractère plus élevé que celui de recteur ou de ministre de l’évan<dle * et il en est généralement de même dans les autres religions. II y a quelques ministres assistans , mais point de vicaires.

Les taxes pour l’entretien des pauvres sont très- peu considérables dans les Etats-Unis , à cause de la facilite avec laquelle tous les hommes , toutes les femmes et même les enfans assez âgés pour travailler au plus léger ouvrage , peuvent se procurer une existence honnête. Le pauvre , qui a de l’industrie , s’il y joint 1 économie et de la frugalité , peut souvent se mettre au-dessus du besoin , au bout de quelques années.

Les chevaux , les bestiaux et autres animaux importés pour en avoir la race , sont exemptés, par la loi , de tout droit d’importation.

Toutes

{ïCy)

‘Toutes les terres des Etats-Unis sont exemptes 'de dixmes.

Le prix moyen du loyer annuel d’un acre cîô terre , en Europe , est plus grand que le prix moyen de l’achat d’un âcre en Amérique ; eri comprenant dans l’estimation la valeur des Fer* mes américaines cultivées depuis long-tems , et Fa grande masse des terres incultes.

Les ordonnances et les réglemens militaires des Etats-Unis sout faits pour maintenir cette exacte discipline et cette entière subordination, indispensables pour rendre une armée puissante. Tous les officiers des troupes de terre et des forces de mer sont , par la Constitution , nommés par le président , d’après le conseil et avec le consentement du sénat.

Les productions des Etats-Üriis et les manufactures d’effets de guerre qui y sont établies * les mettent en état de se fournir pat eux- mêmes , des vaisseaux de guerre , de là poudre , dès boulets et des balles , des bombes et des grenades , des canons ët leurs affûts , des sabres et des haches , des grapins , du fer , du plomb , des gibernes , des baudriers , du papier à cartouches , des selles , des brides , des fourreaux de pistolets , des chapeaux pour le soldat et le matelot , des boucles , des souliers et des bottés

des calottes de peau , de la drèche et des liqueurs spiritueuses , des matières navales , du carton pour doublage , du tabac manufacturé , du savon, des chandelles , du lard, du beurre, du bœuf , • du cochon , du jambon , des salaisons , des pois , du biscuit , de la farine , et d’autres articles nécessaires pour les arméniens de terre et de mer.

L’éducation de la jeunesse a attiré une grande partie de l’attention de la législature des états.

On a entretenu long-tems et avec générosité des écoles de nuit pour les jeunes hommes et les jeunes garçons qui passent le jour au travail ou aux affaires ; et dans plusieurs endroits , l’idée d’ouvrir des écoles pour le dimanche a été vivement saisie. Des écoles gratuites pour les deux sexes ont été multipliées } et l’on donne plus de soins que jamais à l’éducation des femmes.

Les habitans des Etats-Unis ont le génie de l’invention et la célérité ainsi que l’exacritude de l’exécution pour le méchanisme et la fabrication des objets nécessaires aux sciences , aux arts , aux manufactures ^ à la navigation et à l’agriculture. Le planétaire de Rittenhouse ; le conducteur électrique de Franklin ; le quartier de réflexions de Godfrey , perfectionné par Hadley ; les machines à vapeurs de Rumsey et de Fitch } la pendule à verge de Leslie et ses autres

( lÉ9)

inventions d’horlogerie ; la construction des vaisseaux , le bateau de la Nouvelle-Angleterre pour la pêche de la baleine ; la construction des moulins à farine ; deux machines pour les cartiers > ( the wire-cutter and bender ; ) le méchanismê de Folsorn et de Brigg pour faire des doux avec du fer en plaques ; le traîneau de Philadelphie sur un plan incliné ; la machine de Mason pour éteindre le feu; l’horloge de clocher que, le vent remonte , dans le Connecticut; le foyer de Franklin | le poêle de Rittenhouse ; la machine à battre le bled , d’Anderson ; le niveau de Rittenhouse ; l’hippopotame de Donnaldson et sa serrure à balance ( balance-lock , ) en Sont des exemples pris dans le grand nombre.

Il est assez vraisemblable que tous les diabians et les bijoux portés par les citoyens des Etats-Unis , leurs femmes et leurs tilles n’égaleroient pas en valeur ceux qui forment quelquefois une partie de la parure d’un individu , en différens pays de l’Europe. Tous tes capitaux travàülenl ; il n’y a point en Amérique de classe d'hommes , et il n’y a que fort peu d’individus , à l’époque active de la vie * qui existent sans suivre les affaires , ou quelque profession , ou quelque emploi , ou quelque métier. Tous les citoyens sont dans une attitude active,

Ti

Dans un aucun pays parvenu au même point de richesses, de culture et de civilisation, on ne trouve aussi peu de domestiques attachés au service personnel , dans les maisons les plus opulentes.

Les domestiques de ce genre , ainsi que les valets de ferme , qui émigrent d’Europe et qui passent une , deux ou trois années avec économie et industrie au service d’une maison ou d’une ferme , trouvent souvent des occasions d’améliorer leur sort , en passant à quelque occupation honnête de commerce , de métier , de manufacture , ou d’agriculture , selon leur éducation , leurs connoissances et leurs talens. L’Amérique a peu d attraits pour la classe dissipée et voluptueuse de la société ; mais elle en a beaucoup pour les gens raisonnables , économes et modérés. C’est un pays qui offre de grands moyens d’aisance et de prospérité aux gens qui ont une fortune honnête , et à ceux qui n’en ont qu’une médiocre, et aux pauvres honnêtes et industrieux. Une preuve singulière et bien satisfaisante de cette dernière assertion , c’est que dans la cité et les libertés de P Philadelphie , il y a très - peu de journaliers de V église de Quakers , si même il y en a quelques-uns. Cette société religieuse est très-nombreuse , mais la sobriété , 1 industrie et 1 éco-

nomie de ses membres , met leurs pauvres en état d’améliorer promptement leur sort dans un pays si favorable aux plus pauvres individus de la société.

Ceux des marchands et manufacturiers qui résident à la campagne, habitent, en général, de petites fermes ou de petits biens qui comprennent depuis un jusqu a vingt acres de terre ; et un assez bon nombre d’entr’eux vivent sur des fermes qui ont depuis vingt jusqu a centcinquantes aciers de terre , qu’ils cultivent de leurs mains , et avec le secours de leurs femmes , de leurs enfans , de leurs domestiques et de leurs garçons } et quelquefois à l’aide d’ouvriers gagés pour cet effet. Us ont aussi l’usage de louet une partie de leurs champs à un voisin qui a du tems ou des bras de reste , et qui paye son loyer avec une partie des récoltes. Cette union des manufactures et de C agriculture est très - avantageuse dans les fermes à grain , mais elle l’est encore davantage dans les fermes à prés ou à pâturages , où des heures de presque tous les jours , et une grande partie de chaque année, peuvent se dérober aux travaux de la culture et s’employer à ceux de quelque méchanique industrieuse , ou de quelque manufacture. Les gens dont j[e viens de parler, font souvent des voitures et des charrues , des outils

et: des ustensiles , bâtissent des maisons et des granges , tannent des cuirs 3 fabriquent des chapeaux j des souliers , des bas , tournent , et travaillent divers autres objets d’habillement et de ménage , à la grande commodité et au grand avantage île leurs voisins. De la même manière, dans leurs momens de loisir et dans les saisons convenables , quelques fermiers fabriquent des doux , de la porasse , de la cendre calcinée ( pearl ash ) , des douve! les , des futailles , des cerceaux 3 des leviers , des manches de hache , du sucre d’érable etc. Dans les états méridionaux , les planteurs les plus judicieux instruisent avec soin leurs nègres , particulièrement les jeunes , les vieux , les infirmes et les femmes , à travailler aux manufactures — mesure également sage et humaine.

Un grand nombre des manufacturiers les plus heureux des Etats-Unis , sont des gens qui ont commencé par être journaliers et quelquefois premiers ouvriers , dans les atteliers et les manufactures de l’Europe , et qui ayant amassé quelque argent par leur industrie , leur économie et leur sagesse , se sont établis pour leur compte , avec avantage , en Amérique. Peu ont manqué de réussir. La perspective est moins belle pour ceux qui n’ont l’habitude de travailler qu’à des objets coûteux et recherchés d’ostem»

ration et de luxe. En général toutes les branches de luxe ont moins de chances de succès , à moins quon ne puisse les pousser a un point considérable par les machines ou le secours des eaux . Dans ce cas elles prospéreront comme les autres , pourvu que les fonds necessaires y soient employés. — On fait déjà , en Amérique » quelque consommation de ces belles choses } et leur exportation y est aussi libre que dans aucun pays du monde , sans accise , ni droits.

D'après les déclarations du gouvernement des Etats-Unis et d'après les présomptions les plus fortes , les vues de ce gouvernement patoissent tendre à maintenir la paix , la* liberté et la sûreté . On n’a pu encore imputer à ce gouvernement , ni à la nation , des intrigues auprès des cours étrangères , ni de s être interposés en secret , ni ouvertement , dans les affaires des autres pays. Ils n ont point manifeste d’ambition déréglée , en cherchant a faire des conquêtes , séparément , ou unis a une autre nation \ car iis n’ont pas même cherche a former une marine , (i) ou à lever une grande armée sans utilité.

(i) L armement naval actuel a été évidemment autorisé par la nécessité ds réprimer les pirates barbares ■#

Les Etats-Unis ont donné une attention sans relâche et prudente aux moyens qui mettent un pays en état de conduire â une issue heureuse et avantageuse, des guerres entreprises par nécessité , sans ambition , et purement pour se défendre. En cultivant avec industrie tous les arts de la paix , ils ont conservé et perfectionné l organisation militaire de la masse entière des citoyens en état de porter Us armes. Ils ont rétabli le crédit puplic , comme un moyen indispensable pour la guerre ; et ils ont encouragé , avec succès , tous les arts qui peuvent créer ou procurer avec promptitude , tout ce qui est nécessaire pour les armemens de terre et de mer. Dans leur conduite envers les créanciers de l’état , tant étrangers que nationaux , ils ont paru , à quelques citoyens intelligens , avoir fait encore plus que ne demandoit la justice. Par un amour égal de l’équité et par des motifs, de prudence , ils ont sanctionné , par acte formel du peuple , un traité qui reconnoît les prétentions des sujets d’un autre pays , à qui l’on reprochoir d'avoir enfreint ou,

ques j et les mesures relatives a t augmentation des troupes réglées , à la milice choisie ( select militia ) et aux fortifications , manifestement fondée sur les raisons de précaution et de défense les plus justes et les plus nécessaires.. Avril 1754.

négligé d’exécuter des articles de ce traité même. S’abstenant , avec le plus grand scrupule , de former des intrigues et de prendre aucune influence dans les affaires des autres nations , on ne peut douter qu’ils ne se gardent avec soin des intiigues et des influences de ce genre dans leurs affaires domestiques et qu’ils ne répriment , avec inécontentement et d’une manière efficace, jusqu’à l’apparence de pareils projets.

Page 1