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IL — PRÉPARATION MILITAIRE DE LA RECONNAISSANCE

A. — Chameaux.

Le succès d’une reconnaissance en région saharienne repose sur l’état des chameaux. En hiver , avec des chameaux gras, un détachement méhariste passe partout. La distance ne compte plus.

Au mois de mai, au moment où nous furent

Comité de r Afrique Françoise . G Hure • Reproduction interdite.

BULLETIN DU COMITE DE L 'AFRIQUE FRANÇAISE

communiqués les projets de liaison avec l'Algérie, le troupeau du 2e P. M. relevait d’une épidémie de gale généralisée. Il était bas d’état. Il fallait le soigner et le suralimenter. Le lieutenant Thoine, qui venait de prendre le commandement du peloton, s’y employa avec une énergie inlassable. En plein été, il s’enfonça au cœur des pâturages, s’éloignant parfois de plus de 20 kilomètres des points d’eau. Pendant 6 mois de nomadisation constante, sous des abris précaires, il imposa à son personnel, à ses cadres, à lui- même, de jour et de nuit, un effort exceptionnel.

Le résultat fut surprenant. Je n’ai jamais vu, dans aucune formation méhariste, un lot de chameaux gras et musclés comparable à celui que sélectionna au départ le commandant du peloton. Après 30 jours de marche, il faisait l’admiration de nos camarades algériens.

Avec de tels animaux, la mobilité d’un détachement est extrême, tous les itinéraires deviennent accessibles. Au cours de la reconnaissance, de Bou Guerba à Chreirik, les chameaux ont fait plus de 1.700 kilomètres. Certains d'entre eux, qui ont effectué des poursuites, assuré des patrouilles ou porté des courriers, ont dépassé les 2.000 kilomètres. Ils ont fait les 650 kilomètres du trajet qui sépare Aioun Abd El Malek d’Aouchich, en 14 jours, sans abreuvoir. Plusieurs d’entre eux avaient les pieds usés, mais aucun n’a donné signe de fatigue. Les animaux de boucherie eux-mêmes, vieilles chamelles réformées, ont fourni au détachement une quantité de graisse appréciable.

B. — Tirailleurs.

Avec la mise en état du troupeau, qui était la partie principale de la préparation, le commandant du peloton a poursuivi l’entraînement méhariste et militaire de sa troupe.

Ici, il me faut faire quelques réserves, non pas sur l’instruction elle-même, qui a été bien conduite, mais sur les aptitudes méharistes de certains de nos tirailleurs, jeunes et vieux.

Que nos tirailleurs aient souffert du froid, ceci est normal; mais qu’ils aient manifesté de la fatigue à la suite de marches à pied qui n’ont jamais dépassé 25 kilomètres par jour et que les Européens supportaient aisément, cela peut étonner. Les unités méharistes demandent des soldats souples et vigoureux. La sélection paraît difficile à faire parmi nos jeunes recrues dont la résistance physique n’est pas toujours à hauteur de la bonne volonté.

Plusieurs tirailleurs ont présenté des symptômes légers de béribéri. Un tirailleur est décédé en quittant Akreijit. Renseignements pris auprès du médecin d’Atar, il semble qu’il soit mort d’avitaminose, qui serait une des formes du scorbut.

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