III. Besoins en main-d'œuvre. — Aucun inven
taire général n'a encore été établi des besoins en main-d’œuvre pour les plantations, exploitations et travaux de toute nature.
IV. Besoins en capitaux. — Le capital-action des grandes sociétés concessionnaires, ainsi que des diverses entreprises industrielles ou de transport, et de la Banque française de l’Afrique équatoriale s'élève à une quarantaine de millions, ce qui ne veut pas dire que tout cet argent ait été dépensé dans la colonie. Aucune statistique générale des capitaux employés dans la colonie ne paraît avoir été faite, pas plus que la balance générale des transactions de la colonie.
Pour une entreprise quelconque d’une certaine envergure dans la colonie, il faut des capitaux importants. De petits commerçants ou entrepreneurs, peuvent, avec des capitaux moindres s'installer dans un centre déjà peuplé. Le montant des capitaux nécessaires à chaque catégorie d’entreprise ne peut être suivi utilement que par un service permanent de liaison entre la colonie et la métropole.
V. Besoins en personnel. — Aucun service d'offres et demandes d’emploi n’existe actuellement. L’Agence générale des Colonies publie dans son bulletin des demandes d’emploi, mais ne reçoit actuellement aucune offre, l’Administration recrutant son personnel par l’intermédiaire du Ministère des Colonies, et les maisons de commerce par l’intermédiaire de leur siège social à Paris. Une plus grande publicité avec l’indication du prix offert ou demandé rendrait service à tout le monde; mais les administrations publiques ou privées engageront toujours plus facilement des spécialistes qui ont déjà fait le voyage pour venir dans la colonie, qu’elles ne prendront la responsabilité d’y faire venir des personnes qu’elles ne connaissent pas.
La Colonie a besoin actuellement, au moment de l’ouverture des grands travaux, d’ouvriers d'art, mécaniciens, électriciens, ainsi que de comptables et de dactylographes.
Les services techniques du Moyen-Congo n’étaient pas encore pourvus au début de l’année 1920 du personnel agricole, vétérinaire, etc., indispensable à la poursuite d’un programme méthodique.
Inventaire des entreprises de colonisation, au Moyen-Congo.
I. Plantations. Concessions. Colonisation libre. Le Moyen-Congo comprend, au nord, des grandes concessions temporaires pour l’exploitation soit du caoutchouc pendant dix ans, soit de tous les produits du sol pendant trente ans; au centre, une région de commerce libre. Sur la côte, de grandes propriétés avec des plantations de café, de cacao, etc.
IL Exploitation forestière. — La forêt équatoriale des vallées de l'Oubangui et de la Sangha constitue en fait une réserve encore inexploitable.
La forêt du Mayombe est exploitée par la société propriétaire du sol.
III. Exploitation des mines. — Deux compagnies minières sont installées dans les vallées du Niari et du Djoué.
IV. Chutes d’eaux. — Les nombreux rapides et chutes d'eau du Congo, et des affluents qui se jettent entre Brazzaville et Manyanga, sont encore inutilisés.
V. Elevage. — 11 existe quelques essais d'élevage de bovidés et de moutons dans la vallée du Djoué et dans l’ile M’Bamou, qui pourraient être étendus à toutes les régions situées à l’abri de la mouche tsé-tsé.
VI. Industries locales. — Quelques petites scieries sont installées sur les rives du Congo, mais n’ont rien donné depuis la guerre, indépendamment des ateliers de confection de caisses pour le transport du caoutchouc à Mongoumba sur l’Oubangui et Ouesso sur la Sangha, et des ateliers de Brazzaville.
Aucune huilerie n’a encore été installée dans la colonie.
Quelques industries indigènes primitives ont pour objet le travail de l’ivoire, la vannerie, la poterie, la construction de pirogues, la fabrication d’huile de palme, de bambou, de sésame.
VIL Transports. — Un seul chemin de fer est projeté de Brazzaville à la côte, indépendamment du petit chemin de fer à voie étroite de la Compagnie minière de Brazzaville à Mindouli.
Brazzaville. — Il n'y a que deux automobiles et un camion. Aucun bateau de la Colonie française sur le fleuve ne dépasse une centaine de tonnes. Le nombre des bateaux est très inférieur aux besoins actuels. Il ne dépasse pas une trentaine, y compris les vedettes, tant de l’Administration que des diverses sociétés françaises ou étrangères installées à Brazzaville.
Le portage est encore le seul transport possible soit entre les différents postes non desservis par les rivières, soit entre Brazzaville et les localités environnantes pour le ravitaillement delà population indigène.
VIII. Assistance medicale. — Trois secteurs de prophylaxie contre la maladie du sommeil sont déjà ouverts dans le Moyen-Congo. Mais les services d’assistance médicale indigène sont insuffisamment pourvusen raison des difficultés actuelles de recrutement des médecins et des infirmiers.
IX. Enseignement. — L’école urbaine de Brazzaville compte environ trois cents élèves indigènes à qui l’enseignement professionnel est donné, dans les divers ateliers du chef-lieu.
Il existe quelques écoles dans les principaux chefs-lieux de circonscription gu de subdivision où les cours sont donnés par des fonctionnaires locaux assistés des interprètes ou infirmiers indigènes. Un orphelinat a été installé par l’autorité militaire à Mbaiki pour les enfants abandonnés de la Lobaye, une centaine d’élèves.
Les missions catholiques et protestantes ont également quelques établissements d’enseignement.
11 n’existe aucune école pour les enfants européens, qui sont d’ailleurs en très petit nombre à la Colonie.
Moyens de liaison avec la métropole.
L’un des principaux objets de la mission, celui qui permettra d’en prolonger les effets au delà de sa durée, et d’asseoir les bases d’une action permanente, corlsiste à augmenter les moyens de liaison existant entre la colonie et la métropole, à en provoquer de nouveaux et à favoriser à la fois leur coordination et le libre jeu de leur mise en œuvre.
On examinera ci-après les principaux organes publics ou privés susceptibles de s'associer à cette entreprise.