CHAPITRE V
Maladie et Convalescence. D’Edéa à Bauéa
Fatiguées par les marches et le climat, les troupes du Cameroun n’eurent pendant les premières semaines qu’une nourriture médiocre composée presque uniquement de ri z et de viande de conserve Les maladies furent fréquentes, surtout parmi les Européens. Un matin, on s’éveille avec
la tète pesante ; on veut pourtant faire son service habituel ; on sort, on va et on vient sous le soleil qui monte dans le ciel voi lé de vapeurs. On rentre le corps parcouru de frissons ; les douleurs de tête augmentent , le sang précipite sa course et fait battre les artères d’un rythme plus rapide : c’est la fièvre qui cloue le malade sur son lit. Chaque mouvement est une souffrance. L’appétit est nul et la faiblesse augmente. Journées de lassitude ; nuits d insomnie ou peuplées de rêves étranges. On est allongé sur les coussins d’un wagon dans un train qui vous emporte à une vitesse vertigineuse ; ou bien, en proie à une inexprimable angoisse, on s’éveille brusquement en voyant braqués sur soi les fusils d’un peloton d’exécution, Heures de fièvre durant lesquelles on échappe à la vie réelle : la mémoire exaltée fait revivre, avec une merveilleuse netteté, des faits oubliés ; l'imagination surexcitée dessine avec une étonnante précision des possibilités futures et ouvre sur l’avenir des perspectives indéfinies.
A ces malades, il faut du calme et du repos ; ce que l’on n’avait pas à Edéa, car des patrouilles ennemies venaient souvent échanger des coups de fusil avec nos avant-postes. Par petits groupes, on les dirigeait sur l’hôpital de Douala. Jusqu’au milieu de décembre 1914, le voyage d’Edéa à Douala était malaisé : le pont de Yapoma n’était pas encore réparé et les soixante-cinq kilomètres compris entre la Sanaga et la Dibamba devaient être parcourus dans un wagon remorqué à bras d’hommes.
Cinq heures du matin : la lune à son dernier quartier apparaît vaguement derrière les nuages. Des ombres descendent, d’une marche lente et incertaine, vers la berge de la Sanaga. Elles s’assemblent sur un ponton, formé de deux grandes pirogues réunies par des madriers et des planches, La barque s’éloigne de la rive; des indigènes plongent en cadence leurs pagaies dans l’eau grise qui retlète les arbres noirs des rives. Ne serait on pas dans l’esquif silencieux du nocher Charon voguant sur le fleuve infernal ? Mais on accoste à la rive droite du bras nord ; on gravit le talus de la voie ferrée où sont rangés trois ou quatre Avagons. Dans le plus grand, ouvert à l’une des extrémités, protégé sur les autres faces et sur le toit par des plaques de fer, les malades s'installent de leur mieux avec leurs bagages. Une surprise étant possible, on garde le fusil ou le revolver à portée de la main. Des tirailleurs partent en éclaireurs. Des porteurss’attellentaux cordes, raidissent leurs muscles et le wagon s’ébranle avec lenteur.
De chaque côté, la forêt touffue aux arbres gigantesques, formidable masse de végétation, enfantée depuis des siècles par une terre successivement trempée par les averses et chauffée par le soleil torride ; au travers de ce chaos végétal les hommes ont frayé un passage, large d’une centaine de mètres, pour y faire courir sur deux bandes d’acier leurs locomotives et leurs Avagons. Lavoie monte et descend en suivant les sinuosités du terrain. Pour parcourir certains kilomètres
on met de 20 à 2o minutes, les cordes tendues par l'effort des muscles. Ailleurs, la pente emporte le wagon malgré les freins auxquels est attentif un soldat européen: les porteurs précipitent leur course, puis lâchent les cordes et se jettent de côté ; on ne s’arrête qu’au bas de la descente ; un kilomètre a été franchi en sept à huit minutes. Un nouvelefTortest nécessaire pourremettre lewagon en mouvement. A des intervalles variables, des tâtions ; les bâtiments, occupés par de petites garnisons, sont transformés en fortins : les inurs sont percés de meurtrières et renforcés par des lacs de terre : alentour, des fossés, des abatis, des rangées de petits piquets pointus. Deux fois, on fait halte pour la nuit dans ces gares fortifiées.
Le matin du troisième jour, on se lève tôt. On part à l’heure où le dernier quartier de la lune pâlit entre les nuages ; le ciel se teinte de rose, de légères vapeurs grises tlottent sur les grands arbres de la forêt. L’étape est courte et la voie en pente descendante ; la tâche de notre équipe de traction est aisée. Nous arrivons sur un long remblai dominant des marécages qui annonçent l’approche de la Dibamba. Les Allemands ont fait sauter une partie du pont, long de 320 mètres, jeté sur cette rivière. Depuis près de deux mois, le détachement du génie travaille, avec une grande activité, à remplacer par un pont de pilotis la travée métallique détruite. En attendant que la réparation soit terminée, le passage s’opère, comme sur la Sanaga, au moyen de grandes pirogues. La gare de Yapoma est â quelques centaines de mètres du pont. C’est une trop longue marche pour des malades; ils préfèrent attendre le train, assis à l’ombre des talus.
Le si filet de la locomotive retentit aux oreilles comme une agréable musique. On monte dans un wagon couvert, pourvu de bancs de bois, qui semble très confortable au regard de celui qu’on vient de quitter. Après une courte halte à la station, on repart à grande allure. Aussitôt la Dibamba franchie, le paysage change brusquement. A la forêt impénétrable et aux marécages, succède une campagne humanisée : des palmiers, des bananiers, des champs de patates et de manioc, plusieurs villages où des indigènes vaquent â leurs travaux journaliers. Bientôt apparaissent les premières maisons de Douala. Le pylône abattu de la télégraphie sans lil gît à terre, à gauche de la voie. On passe sous un pont et on s’arrête devant la gare, où lessousolliciers français du génie ont remplacé les employés allemands. Après quelques moments d’attente dans le hall, deux voitures viennent chercher les malades et les conduisent à l’hôpital. C’est un grand bâtiment à étage, situé sur un plateau élevé d’une vingtaine de mètres au -dessus du lleuve.
Des journées lentes aux heures vides; repos au lit ou sur les chaises longues de la véranda; lu brise marine passe comme une caresse sur les fronts brûlants des malades. Actives et silencieuses, des nurses anglaises, vêtues de blanc,
vont et viennent à travers les salles. En ce mois de décembre, les pluies, si fréquentes et si abondantes en octobre, ont cessé. Des brumes, épaisses le matin, traînent sur le fleuve et sur la terre. La formidable silhouette du mont Cameroun reste invisible. Malgré la brise qui souflle à certaines heures, de la mer, l’atmosphère tiède et humide n’est pas propre à rendre des forces aux Européens anémiés par le climat. Après une courte promenade à pas lents, autour des pelouses du vaste jardin, on regagne sa chaise longue aussi fatigué qu’après un exercice violent. Pour rétablir la santé des convalescents, les médecins anglais décidèrent de les envoyer à Bouéa, la capitale de la colonie, située à environ 1.000 mètres d’altitude sur les pentes sud du mont Cameroun et occupée depuis le milieu de novembre 1916 par les troupes alliées.
Pour aller de Douala à Bouéa, il faut d’abord se rendre par mer à Victoria. On employait souvent pour cette traversée un petit vapeur à roues nommé Porpoise, armé de trois canons de marine et protégé par des plaques de blindage Peu de place ; on s’installe comme on peut, au-dessus des aubes, dans une cabine à demi remplie par la roue du gouvernail et sur un petit pont contigu. Dans la cabine, derrière le blindage, la chaleur est étouffante et sur le pont tombent les rayons brûlants du soleil de midi. A l'avant et à l’arrière, les passagers indigènes s’entassent avec les bagages.
La traversée s’annonce comme devant être dépourvue d’agréments. Elle sera longue; nous sommes partis peu après midi et on annonce que nous ne serons pas à Victoria avant 8 heures du soir. Voyage sans incident sur une mer calme. Les côtes boisées s’estompent dans la brume tiède. Assis dans un fauteuil d’osier, bercé parle bruit régulier des machines, je m’assoupis. Un coup de sirène me tire brusquement de ma torpeur. La nuit est tombée, mais à la clarté de la lune naissante, je distingue que nous sommes entrés dans une baie profonde, entourée de rives élevées.
Le Porpoise jette l'ancre, une grande pirogue accoste, dans laquelle nous descendons. Après quinze ou vingt minutes de navigation à la pagaie, nous arrivons au wharf, oii nous attend un médecin anglais, prévenu de notre arrivée par le directeur du service de santé. Il nous fait asseoir sur un lorry ; le wagonnet poussé à bras d’homme part dans la nuit, roule sous une voûte d’arbres touffus, puis s’arrête. Le docteur nous introduit dans une maison toute proche et disparaît.
Tout est disposé pour nous recevoir. Le cuisinier indigène vient annoncer que le dîner sera prêt dans une demi-heure. On emploie ce temps à quelques soins de toilette, après lesquels nous prenons place autour de la table. Elle est ornée de fleurs, garnie d'une nappe et de serviettes neuves; les assiettes, les verres, les couteaux, cuillers et fourchettes brillent sous la lumière
lit —
BULLETIN DD COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
douce de la lampe. Nous sommes le 24 décembre; il est dix heures du soir; c’est presque le réveillon traditionnel que nous allons célébrer là. Tout en faisant honneur, avec nos appétits de convalescents, au menu copieux, potage, cabri au riz, petits maquereaux frits, omelette sucrée, nous songeons à tous les soldats qui, dans les tranchées du Nord et de l'Est, n'ont pas une semblable veillée de Noël. Et cette même pensée vers ceux qui souffrent au loin me poursuit dans le lit où je m’endors, bercé par le murmure de la mer qui se brise sur la grève, tout près de la maison.
Le 25 décembre, je me lève à la pointe du jour : de la véranda sur laquelle ouvre nu chambre, j’aperçois un petit jardin empli de Heurs, une rangée de cocotiers dont la mer atteint presque le pied; au delà de la baie, une côte boisée à gauche, des îlots rocheux couverts de verdure, le tout baigné d’une lumière terne.
Dès 7 heures nous avons quitté notre asile d’une nuit et près de la maison, à côté d’un pont jeté sur un ruisseau aux eaux limpides, sur la route par laquelle nous sommes venus hier au soir, nous attendons le train qui doit nous emmener : deux petits wagons dans chacun desquels il y a tout juste place pour quatre personnes et une locomotive en miniature qui part à vive allure. Le spectacle est très beau : à notre gauche, la baie avec ses rives boisées et ses îles; à notre droite, une haute muraille de rochers, couverte de lianes et d’arbustes et qui retentit de la fraîche chanson des sources. Nous arrivons bientôt à un groupe de bâtiments importants : maisons d’habitation, magasins, ateliers, vastes aires bétonnées pour le séchage du cacao, c’est « Kakaohafen », le centre de la riche Société des plantations de l’ouest africain ( Westcifrikanisclie P/lanzungs-Geseüschaft Viktoria). C’est aussi la gare principale du petit chemin de fer à voie étroite, dont un Allemand, prisonnier sur parole, continue de diriger l’exploitation.
Après un arrêt assez long et quelques manœuvres, notre train repart. La ligne serpente en nombreux lacets pour gravir des pentes raides; elle franchit des torrents dont les eaux courent rapides et écumantes, entre des rochers gris. Nous traversons d’immenses plantations de caoutchoucs et de cacaoyers, dans lesquelles s’enfoncent des embranchements de la voie ferrée. Çà et là des maisons en tôle ondulée, magasins et cases pour les travailleurs de la Société. Peu de forêt et de brousse; à côté des plantations de caoutchouc et de cacao, sont des bananiers, des palmiers à huile, des champs de maïs et de patates, fournissant la nourriture des indigènes employés aux cultures. L’œuvre accomplie sur ces premières pentes de la montagne est considérable et vraiment digne d’admiration.
Le paysage de montagnes et de cultures se découvre plus largement à chaque nouveau détour de la voie. Notre locomotive s’arrête souvent pour prendre du charbon ou de l’eau. Chaque fois, il semble qu’elle sera incapable de repartir. De
fait, au bas d’une pente un peu plus dure que les autres, elle ne peut plus avancer. Heureusement, nous sommes prêts de Soppo, terme de notre voyage en chemin de fer et un train nous y a précédés : sa locomotive arrive à nos coups de sifflet de détresse et nous emmène à grande vitesse.
Nous taisons halte près d'un groupe de trois ou quatre maisons de tôle ondulée. Deux voitures, attelées chacune d’une paire de mules, nous attendent. Nos bagages sont déjà chargés sur une charrette à bœufs. 11 est plus de midi et nous sommes las du voyage. Par un chemin en lacets, bordé d’herbes hautes de trois ou quatre mètres, nos voitures montent vers le mont Cameroun, énorme masse rocheuse dominant une cein ture de forêts. Par endroits, des éclaircies dans la brousse laissent apercevoir quelques maisons blanches.
Soudain les hautes herbes disparaissent et sont remplaçées, de chaque côté de la route, par des buissons de roses rouges : nous arrivons à Bouéa. La capitale du Cameroun n’est pas une ville; c'est un immense parc dessiné sur les pentes de la montagne. Quelques arbres géants ont été respectés, derniers vestiges de la forêt primitive ; ailleurs on a planté des essences de montagne qui ressemblent à des sapins; en d’autres endroits, des bambous prodigieux se groupent en touffes énormes. Des maisons se dissimulent dans la verdure des jardins. A gauche, au-dessus des balustrades blanches de plusieurs terrasses superposées, le palais du Gouverneur se dresse, construction élégante, point colossale, avec ses larges fenêtres, son balcon central et le clocheton qui la domine. Au centre, un grand bâtiment banal, à deux étages, percé de fenêtres régulières, où se trouvent les bureaux du gouvernement. Près de là, la poste et une fontaine ornée d’un buste de Bismarck. A droite, sur un mamelon auquel on accède par une allée de superbes manguiers, la mission protestante et son église au clocher carré. Le village indigène, avec ses cases de paille ou de tôle ondulée, a été relégué loin des habitations européennes.
Partout des fleurs; on quitte la route bordée de roses pour pénétrer dans un jardin, dont les portes sont encadrées de bougainvilléas aux fleurs pourpres. Des cannas, des fuchsias, des hibiscus aux teintes éclatantes, des roses surtout, à profusion, rouges, blanches, roses, jaunes, en buissons le long des allées, en massifs au milieu des pelouses, grimpant contre les maisons.
L’utile se mêle à l’agréable : derrière chaque habitation s’étend un jardin potager, où croissent des légumes d’Europe : pommes de terre, choux, haricots, pois, tomates, concombres et autres ; des fraisiers y prospèrent à côté de fruits indigènes, ananas, papayes, bananes. Plus haut que toutes les maisons, non loin de la lisière de la forêt, s’élèvent les bâtiments d’une vaste ferme ; ils abritent un nombreux troupeau de bétail euro-
péen qui fournit en abondance du lait et du beurre frais.
Mon séjour à Bouéa fut un long enchantement. J’ai vécu des journées délicieuses dans la villa qui m’avait été attribuée par l'officier anglais commandant la place : une petite maison construite comme presque toutes les autres, tôle ondulée à l’extérieur et bois à l’intérieur; une véranda garnie de plantes grimpantes, à laquelle on accède par quelques marches ; trois pièces, cabinet de travail, salle à manger, chambre à coucher, confortablement meublées, peintes de couleurs diverses, l’une en rouge, l autre en brun, le troisième en vert clair. Par derrière, les dépendances reliées à la maison par un passage couvert.
Le matin, après le bon sommeil que procure la fraîcheur de la nuit, on se lève tout dispos. On sort, on aspire avec délices l’air pur, on cueille des roses encore tout humides de la rosée nocturne. On passe quelques heures à lire ou à écrire, tranquillement installé dans un agréable cabinet de travail, les fenêtres ouvertes toutes grandes. On se promène au hasard le long des chemins en lacets. En beaucoup d’endroits, ils sont bordés d’arbustes dont les grosses fleurs blanches, en forme de clochettes allongées, exhalent vers le soir un parfum exquis. Chaque jour, on se sent plus fort et plus alerte. L’appétit est excité par l’air de la montagne; la nourriture abondante, le lait, le beurre, les légumes frais rendent rapidement des forces aux convalescents et leur refont une santé nouvelle.
L’aspect du paysage change avec les heures. Au soleil levant, la longue arête rocheuse du Cameroun se teinte de rose; mais elle se couvre bientôt après de vapeurs épaisses. En certaines saisons, ou peut, de Bouéa, distinguer nettement Douala et l’estuaire. De fait, un des derniers jours de septembre, après la violente averse à la nuit, je me rappelle avoir aperçu, le matin, du pont de V Amiral-Fourichon, sur la masse sombre du Cameroun, les taches claires des maisons de Bouéa. Mais en décembre et en janvier, la plaine est toujours noyée dans la brume. Souvent des vagues de brouillard montent à l’assaut de la montagne. Par instants, tout Bouéa disparaît sous un voile mouvant de la brume grise. Il suffit d’ailleurs d’un souffle de vent pour la dissiper et le soleil brille à nouveau dans le ciel bleu. Vers le soir, la masse énorme du mont Cameroun reparaît, à peine couverte d’une légère buée bleuâtre. La nuit arrive; le disque de la pleine lune surgit à l’horizon ; la monstrueuse échine de la montagne se découpe d’un trait net sur le ciel étoilé. Des milliers d’insectes font résonner sans arrêt leurs petites voix claires dans l’air frais et limpide.
En vérité, le gouverneur von Puttkamer fut heureusement inspiré en transférant de Douala à Bouéa, en 1901, le siège de l’administration centrale de la colonie.
Durant les années précédentes, les indigènes, de race Bakouiri, forts et courageux, bons chas-
seurs, avaient opposé aux Allemands une sérieuse résistance. En 1883, un Polonais nommé Rogozinski avait pris possession de Bouéa au nom de l’Angleterre et avait remis au chef nommé Kouba un pavillon anglais. En décembre 1883, von Puttkamer, le futur gouverneur, alors chancelier et juge, arrivait à son tour à Bouéa : il fit hisser le pavillon allemand, expliqua au chef indigène qu’un traité avait été signé entre l’Angleterre et l’Allemagne, que l’accord conclu avec Rogozinski était maintenant sans valeur, que Kouba et les habitants de Bouéa étaient désormais les sujets de l’Empereur d’Allemagne. Il donna un pavillon rouge, blanc et noir à Ivouba, et celui-ci livra le drapeau anglais qu’il avait en sa possession. Mais cet acte ne détermina pas la soumission des Bakouiri de Bouéa.
En novembre 1891, une expédition de police fut dirigée contre eux. Le capitaine von Gravenreuth qui le commandait fut tué à l’attaque d’une position fortement retranchée; le lieutenant von Stetten, qui prit le commandement après lui. fut blessé. Les troupes, manquant de cartouches, durent battre en retraite après avoir enterré leur chef. Les pertes des indigènes dans ce combat avaient été si fortes qu’ils firent leur soumission. Mais la paix ne fut pas de longue durée. En décembre 1894, une nouvelle expédition fut entreprise sous le commandement de von Stetten et du lieutenant Dominik : le chef Kouba fut tué et son village détruit. La paix fut alors établie sur les pentes du mont Cameroun.
(A suivre.) Ci.. Faure.