‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 3)Chapitre 50 sur 134 · EN AFRIQUE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

EN AFRIQUE OCCIDENTALE

L’Afrique occidentale, dans sa partie française comme dans les régions appartenant à d’autres puissances, est, avant tout, productrice de matières grasses. A ce titre, les questions relatives aux oléagineux traitées au Congrès d’agriculture coloniale de mai 1918, devaient tout spécialement l’intéresser. Le compte rendu des travaux de la section (1) des « oléagineux » vient de paraître et contient toute une série de documents qu’il importe de dépouiller pour en connaître les données éventuelles, tout au moins en ce qui concerne les productions que l’Afrique occidentale est susceptible de fournir à la métropole dans le compartiment des matières grasses d’origine végétale, c’est-à-dire l’arachide, les produits du palmier à huile, le cocotier, le karité, pour ne citer que les principaux.

En 1913, dernière année normale, la France importait pour ses besoins, 323.600 tonnes d’arachides, dont 201 .000 tonnes provenaient des colonies françaises. Le Sénégal en fournit 100.000 tonnes, le Haut-Sénégal-Niger, 8.600, la Guinée, 3.400, Llnde, 2.900. A lui seul, donc, le Sénégal dirige vers la métropole plus de la moitié du tonnage d'origine coloniale française et un peu moins du tiers de ce qui est nécessaire aux industries françaises. Comme on le voit, la marge n’est pas considérable entre l’exportation ouest-alricaine et les besoins des usiniers français. Cette marge peut-elle être comblée? Il est permis, si grand

(1) Président : M. Bolin, président de l’Institut colonial de Marseille; vice-présidents: M. François, délégué de l’Afrique Occidentale Française ; Maillie, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Toulouse; P. Maurel, vice-président de la Chambre de commerce de Bordeaux; rapporteur général : M. F. de Roux.

que soit l’effort à accomplir, de penser qu’il n’est pas au-dessus de nos moyens. Tout d’abord, l’année 1913 avec ses 230. 00Ô 'tonnes au Sénégal n’est pas une année exceptionnelle. En 1915, l’exploitation a dépassé 300.000 tonnes et avec ce chiffre nous sommes encore au-dessous des rendements pouvant être obtenus actuellement. Mais il est possible, pour prendre une expression très employée, d’intensifier la production, et M. F. de Houx, dans son rapport général, s’inspirant des études reçues, indique ce qu'il convient de tenter dans ce but. C est en Afrique occidentale que nous devons faire porter nos efforts et nous devons les concentrer sur le Sénégal, le Haut-Sénégal- Niger et la Haute-Guinée. Les espaces ne manquent pas, même au Sénégal où, au lendemain de l’ouverture à l’exploitation du ïhiès- Kayes, de nouveaux champs d’arachides ont été défrichés. Que de nouvelles voies d’évacuation s’établissent, et I on verra se reproduire le phénomène constaté dans le Cayor avec le Dakar- Saint- Louis, et dans le Baol, avec le tronçon sud du Thiès-Kayes. On peut même calculer avec une légère approximation l’augmentation du tonnage à la production que procure chaque kilomètre de voie ferrée nouvellement construit (le fait est d’expérience) sans apporter la moindre amélioration au mode rudimentaire de culture. Le Haut- Sénégal-Niger et la Haute-Guinée sont susceptibles de fournir un certain appointa l’exportation sénégalaise. En s’en tenant à deux zones : la première, traversée par le chemin de fer Kayes- Niger, peu éloignée de la ligne; la seconde, formée par les régions avoisinant le Niger et le Bani dans leur partie navigable, on a calculé que le Soudan pouvait facilement, sans que rien soit changé aux méthodes culturales indigènes, fournir 115.000 tonnes. En Haute-Guinée, dans la llaute-Gôte-d’I voire également, les Noirs pourraient faire aussi des arachides.

En outre, il y aura lieu de poursuivre l’amélioration des procédés de culture suivant les conseils de l’éminent entomologiste Boubaud ; il faudra prendre certaines dispositions ( dry farming , emploi de variétés hâtives) pour lutter contre l’action due à la sécheresse, aux parasites, aussi bien pendant la présence des graines en terre qu’après la récolte, lors de l’amoncellement dans les seccos ou les magasins. Il sera indispensable d’éduquer les Noirs, même ceux du Sénégal; il faudra les initier aux méthodes modernes de culture, les familiariser avec l’emploi des instruments attelés aidant l’indigène à étendre ses champs mais non à les défoncer plus avant, car le rendement n'est pas fonction de la profondeur à laquelle le sol est travaillé.

Enfin, « l’amélioration des conditions d’achat aux indigènes est l’un des facteurs les plus importants à mettre en uuivre pour obtenir une augmentation de récoltes », en un mot, un prix rémunérateur incite l’indigène à cultiver la précieuse graine. Or, dans les régions un peu éloignées de la côte, le seul moyen de pouvoir payer au producteur un prix convenable, rémunérateur,

• ma

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

est d’acheter l’arachide sous la forme décortiquée, pratique suivie dans l'Inde, à la côte orientale d'Afrique, en Nigeria. Le décorticage entraîne une économie de fret montant à 53 p. 100 qui permet de donner une prime fixe au vendeur, tout en réduisant le prix de revient de la matière utile.

Perfectionnement des procédés de culture et de conservation après récolte, développement des voies de communication et en premier lieu achèvement du Thiès-Kayes, de Cotiari à Ambidédi, extension de la pratique du décorticage nécessaire dans les zones éloignées de la côte, tels sont les moyens d’augmenter presque immédiatement la production et l’exportation des arachides de l'Afrique occidentale, au Sénégal et dans certaines régions du Soudan géographique.

î}î " îjî

Si l’arachide a fait la fortune du Sénégal et peut devenir pour cette colonie et les régions du Haut-Sénégal et du Niger-Moyen une source de revenus encore plus importants, le palmier à huile, Velæis guineensis des botanistes, remplit ce même rôle pour les colonies du Sud.

« De tous les végétaux de l’Afrique occidentale, ditAug. Chevalier, celui dont les produits donnent lieu au commerce le plus élevé et qui fait vivre les populations les plus nombreuses, en leur assurant un bien-être inconnu à la plupart des peuplades noires est incontestablement le palmier à huile. » C’est dire qu’il est très répandu. On le rencontre, en effet, en Casamance, en Guinée française, mais surtout à la Côte d’ivoire et au Dahomey.

Avant la guerre, on importait en Europe

300.000 tonnes environ de palmistes et 200.000 tonnes d’huile. Les palmistes étaient surtout dirigés sur l’Allemagne (Hambourg, 240.000 tonnes en 1913), le reste allait en Angleterre. Quant à l’huile, les trois quarts de la production était absorbés par l’Angleterre, le reste par l’Allemagne et la France, les colonies françaises fournissaient environ 45.000 tonnes d’amandes et

20.000 tonnes d’huile; pi us de 80 p. 100 provenait de la côte occidentale d’Afrique. Depuis la guerre, l'Angleterre s’est complètement substituée 5 l’Allemagne pour l’emploi du palmiste.

L’huile de palme africaine provient des palmeraies naturelles qui, du moins dans les colonies françaises, ne sont pas aménagées, sauf toutefois dans le Bas-Dahomey. Elle est jusqu'ici presque entièrement fabriquée par les indigènes, sauf à la Côte d’ivoire; encore les quantités extraites par les usines européennes sont-elles peu importantes. La multiplication d’usines pour le traitement des fruits du palmier est cependant hautement désirable à divers points de vue.

Tout d'abord, avec ses méthodes rudimentaires, l'indigène perd dans l’extraction de l’huile du péricarpe du fruit, une certaine quantité de matière grasse, puisque c’est sur cette augmentation de pourcentage d’huile qu'est basé le béné-

fice de l’usine de la Côte d'ivoire (Péricarpe Syndicale) traitant les noix de palme apportées par les Noirs. De plus, il y a intérêt pour la qualité de l’huile, à traiter les fruits aussi frais que possible. Or, avec les difficultés de la récolte et les moyens d évacuation, il ne peut être possible d’installer des usines à grand rendement, autrement elles seraient trop longtemps arrêtées. Il y a, néanmoins, un double avantage de quantité et de qualité à ce que l’huile soit obtenue industriellement.

Le concassage mécanique des noyaux présente, lui aussi, un réel intérêt; jusqu’à ces dernières années, cette opération était faite à la main par les femmes et les enfants. Aussi des quantités considérables de noyaux sont- elles encore, à l’heure actuelle, abandonnées près des palmeraies ou des villages. Le concassage mécanique, soit dans les usines, soit à l’aide d’instruments installés dans les villages permettra d'augmenter dans de fortes proportions le tonnage des palmistes exportés et, en outre, libérera une importante main-d’œuvre qui pourrait être employée utilement, soit à la récolte des régimes, soit à l’aménagement des palmeraies.

Il est hors de doute que l’avenir de l’exploitation du palmier à huile réside dans la culture, Déjà on cultive avec succès en Malaisie et l’on a constaté des rendements plus précoces et plus importants Le prix de revient de l’huile et des amandes sur les plantations baissera, en même temps que la qualité des produits sera plus stable et plus satisfaisante (acidité). 11 faut donc qu’en Afrique tropicale l’on aménage et l’on plante. C’est une nécessité; autrement l’huile de palme africaine sera victorieusement concurrencée par l’asiatique; il faut donc que les pouvoirs publics et les commerçants, en un mot tous ceux qui sont intéressés au développement économique de l’Afrique occidentale, se préoccupent de cette importante question. Il est urgent d'agir, tant au point de vue de la culture qu’au point de vue traitement du fruit. Devant les problèmes à résoudre, maintes difficultés se posent, mais aucune n’est insurmontable, qu’il s'agisse de questions botaniques, comme la détermination des espèces à planter, de questions indigènes, de main-d’œuvre, comme celle des grimpeurs dont le nombre diminue, comme celle du rôle de chaque membre de la famille noire dans le travail: de questions de concessions de terre à des sociétés européennes; de questions de combinaisonentre les industriels et les indigènes pour le traitement du fruit ou le concassage des noyaux ; de questions de procédés industriels à mettre au point, soit pour l’extraction de l’huile ou la préparation et le triage des palmistes.

A l’heure actuelle, tout le monde est d’accord sur la nécessité d’améliorer la fabrication de l’huile suivant des méthodes et des moyens européens, par des usines à faible rendement et en profitant des expériences acquises. Le chimiste P. Ammann a démontré la possibilité d’obtenir sur place une huile de palme neutre. Quoi qu'il

en soit, avec l’application de l’hydrogénation, l’huile de palme, pouvant entrer dans la consommation de bouche, voit s’ouvrir devant elle des débouchés pour ainsi dire illimités.

Quant aux palmistes, il semble qu’il convient de continuer à les importer dans leur forme actuelle et de ne pas songer , pour le moment du moins, à les triturer en Afrique, car les sousproduits, les tourteaux, n’auraient pas d'écoulement. Il arrivera cependant un moment où l’emploi des tourteaux s’implantera en Afrique occidentale. La terre, pour ne pas s’épuiser, a besoin d’engrais. Il ne faut pas oublier non plus, ([lie l’Afrique occidentale possède un important cheptel qui vient d’être assez sérieusement décimé, mais qui se reconstituera assez vite. Il comptait avant l’épidémie près de S millions de bovins, actuellement il est réduit à 4.500. 000 têtes, plus i millions de moutons et quelques porcs. Or, en maintes régions, certaines années, sur de larges étendues les animaux, les bœufs principalement, soutirent de la faim. Des tourteaux produits à bon marché aideraient à sauver des quantités d’animaux. Aussi le jour où les palmistes seront traités en partie sur place, il y a lieu de penser que les tourteaux, comme ceux des arachides le cas échéant, auront leur utilisation en Afrique même.

On trouve encore d’autres oléagineux dans notre Afrique de l’Ouest qui donnent lieu à un trafic moins important, mais qui méritent cependant de retenir l’attention : ce sont le cocotier et le karité.

Le cocotier pousse aussi bien au Sénégal qu'en Guinée, en Côte d’ivoire et au Dahomey, plus exactement dans les régions maritimes de ces colonies. Néanmoins, les étendues où il est planté ne représentent pas des superficies considérables : quelques centaines d’hectares qui augmentent tous les ans spécialement en Guinée et au Dahomey sur le cordon littoral entre Cotonou et Grand-Popo et dans les alentours du lac Ahémé où les indigènes préfèrent, [tour le moment, constituer avec les noix des pépinières au lieu d’en extraire la matière qui, séchée, deviendra le coprah. Les indigènes mettent depuis quelque temps chaque année en terre plus de 25.000 pieds. Ces quelques centaines d’hectares sont peu de chose à côté des 130. 0U0 hectares des colonies anglaises du moyen Orient, des 170.000 hectares des Philippines et des 260.000 hectares de Java et de Sumatra, à côté même des 12.000 hectares de nos établissements d’Océanie et des 4 000 hectares d’Indochine. Et il ne semble pas probable que l’Afrique occidentale arrive à produire les 120 à 130.000 tonnes de coprah que la France, spécialement la région de Marseille, consommait chaque année avant la guerre. Néanmoins, elle peut, elle pourra dans l’avenir fournir un certain appoint de cette matière grasse qui est l’une des plus intéressantes à cultiver, tant par son rendement

élevé que par la longévité de l'arbre. Il est bien certain que les populations ouest-africaines n’abandonneront pas l'elaeis pour le cocotier, et qu’en raison de la faible densité de la population il ne faut pas espérer une énorme extension des plantations de cocotiers. 11 faut remarquer cependant que le cocotier pousse dans les terrains saumâtres, là où précisément le palmier à huile ne résiste pas. A défaut du palmier les indigènes font du cocotier, le cas s’est présenté au Dahomey où les cultivateurs noirs avaient sous les yeux un exemple frappant : la cocoteraie de Topo en Nigéria anglaise, à quelques kilomètres de la frontière dahoméenne sur la lagune qui joint Porto- Novo et Lagos, superbe plantation s’étendant sur l’étroite bande de terre qui sépare la lagune du rivage de la mer, et où les arbres sont de belle venue.

Il est donc certain que l’Alrique occidentale a intérêt à ne pas délaisser le cocotier qui met assez longtemps à produire, mais qui, convenablement planté et aménagé, assure un rendement élevé et stable à tel point que sa culture a été qualifiée de placement de père de famille.

Le dernier produit oléagineux important, le karité, existe à l’état spontané dans la brousse soudanaise : c’est un arbre commun du Soudan géographique. L’inspecteur d’agriculture Vuillet estime que la production totale de l’Afrique Occidentale Française est de 200 à 300.000 tonnes d’amandes sèches, les colonies les plus productrices étant le flaut-Sénégal-Niger Haute-Volta comprise) et le Haut-Dahomey.

De ces amandes, les indigènes extraient le beurre de karité et les moyens rudimentaires qu ils emploient aboutissent à une perte de 50 0/0 de matière première et à un emploi de maind'œuvre considérable. Ce beurre doit être transporté dans des récipients spéciaux et subir une désodorisation avant d’être employé : l’expérience semble avoir démontré qu'il est préférable d’exporler les amandes sèches pour les traiter en Europe, bien que le tourteau n étant pas comestible soit de faible valeur commerciale. Encore faut-il que ces amandes [missent être transportées hors de la colonie à des frets dont les taux ne soient pas prohibitifs.

Les deux questions à résoudre consistent dans un meilleur emploi de la main-d’œuvre locale et dans le problème du transport.

La préparation du beurre par les procédés indigènes, soit pour les besoins de la consommation domestique, soit pour le commerce d’exportation exige un gros travail, et absorbe donc un grand nombre de personnes, ou de longues heures de travail. Il est incontestable d’autre part que faute de main-d’œuvre une certaine quantité de noix (un quart, dit Vuillet pour le Soudan, plus encore pour le Haut Dahomey) se perd sur place, sans profit. En libérant des travailleurs ou en diminuant le travail, on obtiendra des disponibilités

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

de temps ou d’ouvriers, il sera possible de faire ramasser et utiliser la matière première laissée à 1 abandon. Aussi a-t-on envisagé l’installation d usines modestes pour la fabrication du beurre consommé surplace.

Mais s il s’agit de produit destiné à l’exportation,

I aspect du problème se modifie, car une usine ne fonctionnerait pas en Afrique avec les mêmes rendements qu’en Europe, le prix de revient du traitement sera aussi plus élevé. [/emballage du beurre reviendra plus cher que le logement îles amandes et il est probable que le fret serait sensiblement le même au poids. Enfin, il esta prévoir que le beurre de karité aurait à acquitter des droits à l’entrée en France, alors que les graines, les amandes en sont exemptes. Il semble donc qu’il y ait lieu d’exporter, non le beurre, mais les amandes sèches de karité, bien que sous cette forme, étant donnée la présence d’une certaine quantité de matière inerte, le coût du transport puisse paraître élevé. C’est là une question de tarifs qui peuvent être prévus à des taux assez bas par les colonies exploitant leurs railways en régie et partant maîtresses d’appliquer des barèmes dégressifs suivant la distance. Le karité pousse loin du littoral et les peuplements denses sont partout éloignés de la côte. îl suit de là que le commerce ne pourra puiser dans les réserves soudanaises et dahoméennes qu’autant que le réseau ferré ouest-africain aura atteint un développement suffisant tant dans ses principales lignes de pénétration que dans les voies secondaires se rattachant à l’ossature générale.

L’achèvement du Thiès-Kayes, de Cotiari- Naoudé à Ambidedi, la pose du Decauville, Niger-Bani à Ségou. le prolongement du rail'vay de la Côte d’ivoire qui en dépassant le Baoulé va s’enfoncer dans une zone où les peuplements de karité sont abondants, amèneront une augmentation des exportatation. Mais pour arriver au rendementcomplet de l’Afrique occidentale, il faudra nécessairement que le chemin de fer du Dahomey soit poussé dans le Nord et que le transnigérien soit construit. Il y a donc dans le karité des possibilités immédiates et des réserves d’avenir.

Il est encore bien d’autres matières oléagineuses ouest-africaines, ricin, sésame, niebé, arbre qui rappelle le karité par le port et le feuillage, lamy, toulouconna, finzan, graines de bombax (kapok) graines de coton, etc., mais ce sont là des produits secondaires qui, d’ici à un assez long laps de temps, n'alimenteront pas un trafic de quelque importance. Ils sont donc actuellement et pour un certain temps encore négligeables dans les statistiques africaines et l’on peut, pour donner une idée du commerce des matières grasses végétales d’Afrique occidentale, s’en tenir aux arachides, aux produits du palmier, au coprah, au karité. Si l’on compare le chiffre des exportations totales de la colonie à celui des sorties des produits qui

viennent d’être cités, on voit qu’avant tout l’Afrique occidentale, colonie essentiellement agricole, est avant tout productrice de matières

grasses :

Exportations

Exportations de

Années totales matières grasses

1893 .32 millions 20 , îi millions

La plus grosse part, LSI) millions, des exportations est donc constituée par des oléagineux et cette situation se maintiendra vraisemblablement, car si d’autres produits viennent alimenter le commerce (textiles), si d’autres prennent de l’extension (les bois, le cacao), les cultures d’arachides continueront à s’étendre, la production industrielle de l’huile de palme et le concassage des noyaux se généraliseront. On sortira de plus en plus des graines oléagineuses et de l’huile, on peut même espérer, sans faire montre d’optimisme, que l’Afrique occidentale à elle seule sera en mesure, en un temps assez court, de fournir à l’industrie française les arachides dont elle a besoin, 520 à 530.000 tonnes. Quoi qu’il advienne à cet égard, il n’en demeure pas moins que, dès maintenant, l’Afrique Occidentale Française est un très important marché d’approvisionnement en matières grasses.

G. François.

LES “ TRAIN FERRIES ”

Page 1