‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 19 sur 134 · RENSEIGNES! KM S COLONIAUX · texte numérisé non relu

RENSEIGNES! KM S COLONIAUX

sion de son rayon d’intluence; à l’Est elle s’étendra jusqu’à la zone du chemin de fer Nemours- Oudjda, à l'Ouest jusqu’à celle du chemin de fer Alhucemas-Fez, et au Sud jusqu’à l’Atlas, soit une zone de 10.000 kilomètres carrés qui pourrait s’augmenter de quelques contrées secondaires. Mais ce chemin de fer, qui part de Melilla, où doit-il aboutir? M. Leonardo Nieva rejette les tracés par Taourirt et par Taza comme peu avantageux. Il demande que la voie ferrée suive la Moulouya que bordent des plaines susceptibles d'irrigation et où les Européens pourront coloniser; cette voie irait jusqu'à Guercif où elle se raccorderait avec la i igné Oran-Fès, et aurait 1 kilomètre de longueur; elle pourrait servir à mettre en valeur le Gap-de-l’Eau (1).

La question du Cap-de-l’Eau préoccupe également l’opinion espagnole. Nous en avons eu un écho par la revue Africa qui, dans son numéro de mai 11)19, a recommandé de faire une base commerciale du Gap-dp-1 Eau, en y faisant un embarcadère et un abri. « Profitant du régime de la porte ouverte, il nous suffirait d’unir cette position par un Decauville à la vieille cité d’Oudjda, qui est actuellement convertie en un centre commercial d’une capacité d’absorption extraordinaire. La France utilise, pour envoyer son volumineux contingent de marchandises (1 million de tonnes environ) le port d’Oran, distant de 248 kilomètres et d’un trajet difficile. Au contraire, Cap-

de-l’Eau n’est qu’à 88 kilomètres d'Oudjda, et si nous prenons la précaution de soustraire cette précieuse base commerciale aux droits compliqués de transit qui pèsent sur Melilla, nous pourrons mesurer nos armes avec le commerce français dans desconditions suffisamment favorables (1). » Nous avons rapporté cette opinion parce qu elle est de nature à montrer les désirs de l’Espagne de faire échec à notre trafic dans le Maroc oriental. Aussi fait-elle beaucoup de projets. Mais il faut reconnaître que tout n’est pas que projets chez elle. L’exemple du port de Melilla est là pour le prouver.

On sait que la loi du 18 mai 1863 a déclaré ports francs les places de Ceuta, Melilla et les îles Zaffarines. Cette loi n’a assujetti qu’à des droits de port et de santé les navires marchands ; toutes les marchandises qui y sont importées entrent en franchisé. Par contre, les produits exportés sont considérés comme étrangers et paient les droits du tarif; il n’est fait exception que pour le poisson.

Sous ce régime le port de Melilla n’a pas manqué de progresser. Il ne l’a cependant pas fait dans la mesure où il l’aurait pu. On constate en ces huit dernières années un fléchissement du mouvement maritime qui équivaut à une sorte de crise, notamment pour les bâtiments à vapeur. De 1911 à 1918 le nombre de ceux qui ont visité Melilla a diminué de moitié :

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