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Chemina de fer en exploitation.
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Zone inondée par /a crue du Riper et du Béni . Terrains alluvionnaires irrigués par les canaux du Riper.
Terrains alluvionnaires papnés sur la zone d'inondation deltaïque et irrigués par Te canal de Sansanding.
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Terrains alluvionnaires irrigables sur la rive droite du Bani Zones dans lesquelles dominent les formations dunaires. Canaux d'irrigation projetés
Inondation deltaïque
ComdlfP Pollacch
LA VALLÉE DU NlGEf^ET SES VOIES D ACCÈS 5 U f^LA CÔTE D’AFRIQUE
i Chemins de fer en exploitation.
! „ „ en construction.
i — „ „ en projet .
Terrains irrigables par les Canaux du Ntge
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Comdt P Pollacch
éditée par le comité du Niger imprimée par dufrénoy, paris
Turkestan était inférieure à 9 millions d’habitants; elle accusait une densité kilométrique moyenne de 5,5 habitants avec un maximum de 22,6 habitants dans le Ferghana. Cette province comptait 2.100.000 habitants et récoltait annuellement sur 330.000 hectares, 120.000 tonnes de coton égrené. Ces résultats déjà très remarquables, n’ont cependant pas paru suffisants. Avecune population comparable par le nombre et la densité à notre Soudan, malgré que 3.800.000 hectares fussent déjà irrigués en territoire russe et dans les Khanats, on a songé à aménager de nouvelles terres, à créer de nouvelles colonisations.
Le colonel Yermaloef a dressé en 1907 le projet d'une grande dérivation de l’Amou-Daria qui irriguerait 420.000 hectares de terres incultes et inhabitées entre les oasis de Mourghab et de Tedjen. La dépense était évaluée à 140 millions de francs et le revenu net pour l’Etat à 7,5 %.
Ce n’est pas tout ! d’autres projets de captation des eaux de l’Amou et du Syr-Daria ou de leurs affluents permettent d’espérer que plus de trois millions d’hectares seront un jour conquis sur le désert. Le Gouvernement impérial eût sans doute réalisé cet audacieux programme. La guerre d’abord, puis le bolchevisme l’ont ajourné pour longtemps.
En Afrique Occidentale, le problème des transports est dans son ensemble, infiniment moins ardu qu’en Asie Centrale. Il en est de même du problème de la main-d’œuvre que le Turkestan avait résolu en amenant des paysans russes sur les nouvelles terres irriguées.
L’effort si profitable de nos anciens alliés est-il donc hors de nos moyens? Certains le disent, l’écrivent et, peut-être le pensent. Nous en sommes à peine aux préparatifs du départ, que déjà ces prudents mentors s'inquiètent et recommandent : « Mais n’allez donc pas si vite ! » Bien inutilement d’ailleurs, car nous ne saurions admettre qu'il existe dans notre France de 1921 des forces obscurément hostiles ou des résistances passives assez puissantes pour nous paralyser au point de nous faire envier les talents organisateurs de la bureaucratie des tsars
En résumé, l’exemple des grands canaux de l’Inde creusés entièrement à la main, sans intervention de machine, montre jusqu’à l’évidence qu’il n’est pas impossible d’établir un système d’irrigation avec une rapidité suffisante pour rémunérer convenablement1 les capitaux engagés. Mais il faut que la colonisation suive pas à pas l'établissement des ouvrages. Suivra-t-elle au Soudan aussi vite que dans l’Inde, aussi bien qu’on le prévoyait en Asie Centrale? On peut le nier, mais sans le moindre argument acceptable ou en spéculant sur notre inertie passée. On peut l’espérer en s'appuyant sur des faits. Nous en avons cités quelques-uns. Signalons encore un des aspects de la colonisation méridionale des Etats- Unis. Vers 1800, là-production cotonnière transatlantique était insignifiante. En 1830 elle s’était accrue jusqu’à pouvoir satisfaire aux besoins ac-
tuels de la France. Au cours de ces trente années, toutes les terres à cotons américaines avaient été défrichées et mises en culture par des Noirs africains.
Conclusion
Le grand bouleversement économique issu de la guerre et dont il n’est pas possible pour l’instant d’apercevoir les ultimes conséquences, incline tous les pays à mieux utiliser leurs ressources nationales. La France n’échappe pas à cette règle. Pauvres en combustibles minéraux, nous allons électrifier nos chemins de fer, à l'aide de nos forces hydrauliques; des prospecteurs parcourent l’Alsace et l'Auvergne dans l’espoir d’v découvrir des sources de pétrole. Et pour soustraire nos industries au joug dangereux de l’étranger, nous nous tournons vers nos colonies.
Jadis méconnues et dédaignées, les questions coloniales trouvent aujourd’hui un public bienveillant, une opinion sympathique. Le vaste programme d’outillage que le Ministre des Colonies, M. Albert Sarraut, vient de soumettre au Parlement, rencontre d'un bout à l’autre du pays un accueil chaleureux. Tandis que l’hostilité de naguère condamnait à l’attente, il existe actuellement une atmosphère particulièrement favorable à l'action. Le moment est venu pour les coloniaux de prouver que, malgré tant de vents contraires, ils eurent raison de garder leur courage et de persévérer dans leur foi. L'heure présente leur appartient. Elle s’écoule et passera, et les mauvais jours reviendront s'ils sont incapables quand les temps sont propices, de passer dû domaine des théories et des discours dans celui des réalités.
Tel est le point de vue auquel nous nous sommes placé en entreprenant l’étude des irrigations du Niger. Il nous avait paru possible, par la confrontation et l'utilisation des travaux des explorateurs, ingénieurs, agronomes, géologues, administrateurs qui ont étudié ces pays, d’avoir des vues nettes sur les problèmes que nous cherchions à résoudre et d’arriver rapidement à des résultats positifs.
Les avant-projets que nous avons établis n'ont pas d’autre ambition que d’ébaucher un prc gramme d’action et donner un ordre de grandeur aux possibilités économiques du Soudan.
Nous avons dit pourquoi nous avions dû écarter le Sénégal de notre premier programme d’études. D’une part, l'irrigation par gravitation n’y est possible que sur de faibles superficies; d'autre part, il ne fallait point songer à imposer l’emploi d’appareils élévatoires, même les plus rustiques à des agriculteurs que rien n’a jamais accoutumés et du reste (pie rien n’oblige à d’aussi pénibles travaux. Quant au pompage au moyen de machines thermiques, l’obstacle était et reste la question du combustible, insoluble comme l'a montré une communication récente de M. Audebeau Bev à l’Académie des Sciences.
Une idée qui nous avait d’abord paru séduisante et que nous dûmes rejeter consiste à prévoir une
« poussière » de petits travaux. Les ouvrages eussent 1 exigé des études plus longues qu’un grand projet, disséminé l’outillage de traitement des récoltes, compliqué l’organisation des transports et le recrutement de la main-d’œuvre, diversifié la production au point de déprécier comme aujourd’hui sa valeur marchande. Nonobstant tous ces défauts, une telle méthode n’eût pas été irrémédiablement mauvaise, si certains de ces ouvrages s’étaient imposés par leur simplicité et leur emplacement. Mais voilà longtemps que l’on cherche dans cette voie et qu’a-t-on trouvé? L’aménagement du lac de Guiers qui, pour toute personne ayant une sérieuse connaissance de la culture irriguée, dans les terres salées, est impraticable.
11 restait les petits affluents du Niger et du Sénégal ; leur caractère torrentiel leur enlève tout intérêt.
Nous devons en prendre notre parti! Dans des pays aussi plats que nos vallées africaines, où, aux points les plus favorables, les déclivités sont deux fois moindres qu’en Egypte, quatre fois moindre qu’au Punjab, où les sources hydrauliques assez régulières ne se trouvent que dans le Niger, la nature oblige à voir grand ou à ne rien faire.
Tous les avantages sont acquis d’avance au type de projet que les Anglais nomment dans l’Inde « Productive Work » : simplification des études de l'ingénieur et de l’agronome, réduction du coût des travaux à l’hectare, un seul outillage de transport, un seul outillage industriel, une main-d’œuvre autochtone, et, surtout, un classement commercial de la production cotonnière, qui ne peut être obtenu qu’en grande culture et sans lequel toute exploitation agricole basée sur la production de ce textile est vouée à l’insuccès. Rien n’empêche d’ailleurs qu’un tel projet soit réalisé progressivement, selon les possibilités et les besoins.
Notre première étude du canal de Ségou n’a qu’une valeur d’indication. Nous ne disposions ni du temps, ni des moyens nécessaires pour dire si les systèmes hydrauliques de l’étage supérieur du Niger seront plus ou moins dispendieux, plus ou moins faciles à établir que ceux du delta ; si les travaux de la rive droite doivent avoir le pas sur ceux de la rive gauche ou vice versa.
Nous nous sommes borné à proposer un plan d’action. Si les critiques que nous venons de passer en revue nous permettent d’en dégager plus parfaitement les grandes lignes, il ne nous paraît pas qu’elles aient porté une sérieuse atteinte à ses -bases fondamentales. Ces bases, il faut les admettre si Ton estime qu’elles sont solides et n’v plus revenir. 11 faut les prendre comme point de départ des études définitives et pousser celles-ci énergiquement toujours dans- le même sens, toujours vers le même but.
Ce que nous devons le plus redouter à ce stade d’évolution d’une telle œuvre, c’est le kantisme exaspéré dont sont atteints les meilleurs d’entre nous. Notre esprit critique, qui paralyse nombre d’entreprises dans la Métropole, est beaucoup plus néfaste aux colonies. Dans ces pays neufs, où tout
est à créer, où l’humble maçon accomplit une besogne souvent plus profitable que l’intellectuel, notre formation nous porte à examiner toujours, à examiner sans cesse, et à ne jamais conclure, sinon qu’il faudrait examiner encore.
Or, il y a vingt ans que nous examinons la question du coton en Afrique Occidentale, et Ton en est encore aux balbutiements de la première enfance, parce que nous avons perdu notre temps à discuter et à 'ne rien faire.
La véridique histoire de cette période d’impuissance sera ,sans doute écrite quelque jour. Puisse-telle alors nous apprendre à nous méfiier des théories changeantes et des lectures de bibliothèque ! Eu pareille matière, rien ne compte que les faits, rien n’est possible sans une foi persévérante alliée à l’unité de vue et au goût de l’action !
E. Bélime.
Le fonctionnement d’un gouvernement représentatif