CHAMEAU DE PIÈCE 80 DE MONTAGNE
fondu dans des moules, ôtait ensuite ajusté à la lime.
Pour le brélagc, le matériel utilisé avec les mulets, courroies-tendeurs, etc., fut conservé.
Le premier travail fut fait par les indigènes du Zengou et la mise au point définitive par d’habiles et dévoués Européens, le maréchal des logis Julien, le maître armurier et le caporal clairon du bataillon Sénégalais n° 3.
Sur le bât de roues, pour abaisser encore le centre de gravité, on plaça d’abord la limonière, puis les roues et la rallonge de flèche, contrairement à ce qui se fait avec les mulets et à ce qui s’était fait dans le Sud Algérien.
Quant au débouchoir, au lieu de le mettre dans une caisse (procédé du Sud Algérien), on le plaça sur le bât comme avec les mulets. Des évidements étaient préparés en conséquence.
Le 14 juillet 1913, la section d’artillerie défilait à chameau pour la revue, et le 1er septembre, elle partait pour Agadès.
Pendant toute la durée des opérations, le matériel de transport ne donna jamais le moindre ennui, et si les canons ne trouvèrent leur emploi qu’à Bardai pour détruire la case de Maï-Chaffami, le problème de leur transport avait toutefois été résolu avec les moyens locaux et dans d’excellentes conditions.
Les canonniers d’ailleurs prirent part aux diverses reconnaissances comme les tirailleurs.
Le pays. Les habitants.
Le Tibesti avait été visité pour la première fois par Nachtigal en 1870, et depuis, aucun Européen ne s’était risqué dans ces régions.
RENSEIGNEMENTS C0L0N1AÜX
LesToubous étaient réputés pauvres, extrêmement sobres et résistants, mais d’une piraterie poussée à l’extrême, et c’est bien ainsi que nous les avons trouvés.
Est-ce la pauvreté et la misère de leur pays qui les a rendus voleurs, menteurs, pillards et bandits? Probablement.
Un massif de montagnes rocheuses, sauvage et propre aux embuscades, coupé de vallées sablonneuses de largeur variable, mais profondément encaissées entre des parois à pic, atteignant sou-
La nécessité de vivre explique bien des meurtres et bien des pillages.
Le commandant Turc d'Aïn-Galakka, rentrantà Tripoli, lors de la guerre avec l’Italie, fut trahi et assassiné par les Toubous lors de son passage, et les garnisons turques d’Yô et de Bardaï qui quittèrent alors le pays, furent décimées pendant leur voyage de retour.
Même pendant notre séjour, les Toubous allèrent razzier en Air, fin 1913, à Taouret, vers Iférouane et In-Azaoua, au Kaouar où ils pillèrent, en juin
vent plus de 200 mètres de hauteur. Ces vallées, parsemées de rochers, sans communication facile entre elles, et devenant soudain, au moment des pluies, de furieux torrents. Dans ces vallées, autour des campements et des points d’eau, quelques jardins et pâturages très espacés et peu abondants. Deux ou trois mares poissonneuses. Un climat très dur, avec des écarts de 30° chaque jour (température journalière extrême en 1 9 1 3 - 1914, hiver — 3" -j- 25°, été -J- 20" oo°).
Tout cela ne constitue pas un habitat très confortable. Aussi la population est rare : 3.000 habitants pour une surface de 00.000 kilomètres carrés
1 914, le village d’Achenouma et dans bien d’autres endroits.
Organisation sociale.
Dans ces rezzous, comme dans toute circonstance, chacun agit pour son compte. La société Toubou est en somme très divisée et dans notre œuvre de pacification, nous ne nous trouvions pas en présence d’un peuple, mais d’une multitude d’individus dont il fallait gagner séparément la soumission.
L’autorité de Mai Chaffami n’était guère que