‹ Renseignemens sur l'AmériqueChapitre 5 sur 43 · XI · texte numérisé non relu

XI

Il est une autre classe d’hommes ( et de ce nombre est notre auteur ) qui cherchent aussi à passer en Amérique , mais par des raisons bien différentes; ceux-ci agissent comme les premiers, d’après les loix de la nature humaine ; mais leur marche paroit ici plus conséquente que dans le premier cas. Les hommes dont nous parlons à présent, ne trouvent ni assez de liberté , ni assez d’égalité dans leur patrie ; et trop humains pour vouloir la troubler, ils se décident à passer dans un autre hémisphère , où ils pourront jouir en paix de ces biens qui leur sont si chers. Ainsi les deux partis les plus extrêmes prennent une résolution semblable, par un mécontentement commun qui provient de causes extérieures bien différentes, et qui au fond a la même source dans notre cœur ; cette source n’est en effet autre chose j que ce sentiment qui nous rend toute idée de supériorité odieux dans les autres. En voilà assez , et trop peut-être , pour expliquer les motifs qui déterminent aujourd’hui les émigrations pour l’Amérique , ou qui les détermineront plus puissamment encore à la paix. Cette supposition , ou plutôt cette vérité , une fois admise , quel ouvrage plus utile peut - on offrir aux émigrés, aux mécontens de toutes les classes et de tous les pays , aux royalistes proscrits et aux républicains souffrans, mais sur-tout

à cette classe d’hommes estimables , â ceS amis de l’humanité et des arts , que les horreurs de là guerre et les dissensions civiles rendent malheureux dans leurs foyers , en forçant à chercher au loin des asyîes ; quel ouvrage plus utile peuton , dis - je , leur présenter, que le recueil des renseignemens les plus complets et les plus satisfaisants sur le seul pays civilisé de la terre , où Ton puisse peut-être espérer de trouver aujourd’hui le repos ?

C’est donc Ce recueil que nous leur offrons par la traduction de l’ouvrage de Thomas Cooper.

L’auteur y discute avec soin toutes les raisons générales qui peuvent engager à passer eil Amérique. Tous les motifs tirés du prix des terres, des denrées et des travaux, de la Constitution politique , des îoix , du climat , etc. qui peuvent faire pencher pour un état plutôt que pour l’autre.

Après vous avoir amenés à ne plus balancer qu’entre l’état de New-York et la Pensylvanie , il vous donne sur ces états les détails les plus satisfaisans ; agriculture , transports , moyens d’industrie , il a tout examiné et rend compte de tout avec sagacité et intelligence. Il pousse

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l’exactitude jusqu’à donner le prix de toutes les denrées dans les différens lieux oii l’on pourroit être le plus tenté de s’établir ; le taux des auberges , en un mot , tous les renseignemens qui peuvent faire juger de la cherté de la vie et des ressources offertes aux colons. Il décrit de la manière la plus circonstanciée les maisons rustiques et les plantations américaines ; il cite toutes les manufactures , tous les métiers , toutes les professions qui peuvent réussir dans ce pays ; il donne toutes les instructions nécessaires sur la traversée d’Europe en Amérique ; enfin , en faveur des commerçans , il a placé à la suite de ses lettres un prix courant de Philadelphie et un autre de Londres; diverses tables du change et du cours des monnoies dans les États-Unis; des droits d’importations que paient en Amérique les diverses marchandises ; un état de sa population, etc. Pour compléter l’ouvrage, M. Cooper y a joint la constitution des États - Unis ; le dernier chapitre d’un ouvrage non encore imprimé et composé à Philadelphie , et un petit Cent du célèbre Franklin , destiné à l’instruction de ceux qui peuvent desirer de passer en Ameque. Nous avons traduit ces différentes pièces avec toute l’exactitude possible , mais nous ne dissimulerons pas , que certains détails d’agriculture, de méchamque ou de commerce nous ont

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