‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 121 sur 149 · I. — Revue de la critique · texte numérisé non relu

I. — Revue de la critique

Sur les instructions du Ministre des Colonies et du Gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française, nous avions rédigé, au début de cette année, un mémoire succinct résumant nos études et projets d’irrigation dans la vallée du Niger.

Voilà six mois déjà que ce travail a été publié (1) ; une opinion s’est faite, des avis ont été formulés ; il semble que le moment soit venu de les réunir, de les commenter et, si possible, de réfuter les objections et les critiques que nos eon- • ceptions ont fait naître dans les milieux scientifiques coloniaux et industriels intéressés au déve- | loppement de notre grande possession africaine.

La plupart de ces objections sont d’ordre technique. Nous essayerons en les passant en revue, de montrer avec toute la précision indispensable en pareille matière, leur force ou leur faiblesse, de manière que chacun puisse se former un jugement. Nous éprouverons plus de difficultés dans les controverses où le sentiment tient lieu de rai-

(11 Mission Bélime : Les irrigations du Niger. Etudes et projets.

son. Enfin, nous ne prendrons aucune part aux querelles de principe, nous bornant à constater qu’elles existent.

Même en négligeant le point de vue trop aberrant de cet Oriental qui prend pour des rumeurs de chaos tous les échos que lui apporte le vent d’Ouest, il y a le Français qui ne croit pas aux en- Ionien et, dan une sous-classificatioh, relui qui n’a aucune confiance dans les destinées de notre Ouest-Africain. « Pas un sol, déclarait récemment ce dernier, pour des déserts sans avenir. » Ni les éclatants services de nos bataillons noirs pendant la guerre, ni l’essor commercial de l’Afrique Occidentale, ni la simple constatation qu’une contrée qui fait vivre quinze millions d’habitants ne peut pas être absolument stérile, ne l’ont convaincu de son erreur. On sent qu’il est irréductible et qu’on le désobligerait en insistant. Nous nous garderons bien de l’irriter et nous passerons tout de suite aux choses sérieuses.

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