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LE MATÉRIEL

Armement.

Les troupes régulières stationnées dans les territoires du Sud sont pourvues de tout l’armement moderne adopté au cours de la guerre.

Le fusil et la mitrailleuse sont pour le fantassin les armes normales d’emploi courant; mais le F. M. employé pour le ilanquement des faces d’un camp, la grenade V. B. tirée contre un ennemi qui se terre, les grenades O. F. utilisées dans les alertes de nuit, le canon de 37 avec sa précision et son transport facile, doivent être conservés.

Les troupes sahariennes elles-mêmes, dotées des mêmes engins, y trouvent un surcroît de puissance et de confiance, bien que la carabine à baïonnette et le poignard restent avec la mitrailleuse leurs armes principales.

Les auxiliaires indigèues sont exclusivement armés de carabines de petit ou gros calibre.

L’artillerie des postes est très réduite et comprend quelques canons de 95 et de 90 dans les places du Nord; seules, les compagnies sahariennes sont dotées de canons de 80 de montagne, dont le transport est possible à dos de chameau, et dont les effets sur les murailles en argile sont supérieurs à ceux du 65. -

L’emploi d’artillerie montée est subordonné à la nature des régions où l’on doit opérer, il en est de même des auto-mitrailleuses et des chars d’assaut ; mais en principe, les grandes plaines des

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

Hauts-Plateaux sont les seules où on puisse envisager la possibilité de les utiliser.

L’adoption de l’armement perfectionné ne saurait d’ailleurs, comme en France, autoriser des réductions importantes dans l’effectif des unités. Les colonnes sont surtout vulnérables la nuit, et il faut qu’elles aient le nombre d’hommes et de baïonnettes nécessaires pour entourer leur camp et le défendre.

Munitions, Artifices, etc...

L’éloignement des bases d’opérations, l’irrégularité et l’incertitude d’arrivée des convois de ravitaillement doivent amener à augmenter notablement les approvisionnements en munitions des troupes et des T. C.

D'autre part, les nécessités de défense des camps et les conditions spéciales dans lesquelles évoluent les colonnes dans les territoires du Sud rendent indispensable le transport d’artifices et de matériel divers, parmi lesquels il faut citer :

Les postes mobiles de T. S. F.

Les fusées-signaux pour les communications à longue distance, et les alertes des postes avancés;

Les réseaux Brun pour entourer rapidement les camps et les grand’gardes ;

Les outils portatifs permettant de faire les travaux d’installation des bivouacs prolongés, et d’en organiser la défense ;

Les fusées éclairantes et les pbares à acétylène en vue des alertes de nuit;

Les sacs à sable de grand modèle pour organiser rapidement des retranchements dans les dunes;

Des sirènes portatives pour donner l’alarme à un pâturage;

Un matériel de puisatiers, pour le curage des puits ;

Des abreuvoirs portatifs en tôle ou en toile imperméable ;

Des tonnelets (de préférence métalliques entourés de matelassures) pour constituer la réserve d’eau ;

Des appareils optiques, des sacoches de médicaments pour les détachements légers, etc...

Moyens de transpart.

Les voies de communication de toute nature permettent de constituer partout des bases de ravitaillement qui limitent beaucoup l’importance des approvisionnements que les colonnes ont à transporter à leur suite.

Selon les régions et les circonstances, leurs T. C. et leurs convois seront constitués par arabas et mulets du train des équipages, par convois de mulets ou de chameaux réquisitionnés, et éventuellement pour les détachements de cavalerie isolés par des chevaux de main.

L’organisation et le fonctionnement de ces transports seront résumés au chapitre du ravitaillement.

Les automobiles.

Les Hauts-Plateaux et le Sahara septentrional se prêtent à l’emploi d’automobiles légères dans la

plupart de leurs terrains. Un décapage sommaire permet de tracer rapidement des pistes provisoires, et les liaisons rapides, les tournées d’inspection sont ainsi facilitées.

Mais quand il s’agit de convois lourds, de camions chargés à plusieurs tonnes, il faut des routes ou tout au moins des travaux d’aménagement très sérieux dans les passages d’oueds, les terrains rocailleux et les dunes.

On a pu, pendant la guerre, et avec un budget de guerre, ravitailler des postes sahariens par camions automobiles après avoir constitué par convois de chameaux des dépôts d’essence et de matériel sur tout le trajet. Le rendement a été insignifiant, les efforts considérables, les dépenses et l'usure du matériel hors de proportion avec le but atteint.

Dans les régions désertiques, il faut admettre en principe que les automobiles doivent se suffire à elles-mêmes; leur champ d’action est ainsi limité au rayon qu’elles peuvent atteindre, en transportant un poids utile suffisant, et en restant susceptibles de revenir à leur base. Dans le Sahara septentrional, cette distance moyenne est de 200 à 300 kilomètres avec les camionnettes Fiat de 3 tonnes qui y ont été expérimentées.

L’aviation.

Il en est de même des avio^i; ils ne sauraient s'éloigner des régions déjà préparées à leur emploi, sillonnées d’axes de marche visibles ou de grands reliefs caractéristiques etdotées de terrains d’atterrissage et d’escales de ravitaillement. Ces conditions réalisées déjà en partie sur les Hauts-Plateaux et dans le Sahara septentrional dont les lignes télégraphiques, les voies ferrées et les oasis facilitent la direction, ne sauraient être atteintes au Sahara central.

Les vols transahariens sont, dans l’état actuel de la question, des coups d’audace qui demandent une préparation de plusieurs mois, qui ne peuvent avoir aucun effet utile, aucune répercussion d’ordre moral sur les populations. La pénétration saharienne par avions est une œuvre de longue haleine, qui doit se poursuivre progressivement et comprendre, en même temps que la construction d’un chemin de fer à voie étroite, le dressage de guides indigènes et de pilotes sahariens; les conditions atmosphériques spéciales au Sahara resteront encore à ce moment un facteur d'insuccès toujours possible.

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